DRAMATIS PERSONAE

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CONTEXTE

Venise a sombré, Venise a peur. L'eau s'est teintée de rouge, les rues devenues dangereuses. Cette ville autrefois si magnifique, si belle, comme un petit paradis sur terre est devenue froide et lugubre. À la recherche d'une jeunesse éternelle, deux organismes s'affrontent dans les rues de Venise dans un jeu de meurtre inlassable.

Aileen LevyAres RiveiraMnemosyne
06.08

On fait le plein de nouveauté! C'est par ici.

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MAIS QUE FAIT LA POLICE ?!

Gabriele Colantonio
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Mer 16 Juil - 18:45
traquenard
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


Clope fumante au bec sous le porche d'une petite maison isolée, Gabriele faisait vaillamment face à sa Venise. Il savait qu'il venait de la salir mais il fallait bien survivre. Il avait mal à la tête et ses yeux le piquaient un peu. Le bonhomme se massa un instant les yeux, puis les tempes avant de mettre ses lunettes de soleil sur le nez. Quelques minutes plus tard, deux autres personnes le rejoignaient. Il leur désigna la porte devant laquelle il trônait et donna brièvement deux-trois consignes. Gabriele laissa ses deux complices rentrer dans la maison, prenant soin de vérifier que personne ne les avait suivis et jeta sa clope loin devant lui avant de s'en aller. Il était temps d'aller flâner et de prendre soin de sa douce Venise.

Le Vénitien déambulait nonchalamment entre les ruelles, saluant chaque habitant par un « Yo ! ». Parfois, par flemme, il se faisait déposer dans un autre quartier en gondole, histoire de kiffer un peu ce qui rend Venise si unique. Derrière ses verres teintés, il repérait tout : chaque mouvement, chaque changement. Mais cette routine, certes agréable, le menait finalement toujours au même endroit : le bar. On ne change pas une équipe qui gagne aussi facilement. C'était de toute façon ici que Gabriele retrouvait sa « grande famille ». Comme à son habitude, il fit une entrée fracassante : tel un show, il donna un coup de pied dans la porte du bar, qui s'ouvrit subitement en grand et il tapa la pose.

« Boum baby ! » lâcha-t-il, bras écartés et grand sourire débile.

Tous les clients du bar rirent de son apparition toujours aussi ridicule. Il se fraya un chemin entre les tables, jusqu'au bar et s'assit lourdement, comme à la maison - posey sur le canapey yay. Il discuta avec quelques vieux pêcheurs et des nouvelles têtes, se donnant encore et toujours en spectacle.

« Gabriele ! » tonna une voix à sa gauche.

Le susnommé sourit avant même de tourner la tête. C'était le patron : un ami, un membre de sa famille pour lui. Il se leva et exécuta une révérence exagérée qui fit éclater de rire le vieil homme, avant qu'il lui tapote l'épaule affectueusement.

« Où étais-tu ce matin fils ? On t'attendait pour le café ! »

« Désolé zio, je me suis réveillé à l'autre bout de la ville. » répondit-il en grimaçant.

« Ooh, je vois, tu as été encore boire, boire et fumer ! Voyou. »

Le patron fronçait les sourcils, il n'était visiblement pas très content d'apprendre que Gabriele s'était encore bourré et défoncé la gueule la nuit dernière. Ce dernier eut un rire un peu nerveux et posa une main sur celle de Tonio., le patron.

« Heureusement que tu es là, zio, que deviendraiiiii-je sans toiii ? » répliqua-t-il avec une voix dramatique, feintant le désespoir en tombant sur sa chaise et se laissant aller contre le bord du bar.

Tonio le réprimanda d'une claque derrière la tête et lui servit un café bien serré qui fit grimacer de mécontentement Gabriele. Ils finirent par parler de tout et de rien, comme à leur habitude, permettant au jeune homme de récupérer de nouvelles informations qui lui avaient sans doute échapper. Mais, de même, comme d'habitude, on ne lui apprenait rien. Aah, décidément il était vraiment trop doué. Gabriele continua à se lancer des fleurs mentalement mais il était perturbé par quelque chose.

Deux heures plus tard, il sortit du bar. 11H56. Il allait bientôt être temps d'aller grailler, mais il était un peu en rade de thunes. Foutu syndrome du riche quand tu es bourré. Gabriele soupira longuement, se massant la nuque en même temps. Des fois, il se demandait si ça valait vraiment le coup de se salir les mains pour l'argent. Mais la réponse était toujours la même : oui, évidemment que ça en valait la peine. Il sourit face à sa propre réflexion et alluma un joint. Il se tenait de nouveau face à sa Venise, mais avec une désagréable sensation d'être observé, beaucoup plus que d'habitude. Le Vénitien haussa un sourcil, il était peut-être temps de tenir un traquenard à cet impertinent voyeur.



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Aline Saël
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Mer 16 Juil - 22:14

Mais que fait la police ?! - Gabriele


Le nez plongée dans son carnet, la journaliste passait en revu les notes qu'elle avait prise depuis quelques temps. Un meurtre dont la victime était un homme d'une trentaine d'années. Il avait succombé des suites d'un égorgement. Aucun suspect. Aucune pièce à conviction. En somme, une affaire non élucidée et qui finirait dans l'oubli comme tant d'autres. Certes, il était intéressant de constater que bon nombre d'affaires se ressemblaient tant dans la façon de procédé du tueur. Ou plutôt, des tueurs. Mais, ce qui attristait Aline, c'était de savoir qu'un homme de plus était oublié et devenait à son tour un nom sur une liste. La jeune femme eut une pensée pour toutes ces personnes disparues ainsi que pour cet homme.

Bien ! Ses recherches ne pouvant la mener nul part sur cette affaire, elle ferait sans doute mieux de boucler cette histoire et de passer à autre chose. Elle gribouilla des notes sur son carnet et eut le réflexe de regarder devant elle pour ne pas culbuter dans quelqu'un comme à son habitude. Tout à coup, elle s'arrêta brusquement et échappa un hoquet de surprise.

« - Hips ! »

Plantée sur le chemin droite comme un piquet, elle ne bougea pas pendant quelques secondes et espérait devenir totalement invisible pour se faire oublier. Sauf qu'elle n'avait pas encore d'Alumnus d'invisibilité, c'était donc peine perdue. Fort heureusement, la personne qu'elle venait de repérer était bien trop occupée à saluer certains passants, si bien qu'Aline ne semblait pas s'être faite repérée. Alors, ni une, ni deux, elle emprunta le même chemin que cet homme. Si Aline le suivait, c'était pour de bonnes raisons. Un jour, elle l'avait vu trainer assez tardivement dans un coin très mal fréquenté de la ville. Généralement, c'est pendant la nuit que les loups sont de sortis. Sauf qu'une fille seule comme elle ne pouvait pas se permettre de suivre un inconnu en pleine nuit. Elle avait donc abandonné. Mais, aujourd'hui, aucune excuse ! Elle marchait comme toute personne normale, tout en suivant le même chemin que lui. Elle prenait le soin de ne pas rester trop proche mais de ne pas le perdre de vue non plus.

Elle n'eut que quelques minutes de poursuite à attendre avant de trouver sa destination finale. Aline attendit quelques minutes avant de rentrer elle aussi dans ce bar. Étrangement, elle avait l'impression que sa présence avait été remarquée mais elle n'y prêta aucune attention et se faufila jusqu'à une table, un peu à l'écart. Le jeune homme, visiblement d'une vingtaine d'années, discutait avec un homme beaucoup plus vieux et mûr. Trop loin pour entendre distinctement ce dont ils parlaient, elle n'eut droit qu'à des bribes de conversations très banales mais elle eut vent de son prénom. Gabriele. Le suspect prenait son temps tandis qu'Aline le surveillait, inquiète de baisser sa garde et de le laisser filer.

« - Qu'est-ce que ce sera pour la petite demoiselle ?
- Euh ! Mettez … Donnez moi un café, s'il vous plait. »

Le cœur d'Aline avait fait un bond dans sa poitrine. La voilà qui sursautait à l'apparition d'un serveur maintenant ! Elle tâcha de retrouver son calme et de relativiser. Vu la situation, il semblait que son suspect allait rester encore un petit moment dans le coin. Alors, la jeune femme tira son carnet de son sac et jeta un œil à deux-trois lettres qu'elle avait imprimé pour la rubrique du courrier du cœur. Elle s'attela à préparer ses trois réponses en faisant des brouillons de phrases. Son travail l'avait tellement absorbée qu'elle n'avait pas vu passer l'heure et qu'elle avait à peine eu le temps de voir ce « Gabriele » quitter les lieux. A toute vitesse, elle remballa ses affaires, déposa de quoi payer sur la table et pressa la pas jusqu'à la sortie. Pourvu qu'elle ne l'ait pas loupé, pourvu que …

« - Oh ! Pardon ! Excusez moi, je suis vraiment désolée ! »

N'ayant pas fait attention en sortant, Aline avait foncé tout droit sur la personne qui se tenait à l'entrée du bar. Et, Ô chance, c'était cet homme. Une cigarette au bec, son odeur était un mélange de tabac, d'alcool et de café fraichement consommé. Aussi stupide que cela puisse paraître, Aline le dévisagea malgré la situation. Les lunettes de soleil faisaient un sombre barrage entre son regard bleu et celui de l'inconnu, si bien qu'elle ne put, à aucun moment, avoir une idée de ses pensées. La jeune femme finit par baisser la tête en signe d'excuse et s'éloigna d'un pas vif pour passer dans une ruelle, à l'abri de son regard. Là, elle attendit quelques minutes avant de jeter un œil pour poursuivre son espionnage qui venait de tourner un peu au vinaigre. Pourvu qu'il n'ait rien remarqué.



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Jeu 17 Juil - 15:54
traquenard
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


La faim aurait-elle altéré l'efficacité de ses sens, surtout celui visuel ? D'habitude, rien ne lui échappe, mais de là à s'apercevoir seulement maintenant qu'on le filait depuis plusieurs heures ! Quelle honte. Gabriele accusait sans plus de cérémonie l'alcool et sa douce gueule de bois.
Ce temps de réflexion avait à peine duré quelques secondes qu'un objet non identifié lui rentra dedans avec la vivacité de ceux qui viennent de rater quelque chose. Quelque peu outré, le Vénitien se tourna lentement pour dévisager l'inconnu(e) à travers ses verres teintés. Quelle surprise de se faire rentrer dedans par une aussi jolie demoiselle aux yeux le détaillant, l'analysant même, si profondément. Aaah, Gabriele bénissait le ciel d'avoir crée des êtres plutôt insouciants qui se jettent tout droit dans la gueule du loup.

Sans rien dire, il laissa la jeune femme s'excuser et cavaler vers une petite ruelle. Il ne bougea pas mais suivit discrètement la direction du coin de l’œil. Quand la voyeuse finit par s'éclipser totalement, un large sourire s'étira sur le visage de Gabriele. La tournure des choses lui avait fait oublier son appétit : la chasse commençait.
Ni une, ni deux, sachant que le regard de la jeune femme le suivrait, il commença à s'éloigner du bar, marchant aussi nonchalamment qu'à son habitude, s'arrêtant toujours pour dire bonjour. Mais on ne tourne pas en ridicule Gabriele, c'est lui qui vous fait subir ça. Surtout quand le terrain s'appelle Venise. Discrètement en fait, il avait mené la voyeuse plus loin dans l'ombre de Venise, loin de la foule, sachant que la journée rendrait la jeune femme beaucoup plus téméraire qu'en pleine nuit.

Puis il disparut. Gabriele était passé par une porte dont il avait la clef et était ressorti de l'autre côté. Il avait conduit la voyeuse jusque dans une petite impasse. Pas vraiment glauque, mais au moins personne ne viendrait les déranger. Il le regardait tourner en rond, se prendre la tête et se demander où est-ce qu'il était bien passé. Le Vénitien ne put pas se retenir plus longtemps et éclata de rire après avoir, encore une fois, allumer une clope. Son rire résonna dans la petite ruelle, le long des murs jusqu'à se perdre dans le ciel. Gabriele se positionna en plein milieu du passage, mains dans les poches, tel un bon voyou et baissa la tête, pour regarder la jeune fille par-dessus ses lunettes, laissant découvrir ses grands yeux bleu glacés.

« Eh bien, eh bien. Ce n'est pas très poli de suivre les gens comme ça mademoiselle ! » commença-t-il avant de prendre une voix dramatique. « Je suis vraiment très peiné. »

Sa voix était grave et moqueuse. Il commença sa traque doucement, s'avançant doucement et retira complètement ses lunettes de soleil qu'il cala sur le col de son t-shirt. Un petit sourire en coin s'était installé sur son visage de délinquant, ne le rendant pas très amical. Arrivé à une dizaine de mètres d'elle, ce fut à son tour de la détailler. Elle aussi avait de beaux yeux bleu, mais d'une lueur complètement différente des siens. Il haussa un sourcil.

« Bon, je t'aurais bien draguée parce que t'es mignonne mais je pense que quelque chose de plus sinueux se cache sous cette belle frimousse. » lâcha-t-il en la pointant du doigt. « Je me trompe mademoiselle la journaliste ? »

Mettons un holà tout de suite. Gabriele connaît beaucoup de monde, mais pas à ce point-là. Il est juste un fin observateur qui avait repéré un carnet trop bien rangé pour n'être qu'un simple petit pense-bête et un sac dont dépassait une carte pendouillant à une ficelle. Qui d'autre irait filer des délinquants comme lui sauf la police – dont il préférait connaître tout ? Gabriele sourit de nouveau à la jeune femme, satisfait de son entrée. Il espérait voir un peu de panique mais aussi de la témérité. C'est ce qui était intéressant dans la chasse, touchée la cible mais qu'elle se débatte encore.



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Aline Saël
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Jeu 17 Juil - 22:02

Mais que fait la police ?! - Gabriele


Aline resta dos au mur et attendit quelques secondes avant de jeter un coup d’œil vers l'entrée du bar. L'homme s'éloignait, calmement et naturellement, comme si rien ne s'était passé. La jeune femme se replaça contre le mur et surveilla le bruit des pas qui s'éloignait dans la rue. Quand il lui paru suffisamment loin pour qu'elle ne soit pas repérée, elle quitta sa cachette pour reprendre sa filature. Aline avait eu de la chance et il fallait que ça continue.

Il continuait de saluer, agissait comme il l'avait fait auparavant, zigzagant entre les passants. Avec toute cette foule, la vénitienne pouvait passer un peu plus inaperçue. Jusqu'à ce que ce « Gabriele » décide de quitter la population pour s'enfoncer dans un coin plus sombre de Venise. Les rues étaient de plus en plus calme et au bout d'un certain temps, ils ne furent plus que tous les deux. Aline redoubla de prudence et longeait les murs, profitant des encadrements de porte pour se cacher tout en espionnant les directions qu'empruntait sa cible. Cette fois, il tournait. Aline s'empressa de rejoindre le chemin qu'il venait de prendre. Arrivée devant l'impasse, elle ne vit personne. Aucune trace d'un passage récent, aucune ombre, rien. Comme s'il s'était évaporé tel une ombre. Aline s'avança dans l'impasse et observa les lieux, espérant trouver un indice. Rien. Pas même un objet qu'elle aurait pu conserver en guise de piste n'était tombé sur le pavé. La jeune femme soupira et fit la moue, déçue d'avoir raté son coup, une fois de plus. Quand tout à coup, un rire lui glaça le sang.

Rapidement, elle fit volte-face et aperçut sa cible, à quelques mètres plus loin. Bien prise qui croyait prendre. Mais, comment avait-il fait ? Peut-être possédait-il un alumnus qui lui permettait de disparaître à sa guise... La jeune femme resta sur ses gardes et se tenait bien droite, voulant montrer son assurance et sa fermeté face à la situation. Aline n'avait pas peur. Elle était bien trop occupée à trouver des prétextes pour se sortir de cette situation très délicate. Ses mains serraient fermement la bandoulière de son petit sac, plutôt mal rangé, et ses yeux défiaient le regard bleu de son interlocuteur. Un regard de glace.

« Eh bien, eh bien. Ce n'est pas très poli de suivre les gens comme ça mademoiselle ! Je suis vraiment très peiné. »

Aline se prit au jeu du loup sans oublier qu'elle était l'agneau. Un sourire innocent s'afficha sur ses lèvres et ses sourcils s'arrondirent pour exprimer une certaine surprise. Inutile de penser à s'enfuir, c'était peine perdu puisqu'il lui faisait barrage et Aline n'était pas de taille à se frotter à un homme. Toutefois, elle ne manquait aucun de ses gestes sans pour autant perdre son air innocent. La distance entre eux se réduisait inexorablement. Il avançait, mais la jeune femme ne bougea pas d'un millimètre. De quoi devrait-elle être effrayée ? En pleine journée, même si la rue était peu fréquentée, il ne pouvait pas se permettre de lui faire quoi que ce soit s'il était réellement quelqu'un de nuisible. Les murs avaient des oreilles et en ces lieux, la certitude d'être à l'abri des regards n'existait pas quand le soleil était encore là. Alors, Aline était calme et sereine. Elle ne craignait rien, aussi longtemps qu'elle resterait concentrée.

« Bon, je t'aurais bien draguée parce que t'es mignonne mais je pense que quelque chose de plus sinueux se cache sous cette belle frimousse. Je me trompe mademoiselle la journaliste ? »

Il avait donc compris. Absolument tout. Mais, alors qu'elle avait baissé un regard surpris sur son sac, les lettres de peine de cœur qu'elle avait emporté avec elle et les avances du jeune homme lui avait donné une idée. Elle ne laissa rien paraître et s'arma de son sourire habituel.

« - Qu'est-ce qui vous fait croire que j'en avais après vous ? » Son sourire s'agrandit, dévoilant ses dents bien alignées et saines. « - Vous avez raison. Mais si je suis là, c'est pour une bonne raison. »

Ses mains relâchèrent la bandoulière et se lièrent derrière le dos d'Aline. Elle pencha légèrement la tête sur le côté et reprit, sur un ton un peu plus sérieux.

« - Je suis là parce qu'une femme me l'a demandé. »

L'idée était posée. Aline poursuivit sur sa lancée, afin d'intriguer un peu plus son interlocuteur, comme les journalistes savaient si bien le faire. Dans une premier temps, il fallait captiver l'attention. Une fois qu'on l'avait obtenu, il fallait mener sa barque habilement et il était possible de faire gober quoi que ce soit à n'importe qui. Pour les plus coriaces, Aline avait quelques tuyaux en réserve mais elle ne les utiliserait que si elle le pensait vraiment nécessaire.

« - Je m'occupe du courrier du cœur, voyez-vous, et vous avez été mentionné dans l'un des courriers que j'ai reçu, Gabriele. »

Histoire de ne pas trop se mouiller, Aline donnait quelques informations pour en recevoir tout naturellement de sa part. Pour le moment, elle n'avait mentionné aucun nom, aucune situation, rien qui puisse laisser penser qu'elle mentait. Le jeu ne faisait que commencer.



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Gabriele Colantonio
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Ven 18 Juil - 16:33
traquenard
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


« Qu'est-ce qui vous fait croire que j'en avais après vous ? »


Touché. Gabriele feinta la douleur d'avoir été la cible d'une flèche et se teint le cœur des deux mains, toute la tragédie et la tristesse se peignant de façon exagérée sur son visage. Jouer la comédie et prendre les situations à la légère était dans sa nature. La jeune femme aussi d'ailleurs, mais d'une manière beaucoup plus sérieuse que lui, histoire de se sauver – dans la situation actuelle tout du moins. Elle finit même par attiser la curiosité du Vénitien, attentif à ce qu'elle allait bien pouvoir dire pour se défendre.

Tandis qu'elle expliquait le pourquoi du comment elle avait fini par suivre Gabriele à travers tout Venise, celui-ci avait arboré une pose des plus naturelles : jambes légèrement écartées, poings sur les hanches, bec en l'air et sourcil haussé. Il aurait sans doute du se méfier de toute cette histoire de courrier du cœur et d'une femme qui a mentionné son nom dans une de ces lettres, mais il faut savoir que parfois, bien que rusé et fourbe, Gabriele peut être très crédule. Bêtement, il avait mis un pied dans le petit manège de la jeune journaliste. Mais il s'en amusait. Après tout, il n'était qu'un homme, savoir qu'une femme était à ses trousses l'émoustillait tout de même pas mal.

Un sourire se dessina sur son visage, et il porta une main à son menton, le caressant distraitement. L'idée lui plaisait. Mais au final, ça ne tenait pas debout. Gabriele se racla la gorge brièvement et leva un index en l'air, tel Jimmy Neutron ayant son cerveau en irruption.

« Je suis flatté. » largua-t-il dans un premier temps. « Je me savais pas aussi populaire, tu sais ? Tu viens de rendre ma vie toute rooose. »

Il mima un arc-en-ciel avec ses mains, comme Bob l'éponge – trop de références célèbres, et battit des cils comme un grand imbécile. Le vouvoiement c'est trop has been. Il pensait ce qu'il disait mais en même temps, il se moquait délibérément de la jeune femme. Pour mettre un terme à cet écart grotesque, il mit fin à l'acte en lui présentant la paume de sa main, baissant la tête en la secouant lentement de droite à gauche.

« Nt nt nt. On n'entourloupe pas le renard, c'est lui qui fait ça. » dit-il, tout philosophe. « Si ce que tu dis est vrai, pourquoi ne pas être venue directement me voir au bar, uh ? C'est quand même vraiiiiment glauque de filer les gens comme ça, juste pour leur dire qu'ils ont tapé dans l’œil de quelqu'un, tu trouves pas ? »

Dire qu'elle faisait les choses de façon de façon glauque, c'était l'hôpital qui se fout de la charité. Enfin bon, Gabriele était déterminé à lui faire sortir les vers du nez. Quelque chose lui disait qu'il n'y avait pas que ça, c'était trop facile. Il fronça le nez un instant avant de continuer son petit théâtre. D'un mouvement de main agile, il pointa son index et son majeur en direction des yeux de la journaliste, puis vers les siens, à plusieurs reprises.

« Tu sais, j'ai de très bons yeux. Si cette femme m'a déjà vu quelque part, aucun doute que je l'aurais remarquée – moche ou belle entre nous les deux ses remarquent haha. »

Pendant que Gabriele parlait, ses yeux avaient viré sous la forme de son alumnus, sans pour autant que celui-ci soit effectif. Noirs et rouge sanglant. Peut-être la journaliste avait-elle eu le temps de les apercevoir et ainsi comprendrait qu'elle avait affaire à quelqu'un de peu plaisant. Il plaisantait beaucoup et essayait un peu de déstabiliser la jeune femme, histoire que sa langue dérape et qu'il ait une bonne raison de devenir quelque peu méchant. Mais Gabriele connaissait trop bien ces yeux, il savait ce qu'ils signifiaient : que ça allait pas être de la tarte. Comme un petit gamin de huit ans, il frétillait intérieurement, les journées comme celles-ci sont les meilleures. Le soleil était haut dans le ciel, ils avaient toute l'après-midi pour se chamailler et se chercher.



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Aline Saël
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Ven 18 Juil - 18:12

Mais que fait la police ?! - Gabriele


Son interlocuteur semblait passer un agréable moment en compagnie d'Aline. La situation l'amusait et plus particulièrement, les propos que tenaient celle-ci. Ces gestes théâtraux, toutes ces manières exagérées n'annonçaient rien de bon. Elle en était persuadée. Son visage n'affichait aucune surprise, le tout étant de garder son calme. Aline devait rester maitre de ses émotions et tout irait bien. Du moins, elle l'espérait.

Le renard. En effet, cet homme seyait parfaitement au rôle du renard. Mais, Aline était la cigogne. S'il la faisait manger dans une assiette, elle le ferait manger dans un vase à long col, où son museau ne parviendrait pas à se faufiler. Merci La Fontaine, pour ces leçons de vie. Autrement dit, elle répliquerait de manière tout aussi aiguisée que lui. Au fur et à mesure qu'il tentait de démolir son mensonge, point par point, Aline trouvait de quoi répliquer. Elle conservait précieusement ses idées et attendait patiemment qu'il termine son monologue. Alors qu'elle l'écoutait, ses yeux étaient plongés dans ceux du jeune homme mais, elle arqua les sourcils et entrouvrit les lèvres en apercevant une lueur toute nouvelle. Ses yeux étaient noirs comme un pot d'encre mêlé à une couleur rouge sang. Quel que soit l'effet voulu sur elle, Aline n'en resta pas moins curieuse. Qu'est-ce que c'était que ça ? Ce ne pouvait pas être un effet d'optique, ni un reflet du soleil ou de la luminosité. Ce ne pouvait être qu'un alumnus.

Mais, aussi dangereux pouvait-il être, Aline était surprise de cette couleur soudaine. Elle la trouvait presque belle, envoutante. Cependant, dans les yeux de cet homme se reflétait tout autre chose. Une chose qui l'avait poussé à le suivre. Avait-elle raison ? D'ailleurs, n'importe qui se sentirait offensé d'être suivi, son attitude ne prouvait donc rien. Aline se reprit et délaissa son attitude fascinée pour retrouver un sourire. « Aucun doute que je l'aurais remarquée » avait-il dit. La journaliste échappa un petit rire moqueur et se justifia en retrouvant son sérieux.

« - Sans vouloir vous offenser, vous avez visiblement mis du temps à me remarquer puisque je vous suivais bien avant d'entrer dans le bar. Et puis, ce n'est pas la première fois que je vous ais aperçu, j'imagine qu'il en est de même alors ? »

Intérieurement, elle se réprimanda. Sa seconde phrase était de trop. Si la fois où elle l'avait aperçu assez tardivement lui revenait en tête, toute son histoire tomberait à l'eau. Elle poursuivit aussi naturellement que possible, espérant noyer le poisson.

« - Et puis, ce n'est pas comme si mon intention était de vous l'avouer ! Mais... je suis une piètre espionne, voyez-vous. »

Rien de plus vrai. Elle avait beau user de toute la discrétion dont elle était capable, elle finissait toujours par se faire repérer. Ça n'était donc pas la première fois qu'elle se retrouvait piégée de la sorte mais inutile de le préciser. Elle reprit sa bandoulière entre ses mains et fronça légèrement les sourcils.

« - Et, qu'est-ce qu'il y a de glauque à l'amour, hein ?! » Elle reprit un visage doux et continua sur sa lancée. « - Cette femme voulait simplement que j'enquête un peu sur vous, histoire de savoir quel genre d'homme vous êtes. Je ne sais absolument pas à quoi elle ressemble et ça n'est pas là le problème. Toujours est-il que j'ai échoué dans ma mission. »

Puis, elle fit mine d'avoir un éclair de génie et sautilla pour s'approcher de lui, avec un grand sourire.

« - A moins que vous vouliez bien me parler davantage de vous et garder le secret ! Avec un peu de chance, elle pourrait vous plaire, vous savez. Et puis, ça ne vous engage à rien pour l'instant. »

Décidément, même Aline s'était prise à son propre jeu. De toute façon, il ne serait surement pas intéressé et laisserait tomber. Du moins, les choses devaient se passer de la sorte.



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Gabriele Colantonio
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Ven 18 Juil - 22:39
traquenard
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


Bam, encore touché. Décidément, cette femme était un véritable sniper. Encore blessé dans son amour propre, cette fois-ci, Gabriele mima le célèbre « Continuez sans moi les gars » : genou à terre, une main sur la poitrine et l'autre posée à même le sol, tête baissée. La situation était vraiment d'un ridicule, mais il voyait que la jeune journaliste prenait de l'assurance, comme si elle menait le jeu. C'était peut-être pas si mal de lui laisser croire ça. Cette solution lui plaisait beaucoup, donc changement de stratégie.

Il se redressa, faisant la moue, voulant montrer qu'il était plutôt vexé par les piques que lui avait envoyé la demoiselle. Gabriele écouta sagement tout ce qu'elle pouvait dire et nota que, décidément, elle parlait trop. Trop de justifications qui n'avaient pas besoin d'être dites. Le Vénitien aurait sans doute gober le mensonge si elle avait été un peu plus farouche et avait simplement balancé un : « Ca vous regarde pas ! » ou si elle avait été plus mystérieuse. Enfin bon, là intervient l'improvisation dans le script, tout ne s'effectue pas comme du papier à musique. Gabriele arbora un sourire flottant, dont on ne pouvait savoir la signification, il notait juste mentalement tout ce qu'elle débitait. Il trouverait bien un moment pour se venger de ses viles taquineries, non mais !

La voix de la journaliste lui parvenait un peu comme du poison. Elle était trop douce, trop calme, trop... envoûtante oui, c'était le mot. On a beau avoir l'habitude des beaux parleurs, on ne parvient pas forcément à tous leur échapper. Cette jeune femme en faisait partie. En plus d'avoir une belle voix, elle était pas laide. Franchement, qu'est-ce que vous voulez y faire ?! Mais ce qui rendait Gabriele de plus en plus fou, c'était ses yeux. Oui, on connaît tous son obsession pour les yeux, mais là, ce qui le fascinait, c'était qu'ils étaient différents des siens, alors qu'ils sont de la même couleur – ou presque – à la base.

Puis la jeune femme donna au Vénitien ce qu'il attendait : ses motivations profondes. Son sourire s'élargit beaucoup plus, malveillant. Tel le plus grand méchant que l'humanité ait pu rencontrer à ce jour, Gabriele leva les bras au ciel et se mit à rire. Pas d'un rire purement machiavélique, mais plutôt victorieux.

« Enfin ! » s'exclama-t-il comme si le bon Dieu venait de lui accorder sa bénédiction. « La langue de la sirène a fini par déraper ! »

Que de métaphores. Tout content, il commença à se déplacer dans la direction de la journaliste, effectuant des pas lents et mesurés. Une fois arrivé juste devant elle, Gabriele pencha son visage vers le sien et changea de nouveau la couleur de ses yeux, toujours sans que son alumnus soit effectif. Mains dans les poches, c'était comme si les bruits de la ville s'estompaient autour d'eux.

« Nous en arrivons donc au vif du sujet. »

Il se redressa et leva ses yeux de démon au ciel pendant un instant.

« Que dire de moi... oh eh bien j'imagine que tu sais déjà que je suis un fils de pute ? » lâcha-t-il un sourcil haussé, le plus naturellement du monde.

Gros blanc. Oui, il était plutôt fier de son jeu de mot pourri et il finit même par éclater de rire. Gabriele aime plutôt bien tourner son sombre et peu commun passé en dérision. Bon en soi, ça n'avait rien d'un mensonge, il était bien les deux sens de sa phrase. Il répondait aux attentes de la journaliste sans vraiment lui donner ce qu'elle voulait vraiment. Comment s'y prendrait-elle, maintenant, pour lui faire sortir les vers du nez, à lui, ce qui n'arriverait certainement pas ?



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Aline Saël
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Sam 19 Juil - 20:57

Mais que fait la police ?! - Gabriele


Les mimiques du jeune homme amusaient la journaliste. A le voir se dandiner ainsi, à exagérer chaque instant, il n'était pas difficile de l'imaginer vêtu comme un clown. Aline ne put retenir un léger rire et souriait. Il n'avait pas l'air d'un mauvais bougre jusqu'à présent. Bien entendu, tout ne faisait que commencer mais peut-être qu'Aline avait été un peu trop vite en besogne. Au fond, il n'était peut-être qu'un vénitien tout ce qu'il y a de plus banal mais un peu, beaucoup, déjanté.

Sa première réponse théâtrale amusa Aline qui ne délaissa pas son sourire, bien au contraire. Il était sincère. Toujours est-il qu'il restait à Gabriele de faire ses preuves. Lorsqu'il s'approcha, la jeune femme le fixa avec attention. Il était grand, mine de rien. Une bonne tête de plus qu'elle, voir un peu plus. Sa carrure n'était pas celle d'un homme rachitique, ni celle d'un homme trapu : il était simplement bien bâti. Son look était, toutefois, assez peu commun. C'était peut-être ça qui avait influencé Aline dans son jugement. Les tatouages, les piercings étaient souvent utilisés comme symbolique de rebelles, personnes malsaines dans les films. Il arrivait que certains stéréotypes dominent également dans la vie de tous les jours.

Sirène ? Elle ? Aline crut comprendre que c'était un compliment et à la fois, un reproche. Comme elle s'en était doutée, elle avait peut-être trop parlé finalement. Sans prêter plus d'attention à la comparaison qu'il avait faite d'elle avec une sirène, son regard fut attiré à nouveau par cette lueur rouge sombre qui venait de passer dans les yeux du vénitien. Une question brûlait la langue de la jeune femme. Cette fois, elle en était persuadée, elle avait bien vu un changement fugace de couleur d'iris et pourtant, aucune mention à ce sujet. Aline savait qu'elle ne pouvait pas se permettre de poser la moindre question à ce sujet, au risque de se montrer un peu trop curieuse. Et pourtant, impossible de dire à quelle point elle tenait à savoir ce qui pouvait bien rendre ces yeux bleus subitement rouge comme si le sang s'était injecté en eux. La jeune femme reporta réellement son attention sur les mots de son interlocuteur et entrouvrit la bouche de surprise.

Les alentours étaient si calme qu'un silence s'était installé entre la journaliste et cet étrange personnage. Qu'essayait-il de faire ? Sans un mot, elle tira son carnet et son stylo de son sac, replaça ses brouillons de manière un peu plus ordonnée et se tint prête à écrire. Elle sembla griffonner quelque chose en maintenant la feuille face à elle pour que Gabriele ne puisse rien en voir. Elle s'arrêta subitement et une ombre traversa son visage.

« - Vous ne devriez pas parler de votre mère de cette façon ... »

Son cœur s'était serré dans sa poitrine. La compassion et la tristesse l'étreignaient. Comment pouvait-on parler ainsi de la femme qui vous avait mis au monde ? Quand bien même ce serait le cas, sa mère n'en était pas pour autant une femme disgracieuse. Les circonstances poussaient parfois certaines personnes à devenir telle qu'elle n'aurait jamais voulu être. Mais, peut-être qu'Aline était mal placée pour comprendre. Après tout, sa mère avait toujours été là pour elle et avait eu une situation satisfaisante. Elle n'était sans doute pas très bien placée pour faire une remarque. Alors, comme à son habitude, elle se devait de ramener une ambiance plus détendue et beaucoup moins électrique. Un sourire reprit vie sur ses lèvres.

« - Ça ne vous empêche pas d'être un vrai clown ! »

Un léger rire. Pourtant, l'air semblait pesant. Elle reprit donc ses gribouillages en jetant régulièrement un œil au jeune homme pour l'inviter à continuer. Comme pour amplifier sa demande, elle dit :

« - Et ? »



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Gabriele Colantonio
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Sam 19 Juil - 22:43
traquenard
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


Peu de personnes comprenaient pourquoi Gabriele était si léger et dérisoire avec son passé. Enfin, ce n'était pas comme s'il pouvait les blâmer, il est plutôt difficile de se mettre dans les baskets d'un homme tel que lui. Combien de fois on l'avait réprimandé, plein d'outrance, face à ce jeu de mot ? Trop de fois. Jamais il n'y avait fait vraiment attention, les gens veulent bien croire ce qui leur plaisent. Gabriele eut à la fois un sourire doux mais aussi amer face à la réaction de la journaliste. Sans doute avait-elle eu une mère aimante, toujours à ses côtés et avec un travail peut-être plus élogieux que celui de la sienne. Il haussa un sourcil, puis les épaules, se déchargeant de toutes responsabilités quant à ce qu'il venait de dire.

« Qu'est-ce que tu veux, c'est pas ma faute si c'est son métier ! C'est juste un mot bien sale pour dire péripatéticienne – mais entre nous j'ai la flemme de le dire. »

Il eut un petit rire, histoire aussi de détendre l'atmosphère. En aucun Gabriele ne souhaitait que cette femme ne ressente une quelconque compassion à son égard. Si cela devait arriver, il n'était pas bien sûr de rester maître de lui-même. A vrai dire, les gens de ce genre ont tendance à lui donner envie de vomir. Quoi, c'est la misère qui vous rend si conciliants ? Qui vous rend si doux tout d'un coup ? A cette réflexion, Gabriele eut une moue de dégoût qui se peignit sur le visage, sombre. Mais il se remit d'aplomb et endossa de nouveau le rôle de clown quand la jeune journaliste demanda la suite.

Gabriele savait qu'il ne devait pas faire la même erreur qu'elle, c'est-à-dire trop parler. Il devait choisir avec précaution ses mots et les informations qu'il allait partager. Il ne pouvait pas mentir, parce que malgré son côté manipulateur, il est un piètre menteur. Il serait capable de vivre ses mensonges et de s'emmêler les pinceaux et ainsi donc de tout ruiner. Son cerveau n'est pas si bien organisé que ça au final.
Pendant quelques secondes, Gabriele se mit à réfléchir à coups de grands « Mmmmmmh. » intenses. Il y avait mille et une choses à dire à son sujet mais il voulait que la jeune femme mettent les pieds dans le plat, qu'elle gaffe encore plus pour qu'elle ne puisse plus s'échapper à la fin. De ses yeux de démon, il la fixa un instant avant de prendre une grande inspiration et de lâcher spontanément :

« Eeeeet donc je suis un alcoolique, drogué, consommateur et fervent fan de carambars. J'aime l'argent, l'argent, l'argent et encore l'argent. »

Rien de faux, tout était authentique. Autant dire qu'il n'y avait rien d'intéressant pour la journaliste. Même que si ce foutu courrier du cœur était vrai, alors il allait faire fuir cette pauvre femme. Un cœur brisé, oooh. Intérieurement, Gabriele ressentait une tristesse – ou plutôt dirons-nous une satisfaction - plutôt malsaine de faire subir ça. Enfin bon, là, le but n'était pas de se préoccuper de choses aussi futiles. Sinueusement, il s'était décalé sur le côté, ayant fait nombres de pas inutiles, ayant tourné sur lui-même tout en énumérant son merveilleux personnage. Puis au final, Gabriele s'était retrouvé tout à côté de la demoiselle, tandis que celle-ci s'était atteler à gribouiller sur son carnet. Fameux carnet trop bien dissimulé qui l'avait un peu grillée au moment de leur rencontre.

Tel un garnement, il s'empara vite fait bien fait du carnet de la journaliste, le brandissant en l'air. Il avait pris conscience de la différence de taille entre lui et elle – ouais parce que de nos jours les meufs sont de plus en plus grandes, c'est affolant. Gabriele eut un sourire victorieux sur le visage, tout content de son coup. De ses yeux de démon noirs et rouges, il zieuta un instant son trophée. Des papiers dépassaient d'un peu partout, sûrement un ramassis de notes et d'indices. Au fond, il s'en foutait de tout ça, il voulait juste foutre un petit coup de pression à la blondinette.

« Maintenant c'est à ton tour de me dire des choses sur toi, tu ne crois pas ? » déclara-t-il. « Avoues que c'est un peu injuste si tu es la seule à obtenir des informations. Si tu m'en donnes, je ne lirai pas ton petit carnet. »

Il eut de nouveau un sourire malveillant. Un vrai chenapan, véritable escroc. Il ne savait pas encore s'il allait respecter le propre deal qu'il venait d'imposer, peut-être serait-elle une bonne pièce à manipuler pour l'organisme. Mmh, il faudrait qu'il en parle avec d'autres et Alexei même. Gabriele haussa les épaules pour lui-même et reporta son attention à la situation actuelle, à la réaction qu'allait avoir la journaliste.



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Dim 20 Juil - 17:22

Mais que fait la police ?! - Gabriele


Aline acquiesça. C'est vrai que ce mot était un peu long pour annoncer trois fois rien. Mais, la petite blonde n'était pas adepte des vulgarités. D'ailleurs, elle n'en disait que très rarement voir jamais. Si seulement tout le monde pouvait se respecter mais dans une ville comme Venise, c'était plutôt la peur et la méfiance qui dominaient les cœurs. Jusqu'à présent, Aline avait oublié dans quelle situation elle se trouvait. Cet homme avait réussi à la mettre à l'aise, à moins que ça ne soit son propre mensonge qui lui avait donné des ailes.

Sans lever la tête, Aline prêtait attention aux informations que Gabriele lui donnait mais avec beaucoup moins d'intérêt. A dire vrai, autre chose avait attisé sa curiosité mais elle n'en divulguerait pas un traitre mot. Et dans sa tête, elle se fit la remarque que ce jeune homme ne devait pas avoir un fond mauvais mais que sa vie l'avait mené à devenir tel qu'il était. Toutefois, ça n'était pas là une excuse pour ne pas vouloir changer. Effectivement, Aline comprenait, éprouvait de la compassion. Mais, elle n'avait jamais dit qu'elle pardonnait ce que des personnes, ayant souffert, pouvaient faire.

« - L'argent, hmm... Ça n'apporte rien de bon généralement. »

Sa remarque s'envola et sembla passer inaperçue puisque son interlocuteur semblait imiter un oiseau ou un petit animal tournoyant sur lui-même. Il ressemblait presque à un chiot tentant d'attraper sa queue. Pendant ce temps, elle continuait à gribouiller en fronçant les sourcils, tellement concentrée qu'elle ne remarqua pas les intentions de Gabriele.

Ses yeux se levèrent vers lui et l'instant d'après, le carnet avait quitté ses mains pour se trouver entre celles du brun. Aussitôt, Aline paniqua et sautilla comme un moineau pour récupérer son bien.

« - Rendez le moi ! Gabriele ! Mes papiers vont tomber et je vais devoir les reclasser après ! »

Son ton se faisait agacée. Malgré tout ce qu'elle pouvait dire ou faire, cet homme semblait être assez têtu pour ne pas vouloir lui rendre son carnet sans compensation. La petite blonde fulminait intérieurement et fit la moue. Elle boudait. Non mais, vraiment, elle ne supportait pas le chantage ! Certes, elle en avait peut-être déjà fait pour avoir des informations mais c'était uniquement pour le travail ! Un soupir traversa ses lèvres et elle croisa les bras, sourcils froncés. Ses yeux semblaient foudroyer le mur en face d'elle. Il fallait bien qu'elle fasse passer sa colère. Aline ? Énervée ? Oui, elle n'aimait pas, en plus de ça, qu'on profite de sa petite taille pour prendre le dessus. Peut-être était-elle petite mais elle savait se défendre lorsqu'elle le voulait !

« - Vous pouvez le lire, peu m'importe ! Je n'ai rien à cacher, ce ne sont que des informations pour le travail. J'enquête sur certains meurtres dont nous n'avons jamais eu le fin mot de l'histoire et aussi, je réponds aux jeunes filles qui ont le cœur blessé à cause de goujats comme vous ! » Aline tourna la tête vers lui et reprit son sermon : « - De plus, au lieu de boire et de vous droguer, vous feriez mieux de trouver le moyen de faire honneur à votre mère ! Elle n'aurait surement pas voulu que son fils termine ainsi. »

Elle ressemblait davantage à une mère venant de gronder son fils qu'à une journaliste faisant la moral à un homme négligé dans ses mœurs. Si bien qu'à présent, elle se radoucit et reprit sa voix naturellement douce.

« - Je m'appelle Aline et j'ai 20 ans. Ma mère tient une boutique de fleurs et … mon père était policier. Mis à part ça, j'ai une vie tout à fait banale. » Elle marqua une pause et reprit : « - Alors ? Satisfait ? »

Ses yeux bleus venaient de plonger dans ceux de son interlocuteur, comme pour sonder ses pensées qui semblaient être assez farfelues. Mais, ces yeux glacés semblaient cacher quelque chose. Une chose qu'Aline voulait savoir. Et puis, s'il venait à jeter un œil à son carnet, il ne trouverait peut-être pas ce à quoi il pensait. La page sur laquelle elle avait gribouillé ne comportait pas de phrase mais un portrait de lui où Aline s'était attardée sur les yeux qu'elle avait aperçu à deux reprises.



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Dim 20 Juil - 20:08
quiproquo
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


La suite des événements avait été une tornade de différents comportements. Tout d'abord, la jeune journaliste avait piaillé, mécontente qu'on lui ôte son précieux des mains. Gabriele avait été plutôt surpris de la voir sautiller ainsi, lui qui pensait qu'elle allait rester maître d'elle-même – ou du moins tenter de l'être, ou au pire soupirer d'exaspération. Puis d'une petite fille vexée et boudeuse, elle se transforma en une sorte de maman-sermonneuse. Le Vénitien battit des cils un instant, supris ou choqué d'un tel changement et continua de l'écouter, toujours la main tenant le carnet en l'air, imperturbable pour autant. Et troisième phase, elle se recomposa et parla de nouveau comme au début, divulguant sans plus de bataille ce que voulait savoir Gabriele.

Une fois le show terminé, il y eut une petite minute de silence durant laquelle Gabriele ne cessa pas de fixer la blondinette. Fascinant. Ce petit bout de femme en avait dans le coffre décidément. Quelques secondes après cette réflexion, le grand brun éclata dans un fou rire monstre. Il faut le dire, il était terriblement amusé. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ri ainsi. Cela dura un bon moment avant qu'il ne doive s'appuyer contre un mur pour reprendre son souffle, ayant un peu mal au ventre.

« Hahahaha ! T'es incroyable ! » lâcha-t-il entre deux fins de rire. « T'as fait du théâtre ou c'est naturel ? Hahaha. »

Gabriele finit par se redresser tant bien que mal, essuyant un début de larme au coin de l’œil. Puis il assimila la présentation d'Aline, donc. Si jeune et déjà si téméraire. Aaah, il se sentait déjà vieux. Il la fixa avec un sourire en coin, elle était vraiment amusante.
Mais il fallait revenir sur ses mots. Elle l'avait autorisé à zieuter dans ce satané carnet. Au final, il n'avait pas l'air d'être aussi important qu'il l'avait espéré. Adossé contre le mur qui lui avait permis de reprendre ses esprits, Gabriele s'attela à feuilleter le précieux.

Et il fut déçu. Rien de croustillant qu'il ne savait déjà. Les meurtres listés dans ce carnet... ouais il savait. Parce qu'il y en avait un certains nombres qu'il avait commandité. Gabriele sourit intérieurement. Il ne fallait pas que cette douce Aline aille plus loin que ça, sinon ça allait plutôt mal finir pour elle. Mais il ne s'attarda pas dessus, pour en pas éveiller les soupçons ou quoique ce soit d'autre d'ailleurs. Il fit tourner les pages vivement et se stoppa net à un moment. Ses yeux s'écarquillèrent lentement, puis se levèrent vers le visage de la journaliste.

Nom de Zeus. Ca y est, tout était plus clair à présent. Gabriele se redressa à la vitesse de la lumière et haussa un sourcil tout en continuant de fixer Aline. Il ne pouvait y croire, ça avait et n'avait pas de sens en même temps. Il laissa tomber le carnet par terre et les feuilles volantes s'éparpiller sur le sol – de rien c'était gratuit, puis il s'approcha frénétiquement de la jeune femme, pour finir par prendre son visage entre ses mains et déclarer solennellement, presque plaignant :

« Il fallait le dire avant que c'était toi la femme du courrier ! Faut pas mentir, c'est pas bien ! »

Je vous vois vous fracasser les dents sur votre clavier là. Oui ce grand taré avait tout mal interprété, mais il y croyait dur comme fer en cet instant. La page qui l'avait fait virer de la carafe était un croquis de lui et de ses magnifiques yeux démoniaques. Gabriele n'avait pas forcément tilté qu'Aline venait de le gribouiller sous ses yeux lorsqu'il faisait le pitre et imaginait déjà un scénario de stalkage amoureux depuis des jours, etc. Un grand malade je vous dis. Poursuivant son élan mélodramatique, il tapota affectueusement la tête de la jeune journaliste, hochant doucement la tête de haut en bas.

« Mais t'es trop jeune, je peux pas faire ça, je suis pas aussi monstrueux que ça. » il recula de trois ou quatre pas, croisant les bras, pensant qu'il était décidément un trop bon gentleman. « Et dire que j'ai brisé le cœur d'une jeune fille, aaah. »

C'était trop d'émotions pour aujourd'hui. Il croyait que ce genre de choses ne pouvait arriver que dans les films, et pourtant ! Bon oui, il se leurre totalement mais laissez-le dans sa douce illusion, il va redescendre dans un crash monumental dans pas longtemps. Cette attitude n'avait rien de stratégique, on aurait pu y penser. Enfin si, de base Gabriele avait pour intention de faire diversion et de s'éclipser vite fait bien fait, mais au final, le talent, le naturel avait pris place. Venise, ville romantique, il savait bien qu'elle avait quelque chose de spéciale. Tuez-le.



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Mar 22 Juil - 18:40

Mais que fait la police ?! - Gabriele


« - Pardon ? »

Gabriele s'était littéralement bidonné. Aline écarquillait les yeux, ne pouvant rien faire d'autre que rester spectatrice de ce fou rire. Ou bien elle avait dit quelque chose d'absolument hilarant ou bien, le jeune homme s'était remémoré quelque chose de tellement drôle qu'il ne pouvait pas se retenir de craquer ici, en plein milieu de leur discussion.

Finalement, c'était elle, la source de cette réaction. Aline ne parvenait pas à comprendre ce qui l'avait fait rire à ce point mais le rire communicatif de son interlocuteur avait fini par la faire rire un peu à son tour. Néanmoins, elle retrouva rapidement son calme et ne le quitta pas des yeux. La question du vénitien resta sans réponse puisque la blonde ne trouvait pas prudent de répondre. Si elle lui disait n'avoir jamais fait de théâtre, qui sait ce qu'il pourrait se passer par la suite. Il finirait par se rouler par terre et par mourir d'un manque d'oxygène s'il recommençait à rire de la sorte. Mieux valait garder le silence, c'était plus prudent. Pour lui.

Une fois la tempête passée, il se mit à feuilleter le carnet d'Aline. Carnet bien tenu, au passage. Avec une écriture soignée et délicate, s'il vous plait ! Plus c'était clair, mieux c'était pour retrouver des informations sur tel ou tel événement quand on rédigeait au propre. Chacun avait sa méthode pour prendre des notes. Certains utilisaient un magnétophone de poche pour s'enregistrer, d'autres une caméra pour filmer ce qu'ils voyaient. Aline préférait écrire. Aucun risque d'être entendue et aucun risque de panne qui perdrait toutes ses données. Autant dire que la jeune femme était prévoyante ! Toutefois, Aline n'éprouvait aucune fierté pour tout ça. Selon elle, elle ne faisait que son travail de manière efficace.

Alors, qu'en pensait-il ? Le visage du brun était indéchiffrable. Sans doute était-il très intéressé parce ce qu'elle avait découvert. La jeune femme guettait le moindre changement d'expression et lui demanda, sur un ton empreint de curiosité :

« - Alors ? Passionné par mes notes ? »

Il ne répondit rien et tout à coup, il se figea devant une page. Ah ? C'était son croquis de lui. Un travail très succinct mais au final, le résultat était assez ressemblant. Son poignet s'était attardé sur les yeux de cet homme. Sans doute le remarquerait-il. Pour le moment, ses yeux étaient écarquillés, reflétant une certaine incompréhension ou bien, un éclair de génie. Aline haussa un sourcil, lui demandant silencieusement s'il y avait un problème. Il lui répondit en faisant de même, lui faisant face de toute sa hauteur. Décidément, la journaliste ne parvenait pas à comprendre ce qu'il se passait. Est-ce qu'elle avait fait quelque chose de déplacé en le dessinant ? Certes, elle n'était pas une grande artiste mais son dessin était loin d'être horrible.

Soudain, l'horreur se peignit sur le visage de la journaliste quand son carnet tomba à terre. Ses feuilles classées venaient de s'étaler sur le pavé. Elle l'avait pourtant prévenu ! Alors qu'elle s'apprêtait à tout ramasser en vitesse, complètement désespérée à l'idée de devoir classer toutes ces feuilles, sa tête fut bloquée entre deux mains. Hein ?

« - Il fallait le dire avant que c'était toi la femme du courrier ! Faut pas mentir, c'est pas bien ! 
- Quoi ?! Mais … non ... »

Alors ça, Aline ne l'avait absolument pas prévu. Qu'est-ce que c'était que ce rapprochement ? Dessiner les personnes qui inspiraient Aline voulait-il dire qu'elle éprouvait quelque chose pour elles ? Mais non, voyons ! Cependant, l'idée de Gabriele la fit rougir. Si elle niait avec entrain, il ne la croirait pas. Si elle restait silencieuse, il serait certain de sa déduction. Dans tous les cas, Aline était vouée à le laisser croire qu'elle en pinçait pour lui. "Bien pris qui croyait prendre" ne prenait jamais autant de sens dans la tête d'Aline qu'aujourd'hui. Si elle avait su, elle n'aurait jamais gribouillé ce portrait. Quelle idiote ! La jeune femme mit ses mains sur ses joues brûlantes de gêne. La tête baissée, elle sentit une main lui tapoter le sommet du crâne. Il insistait, en plus ! Aline répliqua d'une voix gênée :

« - Mais non ! Idiot, ce n'est pas moi ! Si c'était moi, je ... »

Non, elle était incapable de savoir comment elle aurait réagi face à une telle situation avec la personne qu'elle aime. Soudain, un visage fit son apparition dans son esprit. Elle s'accroupit brusquement pour cacher ses joues rouges et se mit à ramasser les feuilles éparpillées. Pourquoi pensait-elle à Aaron dans un moment pareil ? Ça n'était pas fait pour l'aider ! Néanmoins, elle se demandait où il pouvait bien être en ce moment même. Son souhait était de ne pas le croiser avec cet individu, elle ne tenait pas à ce qu'il se fasse des idées. Entre ses mains, elle tenait les brouillons de ses réponses aux lettres qu'elle avait reçu.

« - Dire que je n'ai aucune expérience ... » se mit-elle à marmonner tout bas.

Après quelques instants, ses feuilles furent enfin rassemblées et elle les cala dans son carnet. Elle les classerait plus tard et avec cet individu dans les parages, elle n'était pas à l'abri de devoir recommencer. A présent, elle avait retrouvé son calme et pointa un doigt en direction de Gabriele.

« - Fini de fouiller mon carnet ! Tu as assez mis de pagaille comme ça pour le moment ! »

Le vouvoiement était révolu. A quoi bon rester aussi distante avec lui. Il ne semblait pas être le rebel qu'elle avait espéré. Rien de plus qu'un homme à l'imagination fertile et farfelue. Mais, très amusant, il fallait l'avouer aussi.

« - Pour cette femme, je lui répondrais que tu n'étais pas fait pour elle, tant pis. » Elle fit une moue désolée et reprit. « - Mais, il n'est jamais trop tard pour changer d'avis ! » finit-elle par dire avec un clin d’œil.



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Mar 22 Juil - 22:24
théâtre
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


Jamais de toute sa vie Gabriele n'avait vu quelqu'un rougir autant de la sorte. Si tout son cirque avait été dans l'unique but de se moquer de la jeune femme, aucun doute qu'il serait mort de rire, littéralement. Malheureusement, il était bien ancré dans son délire. Il la trouva mignonne, il était presque attendri par sa réaction. Mais ce genre d'émotions ne connaît pas le personnage. Le Vénitien la trouvait attachante comme un petite fille, une petite sœur – oui il a souvent tendance à se prendre pour un vieil ours comparé aux autres.

Cependant, en tant que renard depuis le début, on ne le dupe pas. Mais si lui non plus n'a aucune expérience en amour – faut dire que ça l'intéresse trèèèès peu, sa seule femme, c'est la thune -, il avait flairé cet état d'émoi. Finalement, sa redescente sur Terre n'avait pas été aussi brutale que prévu. Les yeux ne mentent pas, c'est ça qui le rend si accro et le fascine tant. Gabriele nota donc cette information dans un coin de sa tête, certain de ne pas oublier un élément aussi important. Il eut un grand sourire satisfait.

Du coup, Gabriele n'était plus du tout dans son rôle de Roméo. L'idée de taquiner Aline venait de s'immiscer dans son cerveau et il trouva que c'était plutôt amusant – et gentiment méchant. Aussi, quand la jeune journaliste retrouva son comportement initial, cela marqua le début pour lui de la tourmenter d'avantage, sachant ô combien ce genre de sujet pouvait être créateur d'une immense gêne chez les jeunes damoiselles.

« Oooh, on se tutoie maintenant ? » s'exclama-t-il d'une voix toute émoustillée et ridiculement heureuse, mains en l'air.

Puis Gabriele hocha vivement de la tête à la dernière phrase d'Aline. Tout à fait, il allait changer d'avis. Il allait même continuer son manège de mec qui culpabilise sur l'amour à sens unique d'une jeune fille.

« Tu as a-bso-lu-ment raison. J'ai changé d'avis. » s'empressa-t-il de répondre en prenant ses mains dans les siennes. « Bien, bien, vu que notre relation vient juste de prendre un autre tournant, que dirais-tu de continuer sur cette lancée ? »

Il n'en faisait qu'à sa tête, ne comprenant que ce qu'il avait envie de comprendre et n'attendant pas de réponses à sa question réthorique de la part de la jeune femme. Gabriele se mit à réfléchir intensément et tira le bras de la jeune fille pour la mener hors de l'impasse qui avait servi de traquenard. La situation avait largement tourné à son avantage : faire le pitre lui avait permis de soulever tous les doutes et suspicions que pouvaient avoir Aline à son égard. Malin, malin n'est-ce pas - même si ce n'était pas du tout voulu ?

Gabriele traîna donc la blondinette dans les rues de la douce Venise, jusqu'à retrouver un semblant de civilisation. Il voulait jouer de cette situation à fond pour sauver ses fesses et dissuader Aline de fouiner plus loin qu'elle ne l'avait déjà fait sur son compte. Sinueusement, il voulait créer une bonne relation avec elle pour ses intérêts personnels et professionnels. En effet, même s'il voulait être en bon terme pour qu'Altar Sacrificii puisse prospérer tranquillement, le Vénitien la trouvait aussi bien sympathique. En fait, ça le ferait vraiment chier qu'elle meure alors qu'une lueur encore si vivante régnait au fond de ses mirettes.

Mais il était temps de mettre fin à ce petit théâtre. Gabriele avait hâte de voir comment Aline réagirait face à sa petite moquerie qu'il avait soigneusement préparé. Maintenant que le décor était planté, il manquait plus qu'à jouer la pièce. Soudainement, il passa son bras autour des épaules de la jeune journaliste et demanda sans vraiment usé de tact avec une voix toute enfantine, cachant un comportement terriblement moqueur - bien que ça se reniflait à trente kilomètres :

« Alors Aline, ma douce, et si tu me parlais de celui qui fait chavirer ton petit cœur hein ? »

Il lui accorda un clin d’œil, à son tour, comme une sorte de petite revanche à toutes les piques envoyées au début de leur rencontre. Oui, Gabriele n'avait rien oublié de tout ça, sa mémoire est d'une efficacité monstrueuse pour se rappeler des trucs vraiment inutiles. Il voulait revoir ce visage rouge pivoine, embarrassé parce que, décidément, c'était vraiment trop marrant de la voir dans tous ses états.



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Aline Saël
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Jeu 24 Juil - 17:00

Mais que fait la police ?! - Gabriele


Il était content. Apparemment, Gabriele semblait ne pas avoir perdu son temps avec elle. Elle non plus d'ailleurs. Mis à part son carnet éparpillé sur le sol. A dire vrai, elle en profiterait pour trier un peu et faire le ménage. Sans doute avait-elle conservé des notes qui ne lui seraient plus d'aucune utilité mais dans sa logique, rien n'était jamais inutile. Certaines informations pouvaient être susceptibles de se recouper à tout moment. Un peu d'inattention et on passait à côté d'un indice. Mais, elle mettait ça de côté pour ce soir, une fois rentrée à la maison.

Un nouveau soupir fendit l'air. Au train où Gabriele sortait des âneries, Aline pourrait remplir des ballons de baudruche à force de soupirer. Elle haussa les épaules sans répondre à la taquinerie- c'en était- du vénitien et lui sourit simplement. Quand il prit ses mains, elle écarquilla les yeux sans dire un mot. Comment pouvait-il être aussi tactile ? Aline se sentait gênée. Elle n'avait pas pour habitude de tant de proximité avec les autres. Surtout les hommes. Elle bafouilla :

« - T..tournant ? Quel tournant ? »

Ah ! Il devait encore ressasser cette idée de sentiments. A peine eut-elle le temps de comprendre qu'elle quittait déjà l'impasse sombre et esseulée. Une main sur son bras suffisait à la tirer pour l'emmener n'importe où. Alors qu'elle se demandait où ils pouvaient bien aller d'un si bon pas, ils débouchèrent une rue, puis une autre, jusqu'à retrouver d'autres individus. Les jambes d'Aline avaient suivi sans aucune question mais la jeune fille s'interrogeait. Qu'avait-il prévu de faire, à présent ? Il n'allait tout de même pas essayer de lui mettre un rencard au programme ?! Et si elle croisait Aaron de cette manière … Une minute, encore Aaron ! Elle devait retrouver son calme et vite. Sinon, c'était la porte ouverte pour les confidences involontaires.

Lorsque le pseudo tombeur prit ses aises et installa son bras autour de ses épaules, elle se sentit légèrement oppressée. Qui plus est, il se moquait d'elle. Elle perdit alors la rougeur qui avait pris vie sur son visage. Finalement, il n'avait peut-être jamais pensé qu'elle était amoureuse de lui, ce n'était qu'un prétexte fait pour la mettre mal à l'aise. Aline réalisa à quel point elle s'était montrée stupide de baisser ainsi sa garde et sans plus attendre, elle s'extirpa de son emprise. Il fallait lui montrer qu'elle ne se laissait pas faire. Alors, elle trotta devant lui pour lui faire face et reprit son air plein d'assurance mais toujours avec le sourire.

« - Non. Désolée mais je n'ai pas le temps pour un rendez-vous galant. Une prochaine fois, peut-être ! »

Fini d'être gênée comme une idiote, elle ne devait pas se laisser démonter. Toutefois, elle eut quelques secondes d'absence en repensant à toute cette histoire. Et à Aaron. Quand elle se reprit, elle fronça un peu les sourcils, d'un air faussement en colère.

« - Et, c'est à moi de poser les questions ! »

Elle avait sa fierté de journaliste tout de même ! D'ailleurs, elle n'avait pas fini de poser ses questions. Cependant, vu le caractère de son suspect, elle n'avait aucune chance d'obtenir quoi que ce soit de sa part cette fois-ci. Tant pis, cela attendrait plus tard. Mais, elle le garderait à l’œil. Il était amusant, drôle, expansif au possible, c'est vrai, mais ce côté moqueur prouvait qu'il y avait bien du filou en lui. De toute manière, il redescendait d'un bon nombre de places dans sa liste des suspects puisqu'à première vue, il n'avait rien de bien méchant. Alors qu'elle réfléchissait silencieusement en regardant les passants, son ventre se mit à gronder. Quand faut y aller, il faut y aller ! Un sourire angélique aux lèvres, elle posa une question simple et non personnelle à sa nouvelle connaissance :

« - Par hasard, est-ce que tu connaitrais un restaurant ou un café sympa dans le coin ? Je ne me vois pas rentrer jusqu'au bureau pour aller manger à la cafétéria. »

Autant rester sur place et repartir avec le ventre plein. Et, après l'avoir taquiné sous prétexte qu'elle était son admiratrice, il lui devait bien ça !



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Gabriele Colantonio
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Ven 25 Juil - 23:46
théâtre
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


Gabriele a un défaut majeur qui lui a souvent apporté des ennuis, lui a valu de se prendre de grosses raclées et serait susceptible de causer sa mort : la sous-estimation. Il est un homme qui se hâte, qui saute directement aux conclusions, ne cherchant pas à voir plus loin qu'un seul élément pour se mettre en marche. Sa tête est blindée de stéréotypes stupides, même si Gabriele a grandi dans un monde qui lui a prouvé le contraire et qu'un bon nombre de personnes rencontrées au cours de sa vie contrecarraient ces théories simplistes. En fait, c'était tout simplement pour ne pas se prendre la tête, mais un peu de réflexion ne lui ferait pas de mal, la lame de la faucheuse étant passée assez fréquemment non loin de sa tête.

Enfin bref, tout ça pour dire qu'une fois de plus, il avait sous-estimé Aline. Il en avait oublié combien l'humain était complexe et recèle moult secrets. Gabriele avait été plus que satisfait de voir la jeune femme rougir de nouveau, certaines personnes étaient décidément bien trop faciles à comprendre, à lire – dans la plupart des situations, et ainsi à taquiner.

« Et, c'est à moi de poser les questions ! »

« Je ne faisais que t'aider dans ton travail ma douce Aline. » répondit-il en tirant la langue, de nouveaux les mains en l'air comme innocent. « Il faut parfois se mettre à la place de l'autre pour mieux le comprendre héhé. »

Excuse bateau qui avait pourtant du sens. Pour une fois qu'il ne disait pas une bêtise... Puis la jeune journaliste lui demanda s'il connaissait un bon restaurant ou café pas loin d'ici. Gabriele haussa un sourcil. Quelle question, la réponse était évidente. Il poussa un gros soupir et entreprit de continuer son petit théâtre tragique comme il sait si bien le faire.

« Aaah, Aline, que de cruauté ! Me rejeter pour une petit balade intime mais me demander si farouchement de t'emmener au restaurant. Aaah ! » dramatisa-t-il.

Avant de continuer son manège – certes ridicule, Gabriele se permit à nouveau de voler la main de la blondinette et de la traîner encore parmi les rues de Venise.

« En plus, tu oses me sous-estimer ! Je connais Venise par cœur tu sais. » enchaîna-t-il avec une mine un peu peinée. Il regarda furtivement à droite et à gauche pour ensuite lever le bec en l'air avant de dire pour lui-même : « Mmh, alors, quel endroit pour la petite colombe ? »

Enfin, colombe. Non en fait, il voyait Aline comme un mignon poussin. Petit et fragile, mais à la fois curieux et énergique. Elle n'avait pas peur de découvrir le monde,de s'y confronter et Gabriele pensa à ce moment-là qu'il manquait cruellement de gens comme elle dans le monde. La plupart des gens se satisfont dans leur simplicité et ne cherche pas à défier le karma. Si le Vénitien ne croit pas spécialement en un dieu spécifique, le karma lui est bien réel. Il avait bon nombre de fois essayé de s'y confronter, mais le karma est une entité qu'on ne peut pas tromper. Et bien que Gabriele ait compris que ce karma n'en fait au final qu'à sa tête, il continue d'essayer de le provoquer.

Au bout de deux petites minutes de marche intensive, tout de même soucieux de la requête d'Aline et investi dans sa recherche, il s'arrêta devant un petit café charmant, peu bondé mais dont les mets proposés étaient délicieux. Et pas cher. C'était important ça pour Gabriele. Aussi, avec un sourire chaleureux, il contempla l'établissement quelques secondes, toujours ayant gardé la main de la journaliste dans la sienne, avant de la traîner à l'intérieur.

« Emiliano ! » s'exclama-t-il vivement en courant saluer un serveur, délaissant pour un instant Aline. « Il nous faut une table, je pète la dalle ! »

Le dit Emiliano émit un petit rire avant de se tourner vers la blondinette et de la saluer, sans poser de questions comme pourquoi elle traînait avec un mec tel que Gabriele. Il les plaça un peu en retrait et s'éloigna, les laissant zieuter la carte.

« Chère Aline, j'ai beau être un merveilleux mec, je ne payerai pas pour autant ta part. » déclara-t-il solennellement.

Attendez, il s'agissait d'argent-là, faut pas pousser.



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Aline Saël
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Mer 30 Juil - 11:25

Mais que fait la police ?! - Gabriele


Ça faisait longtemps qu'Aline n'était pas allée voir une représentation de théâtre. Cependant, en ce moment-même, elle avait l'impression d'être une comédienne en compagnie d'un partenaire de scène. Au fond, même si Gabriele restait un étranger pour elle, elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la sympathie pour lui. C'était un type qui semblait amuser la galerie et semer de la bonne humeur autour de lui. Un peu comme elle. Voilà pourquoi ils étaient assez semblables sur ce point. Néanmoins, ses fourberies, ses manières exagérées de traiter chaque situation lui rappelait une pièce. Mais, elle était incapable de se souvenir du nom. Tant pis, elle allait réfléchir à ça sur la route.

Une nouvelle fois, Aline fut kidnappée mais était plus encline à le suivre. Comme un couple de tourtereaux, main dans la main, ils progressaient dans les rues de Venise tandis que son guide reprenait son ton dramatique pour exprimer sa peine. Peine d'avoir été sous-estimé. Aline utilisa son autre main pour dissimuler son sourire amusé et son ventre gronda comme pour accompagner cette bonne ambiance. Une ambiance détendue à ce moment-même. Le malaise s'était dissipé entre eux et il semblait qu'Aline et Gabriele avait eu suffisamment de temps pour comprendre qu'il n'était pas spécifiquement dangereux l'un pour l'autre. Toutefois, du point de vue de la jeune journaliste. Elle laissa le soin à son guide de trouver une bonne adresse pour « la colombe » qu'elle était. Et quand ils stoppèrent leur marche devant une petite entrée de café, tous les sens d'Aline furent à l'affût.

Nouvelle adresse, nouveau lieu, nouvelles informations. Aline ne devait pas rester complètement détachée de son travail, elle pouvait tomber sur des indices ou des choses intéressantes à tout moment. D'autant plus à propos de Gabriele qui semblait être un habitué des lieux à sa façon de saluer l'un des serveurs. Le dit Emiliano la salua et elle en fit de même, tout en souriant. Ses yeux scrutèrent un peu partout. Un café à l'ambiance assez familiale, des tables assez espacées pour ne pas se gêner les unes les autres. Une odeur de cuisine et de café persistait dans l'air mais rien de désagréable, au contraire. Ça ne faisait que mettre Aline en appétit. Lorsqu'ils arrivèrent à leur table, la main d'Aline reprit sa liberté et la journaliste s'installa en face de Gabriele. Pour on ne sait quelle raison, le serveur les avait placé à l'écart. Peut-être semblait-il croire qu'ils étaient des amoureux en quête d'un peu d'intimité. Décidément, avec ce personnage, Aline n'avait pas fini d'en voir. Alors que ses yeux bleus clair parcouraient le menu, la voix de Gabriele retentit à nouveau de manière exagérée.

Ah ? Elle était partie du principe qu'elle paierait sa part, bien entendu. Toutefois, pour renvoyer la pareil à son interlocuteur, elle prit un ton un peu dramatique et plaça le dos de sa main sur son front, comme outrée.

« - Tu brises le cœur d'une jeune fille et après ça, tu ne tiens même pas à t'excuser en payant sa part, quelle honte ! Je suis d'autant plus blessée, cher Gabriele ! »

Elle non plus n'était pas mauvaise au théâtre finalement. Sitôt après avoir fini son show, elle tira la langue à son partenaire de scène et replongea dans le menu. Tous les mets étaient très appétissants et les prix étaient plus que respectables. A voir si le goût était présent dans l'assiette. Aline eut fait son choix, ce serait une assiette de lasagne au saumon avec quelques légumes en accompagnement. Elle reposa le menu à plat sur la table et attendit que Gabriele ait lui aussi fait son choix. Mais, elle le fixa pendant un petit moment, tout en réfléchissant. Cette fameuse pièce à laquelle elle pensait, avec ce personnage extravagant et rempli d'humour, quel était son nom déjà ? Oh ! Alors que le brun semblait s'apprêter à dire quelque chose, Aline s'exclama :

« - Scappino ! Mais, oui ! Tu me fais tellement penser à Scappino, haha ! »

Surnom trouvé. Y avait-il un personnage de théâtre qui seyait mieux que ce fourbe personnage, insouciant à notre ami Gabriele ? Sans doute pas. Alors, désormais, ce serait Scappino. Un rire accompagna la trouvaille qu'Aline venait de faire. Le serveur était de retour et s'en amusait. La petite blonde avait-elle trouvé le mot juste ? Tandis qu'elle annonça en souriant sa commande, elle se tourna vers l'homme qui lui faisait face et fut curieuse de savoir ce qu'il allait prendre.



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Mar 12 Aoû - 16:08
excipit
ALINE SAËL ft. GABRIELE COLANTONIO


Tel Yzma et Kronk scrutant leur menu, la concentration était intense, à son maximum – enfin pour ce qui était du cas de Gabriele. Avouons quand même qu'avec la cuisine française, celle italienne a un large panel de choix. Du coup, la décision était d'autant plus difficile. Mais au final, comme à chaque fois, le voyou finissait toujours par opter pour un plat à base de viande. Ouais, la viande c'est la vie et Gabriele est un grand carnivore dans l'âme.

Sinon, cela faisait quelques minutes qu'Aline le scrutait, très concentrée, comme si déterminée à déceler quelque chose sous son visage de délinquant. Gabriele haussa un sourcil. Bien qu'il n'était pas dérangeant d'être ainsi fixée par une si jolie demoiselle, ça n'en restait pas moins... déstabilisant oui. Grimaçant un peu, il finit par toussoter grossièrement pour la déranger dans sa contemplation, puis s'apprêta à encore dire une bêtise quand celle-ci s'exclama soudainement.

« Scappino ! Mais, oui ! Tu me fais tellement penser à Scappino, haha ! »

Gabriele resta débilement sans voix, la bouche à moitié entrouverte et à moitié redressé sur sa chaise, stoppé dans son mouvement. Son cerveau mit un temps à percuter la référence, le rire d'Aline raisonnant comme un écho dans les entrailles de son crâne – haha il est vide #pan. En plus de ça, un autre rire plus moqueur et masculin s'immisça dans ses oreilles : celui d'Emiliano. Ce dernier était pile poil arrivé pour le show. Il avait envie d'hurler de rire mais il se retenait, pour des raisons professionnelles.  Après avoir levé les yeux vers sa partenaire de déjeuner qui venait de faire son choix, Gabriele bredouilla le sien. Lasagnes au saumon et ses petits légumes pour la demoiselle, et une assiette de carpaccio plus des tagliatelles pour le monsieur, gouffre sans fond qu'est son estomac. Pour patienter, en attendant, le serveur leur offrit un verre de champagne, qu'il avait accompagné d'un discret petit coup de coude et clin d’œil à Gabriele. Etaient-ils si bons que ça pour passer pour un jeune couple ?

Enfin ce n'était pas sa préoccupation première. La comparaison que venait de faire Aline lui restait en tête. Scappino. Non, il n'était pas inculte tout de même, il savait qui était ce personnage. Mais il était étonnant que jamais personne ne lui ait fait remarquer ça. En effet, pour lui maintenant que la blondinette venait de le lui dire, ça coulait de source. Les yeux de Gabriele s'illuminèrent, comme si le messie venait faire son apparition. Il hocha vivement la tête, main portée à son menton, sourcils légèrement froncés.

« Aline, tu es merveilleuse, je n'aurais pas pu trouver mieux ! »

Puis il se plaqua contre le dossier de la chaise, se grandissant et continua son théâtre, maintenant que tout était lié. Il croisa les jambes, mains sur les hanches - pose façon pin-up, mit son visage de profil et un peu en l'air en souriant comme un imbécile.

« Mais j'ai quand même meilleur profil, tu ne trouves pas ? »

Oui, définitivement, Aline venait de mettre un nom sur ce qu'était Gabriele. Le personnage de Scappino le représentait totalement, autant dans la version italienne que française, disons même qu'il s'inspire des deux côtés. Il porte des masques, est rusé, intelligent – dans la normale en fait hein, et a un passé sombre, servant un seigneur qui fait appel à lui pour résoudre les problèmes. Peut-être même qu'il devrait commencer par surnommer son « seigneur » Léandre. A cette idée, Gabriele ne put retenir un petit ricanement et sortit son portable pour effectuer le changement avant d'oublier.

Pour fêter cette renaissance, cette révélation plutôt – quelle journée tout de même, le Vénitien s'attela à marquer le coup en levant sa coupe de champagne, trinquant joyeusement avec sa partenaire de comédie-tragédie à base d'un franc et distingué « Salute ! ».
Bam, cul-sec. Mh, doux souvenirs de la veille, son foie ne semblait pas d'accord avec ce qu'il était en train de faire. Mais Gabriele n'eut pas le temps de plus y penser que son portable sonna. Son visage devint soudainement plus grave. C'était le gong. Et celui-ci ne sauverait personne. Rapidement, il reprit une mine clownesque.

« Raah, qui est le con qui me dérange pendant mon déjeuner en amoureux ? »

Il dégaina vite son portable pour scruter le message qu'il venait de recevoir. Le monde moderne est quand même bien fait : malgré les traçages possibles sur les appareils électroniques, le sien avait été spécialement conçu – ou plutôt disons bidouillé - pour que ça ne soit pas possible. Toujours avoir un pote informaticien dans sa poche, première leçon !
Bref, le sms envoyé n'indiquait qu'un nom : San Martino. Bien cette église se trouvait non loin de là où ils étaient, donc ils étaient observés depuis un bon bout de temps et leur position n'était pas inconnue. Tch. Gabriele n'aimait pas ça. Vraiment pas. Mais il ne pouvait pas non plus s'éclipser comme un voleur, bien que le personnage se prêtait bien à ce genre d'actions. Il devait faire attention, un petit détail pouvait l'envoyer dans la tombe – ou du moins chez les flics dans un premier temps.

Sans rien laisser paraître, Gabriele continua d'afficher un sourire d'imbécile heureux. Aussi, la bouffe arrivait enfin. Hinhin, place aux hostilités, il pétait vraiment la dalle. Mais avant tout, discrètement il envoya un message sous la table qui ne contenait qu'un chiffre : 45.



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Ven 15 Aoû - 10:51

Mais que fait la police ?! - Gabriele


Une assiette de carpaccio avec des tagliatelles. Un bon choix selon Aline. Celle-ci tendit le menu au serveur qui le glissa sous son bras et sembla communiquer silencieusement avec Gabriele. Ils eurent droit à un verre de champagne et Gabriele eut un coup de coude en prime. Aline pencha la tête sur le côté et haussa les sourcils. Le serveur n'imaginait tout de même pas qu'elle était sa petite amie ? Dire qu'ils ne se connaissaient que depuis … une heure ? Deux heures ? Peut-être moins ? Si Aline prenait en compte la première fois où elle l'avait vu, cela datait de plusieurs jours. Toujours est-il qu'elle était loin d'être sa petite amie et elle ne comptait pas l'être. Elle fut soudainement tirée de ses pensées par un nouveau one-man-show du brun.

Merveilleuse ? Ah ! Pour ce surnom. Scappino. C'est vrai que cela lui allait comme un gant. D'ailleurs, lui-même semblait être d'accord avec ça. Il repartait à nouveau dans des répliques aussi drôles que ridicules et s'agitait comme un bon comédien. Meilleur profil ? C'est certain mais il semblait en tenir une couche du côté du ridicule. Aline ne put s'empêcher de rire et trinqua avec lui puisqu'il semblait y tenir. Elle avala une gorgée de champagne. Bon goût. Cependant, elle n'en abuserait pas sinon, elle finira par monter et danser sur la table dans peu de temps. Elle et l'alcool ne faisaient pas bon ménage et elle ne le tenait pratiquement pas. Leur moment de gaieté fut interrompue par un coup de fil. C'était le téléphone de Gabriele. Cela semblait être un message qui ramena aussitôt le sérieux de l'homme qui était en face d'elle. Son visage était tout à coup beaucoup moins amusé. Et, comme pour faire oublier ce changement soudain, il ne put s'empêcher de faire une remarque amusée. Aline ne releva pas son changement de comportement et répondit :

« - Sans doute un envieux ! »

Son sourire s'agrandit et ses yeux pétillaient. Vraiment, elle s'amusait bien en compagnie de cet homme. Et, à moins qu'il ne joue un rôle, lui aussi semblait passer un bon moment. Alors qu'il semblait absorbé par son message, Aline aperçut le serveur se diriger vers eux avec les plats en main. La jeune femme s'installa bien droite sur sa chaise et remercia l'homme qui déposa leur commande sur la table. Deux assiettes très bien garnies. La jeune femme inspira l'odeur des lasagnes qui ne fit que lui mettre l'eau à la bouche. Fourchette et couteau en main, elle était armée pour attaquer son plat. Mais avant cela, elle souhaita un très bon appétit à son compagnon de table. Puis, une première bouchée. Verdict ?

« - Hmm... Pas mal. Je dois bien admettre que la saveur est là et la quantité aussi. Je dirais même que le rapport qualité/prix est respectée. »

La journaliste a parlé. Elle qui ne connaissait pas cette adresse se ferait un plaisir de la recommander à ses collègues et ses proches. Savourant chaque bouchée, elle jeta un œil à Gabriele et soudain, une nouvelle remarque lui traversa l'esprit.

« - Hum, j'espère que le serveur ne s'imagine pas que nous... »

Qu'ils étaient ensemble. Oui, elle trouvait ça gênant de passer pour un couple. Sans terminer sa phrase, elle continua de dévorer son plat tout en jetant un coup d’œil à l'heure. Elle devait se presser un peu si elle voulait tenir son planning du jour. D'autant qu'elle avait pris un peu de retard avec toutes les péripéties de ce matin. Elle accélérait sa mastication et avala le reste de son verre de champagne cul-sec. Batterie rechargée ! Après une telle assiette, elle était rassasiée et prête à reprendre la route. Quand était-il de Gabriele ?



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