DRAMATIS PERSONAE

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CONTEXTE

Venise a sombré, Venise a peur. L'eau s'est teintée de rouge, les rues devenues dangereuses. Cette ville autrefois si magnifique, si belle, comme un petit paradis sur terre est devenue froide et lugubre. À la recherche d'une jeunesse éternelle, deux organismes s'affrontent dans les rues de Venise dans un jeu de meurtre inlassable.

Aileen LevyAres RiveiraMnemosyne
06.08

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Et si on faisait parler les morts ?

Aline Saël
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Ven 25 Juil - 23:09

Et si on faisait parler les morts ?
Narcisa & Malfatto


L'après-midi battait son plein à Venise. Chacun avait reprit son poste ou vaquait à ses occupations. Telle une fourmilière, la ville s'affairait avec entrain. Parmi ces fourmis, Aline. Hier soir, elle avait remis un peu d'ordre dans son carnet et en avait profité pour faire un bilan de toutes ses recherches. Au total, un nombre incalculable de meurtres et rien qui permette de trouver qui en était à l'origine. Tous ces meurtres étaient liés mais jusqu'à quel point ?

Aline savait. Deux groupes sévissaient. Selon les dires de Vincent et ce qu'elle en avait déduit avec le temps, c'est que tous ces meurtres étaient liés à la Fontaine de Jouvence. Cependant, ses recherches continuaient de patauger. Comme le chiot essayant d'attraper sa queue, Aline avait l'impression de tourner en rond. Il lui manquait encore beaucoup trop de choses pour comprendre aisément la situation et c'était là le problème. De plus, cette impression d'être sans doute passée à côté d'indices lui nouait l'estomac. Alors, elle se mit en tête de revoir certains points minutieusement. Pour commencer, il y avait une piste intéressante qu'elle n'avait jamais creusé. Les victimes. Certes, dans ses articles, elle précisait la méthode qu'avait utilisé l'assassin ou les assassins pour mettre un terme aux jours de leur victime mais, rien de plus. Peut-être y avait-il des détails à analyser, des indices à découvrir. Pensant à cela, Aline réfléchit à la manière dont elle pourrait obtenir des informations à ce sujet. L'endroit idéal était sans nul doute les pompes funèbres.

Après une nuit assez courte, Aline s'était tout de même réveillée de bonne humeur, comme chaque jour et en grande forme. Mener l'enquête lui permettait de rester éveiller aux moindres signes ainsi, elle n'avait pas besoin de café. Dès le matin, elle s'était attelée à ses prochains articles pour le numéro à paraître prochainement du journal puis, elle avait requis un conseil auprès d'un de ses collègues.

« - Les pompes funèbres ? Eh ben, Aline … Tu te colles vraiment à la mauvaise besogne, enfin … Tu as déjà entendu parler du couple Dell'Orefice ? Ils travaillent là-bas et je pense qu'ils seront les plus aptes à répondre à tes questions. On m'a dit qu'ils faisaient du bon boulot.
- Très bien, j'en prend note. Merci ! Bonne après-midi ! »

Aline avait rapidement dévoré un sandwich et s'était empressée de rejoindre le centre. Il était situé dans une zone particulièrement calme, à l'abri des regards indiscrets des touristes et des malvenus. En somme, l'endroit idéal pour côtoyer les morts de très près. Aline avait longé quelques rues et avait fini par tomber devant l'entrée du salon. Un écriteau portait l'inscription « Pompe Funebri ». Elle y était. Aline entra, son arrivée signalée par un tintement de clochettes. Dans la pièce flottait une odeur particulière. La journaliste n'aurait pas réellement su comment la décrire si ce n'est que cette odeur lui était inédite. Sans doute un produit propre au lieu, il fallait dire qu'Aline n'avait jamais mis les pieds dans un salon funéraire. Si ce n'est qu'une fois, en compagnie de sa mère. Depuis, elle n'y était jamais retournée. Tandis qu'un flot de souvenirs reflua jusqu'à son esprit, elle le coupa en osant interpeller d'une voix douce :

« - Excusez moi ? Est-ce qu'il y a quelqu'un ? »

Pour l'instant, elle était seule mais ça ne durerait sans doute pas. Son carnet et son stylo en main, elle patientait.

[HS : J'avoue que c'est pas top comme début, je ferais mieux par la suite, sorry D: ]



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Narcisa D. Dell'Orefice
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Mar 29 Juil - 23:49
Un thé noir. Son rituel matinal et indéfectible. Tous les matins, depuis des années déjà, c’était la première chose qu’elle pensait à faire, après avoir enfilé sa robe de chambre. Pas un seul bonjour pour sa tendre moitié, rien. Le thé était primordial pour rendre une Narcisa encore ensommeillée agréable. Aussi agréable qu’elle pouvait l’être, évidemment. Car il fallait bien admettre que la dame en noir ne respirait ni la joie de vivre ni la sympathie, mais plutôt quelque chose d’austère, voir presque morbide. Et son activité ainsi que son attitude n’étaient nullement pour aider dans cette pensée-là.

Et la matinée qui s’en suivit n’eut rien de bien différent des autres. C’était toujours la même routine, d’où le fait qu’on l’appelait ainsi après tout. De la paperasse à remplir, des appels à passer. Des clients ou futurs clients venant prendre des renseignements ou un possible rendez-vous. Des familles éplorées et d’autres semblant presque avoir hâte de pouvoir enfin faire incinérer grand-père, en bref, tout un petit monde hétéroclite qui pourtant ne changeait rien à cette espèce de monotonie omniprésente ici. Et ça n’était nullement un fait dérangeant, du moins pour madame. Après tout, le changement n’avait jamais réellement fait partie des choses qu’elle appréciait.

Pendue au téléphone, elle répondait à quelques questions d’une cliente visiblement un peu trop pointilleuse à son goût. Et même, la culottée avait refusé de discuter avec leur secrétaire, exigeant que cela soit madame ou son époux qui se charge de la renseigner. Et malheureusement, le client était roi, et elle n’avait eu d’autres choix que de s’y plier, un air profondément ennuyé peint sur son minois. C’en était presque insultant à vrai dire, autant pour elle qui avait mieux à faire que pour la demoiselle soigneusement choisie par leurs soins. C’était dire à quel point de nos jours le monde manquait de respect envers autrui. Enfin, se lancer sur ce sujet-là n’était peut-être pas la meilleure chose à faire; elle pourrait continuer des heures durant.

Lorsqu’enfin la fameuse cliente eut assez de renseignements, le tout pour dire qu’elle n’était finalement pas intéressée par leurs services. Ce qui eut le don d’empirer son humeur déjà quelque peu orageuse, elle raccrocha, peut-être un peu trop brusquement, troublant le silence des lieux. Ou du moins son calme. Un souffle agacé quitta ses lèvres carmines, avant qu’elle ne quitte sa chaise et ne disparaisse vers l’arrière-boutique, en quête de thé. A croire que c’était là le remède à bien des maux.

Le tintement de la cloche d’entrée attira très vite son attention. C’était le signe que sa pause thé était terminée. Et où était donc son époux ? Jamais là où il le fallait, visiblement. La voilà donc qui se retrouva à devoir aller accueillir le nouveau client. Ou cliente, à vrai dire.
Une jeune femme blonde, plutôt charmante, et visiblement ayant l’air de chercher quelqu’un. Ou quelque chose. Et c’est pourquoi, s’armant de son plus beau sourire, enfin, d’un semblant de sourire, qu’elle se rapprocha.

« Bonjour. Je peux faire quelque chose pour vous ? »

Parfaitement aimable, en bonne commerciale. Ou presque. Parce qu’elle avait toujours quelque chose d’assez… Étrange. Ou peut-être étaient-ce les lieux. Qui sait.


Malfatto Dell'Orefice
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Dim 3 Aoû - 14:32

Malfatto se surprenait parfois à fixer la grille de ventilation durant plusieurs secondes, figé dans son activité du moment. A penser, aussi, à quel point il serait aisé de se retrouver sur la table pour peu qu’il la boucherait. Formol, méthanol, mercurochrome … L’un d’eux feraient sans doute le boulot plus rapidement qu’une infection bactérienne. Oh comme on leur avait rabâché les danger de la contamination bactérienne, et comme il s’était bien souvent pris à apprécier de courir le risque, de jouer si près avec la mort.

Malfatto se disait parfois qu’il serait mieux de rester figé dans le présent que de laisser le futur avancer.

Durant ce lapse d’absentéisme, son regard avait glissé de la ventilation –qui émettait, fort heureusement, toujours son murmure ambiant- au bidon de produit chimique soigneusement étiqueté, où il pouvait reconnaître sa propre écriture et celle de Narcisa. Un profond soupir fut poussé, puis l’homme retourna à l’inventaire minutieux des-dits produits. Par ces temps, le couple avait dû redoubler de rigueur pour ne pas manquer à quoi que ce soit. L’entreprise n’avait jamais été aussi prolifique et il ne s’était jamais aussi peu ennuyé. Comme quoi, les heures sombres du monde pouvaient profiter à certains.

Et le tintement de la cloche d’entrée ne put que certifier cette pensée.

Plus rapide que lui, sa conjointe avait déjà accueilli la jeune femme. Il se contenta de se glisser à ses côtés, aussi discret qu’une ombre –probablement trop pour ne pas surprendre la petite inconnue. Elle n’avait pas réellement la dégaine d’une cliente, ce qui eut pour effet de le décevoir profondément. Les endeuillés n’amenaient pas de calepin pour noter attentivement les détails et conditions de leurs services, encore moins pour y inscrire le processus de thanatopraxie –fort malheureusement, car Malfatto aurait pris un énorme plaisir à le raconter, voir même à le monter aux plus intéressé. Son travail, aussi déprimant, glauque et psychologiquement difficile était-il, lui plaisait énormément et jamais il ne le troquerait contre un autre.

Alors que sa moitié esquissait un semblant de sourire, lui ne montrait pas la moindre once de sympathie et se contentait de jauger la jeune fille du regard, ce dans le plus grand silence et sans même avoir reposé son carnet d’inventaire. Chacun ses instruments de travail.  


Aline Saël
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Lun 4 Aoû - 19:00

Et si on faisait parler les morts ?
Narcisa & Malfatto


Une première apparition. C'était une femme enveloppée d'une aura … assez obscure. Toutefois, c'était une jolie femme à la chevelure d'ébène. Son visage était empreint de froideur malgré un faible sourire qui tentait de le réchauffer. Bien entendu, Aline ne s'était pas attendu à croiser des personnes débordantes de joie de vivre en de pareils lieux. Le métier de thanatopracteur ne devait pas être plus facile que celui de journaliste. Au même titre qu'Aline devait satisfaire ses lecteurs, eux devaient savoir comment accueillir et répondre au mieux aux attentes des familles. En somme, rien de bien évident quand on plantait le décor d'une famille déchirée après un décès. Toujours est-il qu'Aline n'était pas là pour ça.

Armée d'un sourire, elle s'apprêtait à répondre quand un homme fit son apparition dans la pièce. Si la femme avait essayé de mettre Aline un minimum à l'aise, il n'en fit rien. Lui aussi avait un carnet à la main mais il n'en faisait sans doute pas la même utilisation que la jeune journaliste. Par ailleurs, à la façon dont il la regardait, Aline comprenait qu'il attendait de savoir lui aussi ce qu'elle voulait. Alors, elle ne les fit pas attendre plus longtemps et répondit en souriant, son carnet à la main et sa voix pleine d'assurance.

« - Je suppose que vous êtes Monsieur et Madame Dell'Orifece ? » Aline enchaina, persuadée d'avoir raison puisqu'ils ne semblaient pas être déroutés ou quoi que ce soit qui puisse l'amener à penser l'inverse. « Pardonnez moi d'abuser de votre temps mais j'aurais aimé vous poser quelques questions si cela ne vous dérange pas trop. Ce ne sera pas long. »

Généralement, les journalistes faisaient peur. Lorsqu'Aline avait déjà été chercher des témoignages, il y avait eu plusieurs réactions. Ceux qui acceptent de coopérer et répondent docilement aux questions en essayant d'être le plus complet possible afin d'aider. Autant dire que ce cas était rare. Il y avait ceux qui acceptaient mais qui restaient méfiants. Comme si, dès la fin de l'entretien, ils allaient se faire zigouiller pour avoir parlé. D'autres refusaient clairement ou non de parler par peur de s'attirer des ennuies. C'était compréhensible par les temps qui courent mais ça n'aidait en rien Aline dans son boulot. C'est pourquoi, elle espérait que le couple Dell'Orifece puisse l'aider à trouver quelques indices supplémentaires. Cependant, elle devait se montrer convaincante et rassurante. C'est pourquoi, Aline ajouta :

« - Voyez-vous, j'enquête sur les meurtres qui ont lieu ici même, à Venise. Et j'aurais aimé vous poser quelques questions au sujet des victimes que vous avez été amené à … rencontrer. »

Certes, elle avait peut-être mal choisi son dernier mot. Mais, Aline, bien qu'elle ne laisse rien paraître, ne se sentait absolument pas à l'aise dans cette pièce. Ce n'était pas la faute du couple mais plutôt, des souvenirs qu'Aline se remémorait par rapport à ces lieux. Déjà tant d'années qu'elle avait perdu son père et pourtant, elle se souvenait encore du visage ruisselant de larmes de sa mère lorsque celle-ci avait réclamé pour son mari un enterrement digne de lui.



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