DRAMATIS PERSONAE

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CONTEXTE

Venise a sombré, Venise a peur. L'eau s'est teintée de rouge, les rues devenues dangereuses. Cette ville autrefois si magnifique, si belle, comme un petit paradis sur terre est devenue froide et lugubre. À la recherche d'une jeunesse éternelle, deux organismes s'affrontent dans les rues de Venise dans un jeu de meurtre inlassable.

Aileen LevyAres RiveiraMnemosyne
06.08

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Celeste Dell'Anna
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Sam 26 Juil - 11:56

Numéro de rapport 2863-3, cellule de dégrisement n°3, 4h05.

Le sujet en fuite a été appréhendé et mis en cellule. Accusé de trouble de l’ordre public, délit de fuite, état d’ébriété sur la voie publique et vol. Le prévenu est déjà connu des services de police dans une affaire de paris illégaux. Actuellement en dégrisement, l’interrogatoire commencera à son réveil.

Numéro de rapport 2863-4, salle d’interrogatoire n°2, 6h35.

Le sujet est réveillé, l’interrogatoire commence.


Assise d’un côté de la table, les cheveux encore mouillés, elle feuillette les dossiers devant elle. L’affaire du Gatto Nero, les interrogatoires et témoignages. Les rapports 2863-1 et 2863-2. Le premier, l’appel d’un témoin d’une bagarre dans un bar. Selon lui, un homme sous l’emprise de l’alcool en a attaqué un autre et la situation a dégénéré. Il a décrit le responsable comme grand, maigre, blond, les cheveux longs, vêtu d’une chemise blanche tâchée de sang et d’un pantalon de lin beige, avec une marque dans la main. Celeste a été sur place avec quelques-uns de ses hommes pour gérer le problème. Arrivés sur place, ça avait empiré et la bagarre était générale. Ils ont arrêté tout le monde mais le responsable avait disparu. Le second rapport relate les interrogatoires de chaque personne appréhendée. Le suspect serait parti selon eux en direction du quartier Saint Marc. Son service normalement terminé, Celeste a laissé ses hommes embarquer tout le monde. Elle aurait dû rentrer. Elle aurait dû laisser quelqu’un d’autre s’occuper de la recherche du suspect. Mais la description lui rappelait trop bien un suspect d’une autre affaire.

Face à elle, l’objet de sa nuit blanche. Trempé jusqu’aux os, une couverture sur le dos, il semble crispé mais tente de faire bonne figure. Il lui doit des explications. Elle ne s’est pas occupée de son interrogatoire la dernière fois, elle se doute qu’il va essayer de l’embrouiller, de mentir. Ce serait bien son genre… Elle se souvient encore de ses clins d’œil quand il a été libéré sur caution. La matinée va être longue.

« Nom, Dante Della Scala… Âge, 26 ans. Nationalité, Italo-Autrichienne. Bon, vous m’expliquez comment on s’est retrouvés sur une gondole volée ? »

Dante T. Della Scala
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Mer 30 Juil - 19:09


Welcome to the karma café
YOU GET SERVED WHAT YOU DESERVED

LLa cellule de dégrisement portait décidément mal son nom.  Et quelqu’un là-bas était plutôt bien placé pour le savoir.  Cela faisait près d’un quart d’heure que Dante, les yeux vitreux,  y fixait la porte anthracite, les murs grisonnants et la table en inox où s’accumulait crasse et poussière. Le silence, quant à lui, n’était troublé que par les lourdes  gouttes d’eau, ruisselant de ses cheveux trempés et par le bruissement de la couverture de survie qui recouvrait ses épaules.   La vision embuée par le mélange d’alcool et de fatigue, c’est ainsi que le détenu se laissa bercer par le faible grésillement des néons et  sombra dans un sommeil sans rêve.  

Lorsque Dante commença à émerger réellement, il était en train d’avancer dans le couloir du commissariat, les mains menottées dans le dos.  Sa léthargie prit définitivement fin lorsqu’une voix grave s’éleva depuis le premier bureau. Une voix qu’il aurait reconnu entre mille.

Cette enflure me doit de l’argent depuis trois mois et il a eu le culot de me dire qu’il me reconnaissait pas!

Dante baissa instinctivement la tête et accéléra le pas, si bien que l’agent derrière lui en fut surpris. En huit ans de carrière, le policier n’avait jamais vu un prévenu aussi impatient d’être interrogé.  Lorsqu’ils franchirent tout deux le pas de la salle d’interrogatoire —ou de torture, choisissez donc  l’option qui vous convainc le plus—,  le lieutenant Dell’Anna était déjà assise.  Pendant un instant, le jeune homme menotté crut voir le chien des enfers en personne, l’air maussade et le pelage humide en prime. Le sort s’acharnait.  Niveau canidés, il avait pourtant déjà donné.    

Dante, accoudé à la table,  massa ses tempes endolories et inspira profondément.  Il fallait la jouer fine sur ce coup.  

Vous savez agent Dell’Anna, si vous teniez tellement à me revoir, il ne fallait pas se donner tant de mal.  Vous n’aviez qu’à m’appeler. Pour vous j’aurais décroché, j’vous assure.

Pour bien finir sa petite fumisterie, il lui décocha son sourire d’ange.  Une des cartes maitresses de son jeu.  Une dont il était le plus fier. Mais son humeur retomba vite. A voir la tête de son interlocutrice, il comprit immédiatement que son coup venait de tomber…à l’eau.  Ça ne ferait que la seconde fois en l’espace de quelques heures. Pas de quoi se décourager. Il repartit alors directement à l'assaut:

Tout est beaucoup plus simple qu’il n’y parait. Il ne s’agit que d’une  horrible méprise et je peux tout vous expliquer, ma très chère  Celeste. Je peux vous appeler Celeste, n’est-ce pas ?
 

SOMETIMES I PRETEND TO BE NORMAL

J’étais assis tranquillement au comptoir  du Mori Venice.  Une soirée tranquille comme tant d’autres : un petit martini dry, deux olives, mais sans glaçon (le serveur là-bas a tendance à servir des icebergs, c’est immonde). Vous voyez un peu le tableau, non ? Et tout d’un coup, ce type débarque. Grand, blond, plutôt bel homme (je l’avoue…mais pas aussi séduisant que vous, je vous rassure).  Et là, je sais exactement ce que vous allez me dire : ce portrait me dit quelque chose. Vous aurez raison.  On aurait dit Brad Pitt dans les années 80.  Chevelure de surfer et sourire Hollywood.  Tout pareil.  C’est dingue, non ?  Je disais donc, il est arrivé et s’est assis près de moi. Après ça, tout a dégénéré. Il a commencé à faire des choses totalement insensées, du genre... insulter la mère d’un client. Je me souviens exactement de ce qu’il a dit tout haut sans détourner le regard de son verre :

La mère de Rodrigue, elle est tellement grosse qu’elle passe pas sous le pont du Rialto.

Vous avouerez que ce type a de l’humour….mais c’est mal. Oui, c’est vraiment mal. On attaque pas les mères.  Toujours est-il  qu’à ce moment-là, le fameux Rodrigue s’est levé et a cru que c’était moi.  Il a voulu me frapper et j’ai esquivé. D’ailleurs ce que vous voyez là, sur ma toute nouvelle chemise en cachemire (ça va me couter un bras au pressing, vous pensez que je peux portez plainte ?), c’est le sang de mon voisin. Lui, par contre, il a pas eu assez de réflexe. Ça a giclé, j’vous raconte pas, c’était terrible. Enfin bref, un coup en entrainant un autre, ça a tourné en bagarre générale et je dois vous avouer que je ne suis pas un partisan de violence gratuite. C’est mon côté Gandhi.  Donc je suis parti…mais si vous avez bien suivi toute l’histoire, celui que vous recherchez à la base, c’est pas moi. C’est Brad Pitt.  



Celeste Dell'Anna
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Sam 2 Aoû - 9:34

Mensonges. Mensonges. Mensonges. Trop d'un coup. Son estomac se serrait, l'envie de vomir revenait. Nausée. Elle se leva, chancelant un peu, toqua à la porte, fit signe au suspect de continuer. Un de ses collègues ouvrit, elle lui murmura quelques mots, difficilement. Il disparu un instant, et revint avec une bouteille d'eau. Elle le remercia d'un signe de tête, referma, se rassit à sa place. Il parlait encore, déblatérait ses inepties. Elle but une gorgée, lentement. Calmer le reflux.

« ...si vous avez bien suivi toute l’histoire, celui que vous recherchez à la base, c’est pas moi. C’est Brad Pitt. »

Rire jaune. Il semblait si sûr de lui. Elle démonterait ses arguments un à un. Elle fouilla ses papiers. Déclaration de Fabio Velucce. Elle lui mit sous le nez.

« Fabio Velucce, serveur au Mori Venice. A déclaré qu'il vous avait servi au moins 6 verres avant que vous n'agressiez un homme de petite taille, brun, et non pas Brad Pitt, bien qu'avec les grammes d'alcool que vous aviez dans le sang je doute que pouviez voir une différence. L'agression donc... »

Elle parcouru son dossier, assez épais cela dit, et en sorti une autre déclaration, qu'elle posa par dessus la première sous les yeux de Della Scala.

« Voici l'homme en question. Vous auriez, devant témoins, qui ont tous confirmé cette version - dit-elle en sortant une pile d'une trentaine de déclarations - insulté sa mère (on n'insulte pas les mères, n'est-ce pas ?) avant de vous jeter sur lui pour lui décrocher une droite. Le légiste a confirmé les blessures. Il a porté plainte, d'ailleurs. Je pense que c'est son sang, sur votre chemise (je refuse d'enregistrer votre plainte à ce propos). C'est en tentant de vous séparer que d'autres hommes se sont retrouvés impliqués, avant que ça tourne en bagarre générale. »

Elle se leva, la nausée quelque peu calmée, et fit quelques pas. Elle commençait à se détendre. Mis à part son alumnus peu ragoutant, elle appréciait les interrogatoires avec lui. C'était presque un jeu. La lassitude, cependant, venait avec la fatigue.

« Vous êtes en effet parti, ce qui vous vaut sur l'addition un délit de fuite. Pour Brad Pitt... elle le regarda de haut en bas, on repassera. Il vous manque quelques muscles. Sur ce, j'attends la suite de vos explications, mais évitez de mentir si vous ne voulez pas que je vous vomisse dessus. Vous savez, mon alumnus. Oui, vous devez très certainement vous en souvenir au vu de notre dernier interrogatoire... Ce serait dommage de devoir jeter ce pantalon-là aussi. »

Dante T. Della Scala
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Mar 5 Aoû - 21:19


I really need another day
BETWEEN SATURDAY AND SUNDAY

Alors qu’à l’extérieur, la lumière du jour allait croissante, les yeux de Dante s’assombrirent brusquement. Il était resté complètement silencieux, observant attentivement les lèvres de son interlocutrice qui se mouvaient avec une cadence régulière. Accablé au bout de quelques minutes de monologue, il fit basculer sa tête en arrière et souffla bruyamment. Sous son poids, la chaise  émit un grincement désagréable. Sur l’instant, il lui sembla que le siège s’était fait le porte-parole de tous ses muscles endoloris, gémissant à leur place. Lorsqu’il reprit sa position initiale, il plaqua ses deux mains contre la table et regarda le lieutenant Dell’Anna droit dans les yeux. En plongeant dans ses prunelles limpides, il avait soudainement retrouvé la mémoire. Mais quel imbécile.  Comment avait-il pu oublier ?  Une année s’était envolée depuis leur première rencontre et entre-temps beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts. De l’eau opaque, teintée de rouge.  Voilà ce qu’il s’était passé.  

Bon ok.  Je vois que vous avez déjà bien fait votre boulot. Enfin, vous pensez l’avoir bien fait.  Mais laissez-moi une chance de vous raconter toute cette histoire en détail.  Sans mensonge.  

Toute la vérité, rien que la vérité.  Il jura.  

I DO NOT GET DRUNK BUT AWESOME

J’avais déjà bien bu (gin tonic, pas martini dry, si vous voulez tout savoir) quand cette fille est arrivée et s’est assise au bar.  Une jolie brune du nom de Marzia…Melinda ou Miranda ou…peu importe, appelons-la Bonnet D, c’est ce qu’il lui va le mieux dans mes souvenirs.  Donc j’ai commencé à discuter avec Bonnet D. On a parlé de tout et de rien, je lui ai raconté un peu ma vie…enfin, je lui ai dit que j’étais avocat international.  Ne me regardez pas comme ça ! Les gens baratinent tous quand ils draguent juste pour un coup d’un soir.  Bref, tout allait pour le mieux et Rodrigue a débarqué. Ce petit homme brun comme vous dites.  Oui, je le connais. Il m’a prêté un peu de liquide y a quelques temps (mais je jure que j’allais le rembourser…enfin pas dans l’immédiat, mais un jour). En arrivant,  il a posé sa main sur mon épaule et l’a littéralement broyé. Tout bas, il m’a demandé de lui rendre son argent.  J’ai souris tant bien que mal et oui…j’ai fait celui qui le reconnaissait pas. D’accord, c’était peut-être pas malin mais j’avais pas envie de faire fuir Bonnet D.  Le problème, à ce moment –là,  c’est que Rodrigue a commencé à me faire un scandale.  La demoiselle —qui apparemment n’était pas que jolie— a vite compris que je lui avais menti alors en réponse, elle m’a envoyé son Bloody Mary à la figure puis elle s’est barrée.  Oui, ne vous méprenez pas, ce ceci n’est pas du sang (contrairement à ce tous vos pochtrons…enfin vos témoins rapportent), mais du jus de tomate à la vodka (vous pourrez faire les analyses si ça vous chante).  Au moment où Bonnet D s’est levé, Rodrigue m’a lancé un regard de tueur et m’a dit un truc du genre :

On va régler ça dehors, mon gars !

Sous le coup de l’alcool, j’ai dû lui répondre quelque chose comme :

Et pourquoi pas là, maintenant ?

Après cela, je me rappelle que mon poing est parti tout seul.  De toute façon, ce type allait me fracasser le crâne dans le caniveau, qu’est-ce que je pouvais y faire ? Ensuite, tout s’est enchainé comme vous l’avez dit : des clients se sont interposés et ça a mal tourné. Dans le chaos j’ai réussi à me faufiler à l’extérieur et à fausser compagnie à tout ce beau monde.  Maintenant, il n’y a vraiment qu’un seul détail qui me chagrine : pourquoi suis-je ici alors que dehors, le type qui a volé ma gabardine doit sûrement bien en profiter ?  




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