DRAMATIS PERSONAE

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CONTEXTE

Venise a sombré, Venise a peur. L'eau s'est teintée de rouge, les rues devenues dangereuses. Cette ville autrefois si magnifique, si belle, comme un petit paradis sur terre est devenue froide et lugubre. À la recherche d'une jeunesse éternelle, deux organismes s'affrontent dans les rues de Venise dans un jeu de meurtre inlassable.

Aileen LevyAres RiveiraMnemosyne
06.08

On fait le plein de nouveauté! C'est par ici.

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Harlequin ♢ L'or véritable ne craint pas le feu

Harlequin
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Lun 28 Juil - 19:13




harlequin




Nom • Andrea Stazzo
Pseudonyme • Harlequin
Age • 19 ans
Nationnalité • Italienne
Luvenis Circus • Salvateur (Cracheur de feu) • Héritier

Alumnus • Ignis Tactum Toucher incendiaire ─
Harlequin a presque perdu le sens du toucher. Et pour cause, tout ce qui touche sa peau s'embrase et brûle. D'abord ça chauffe, lentement, puis ça noircit, ça se tord et ça craque, parfois. Et ensuite la première flamme surgit et si ça brûle, elle le dévore. Tout ce qui a été précieux, mais aussi tout ce qui est utile. La vie n'est pas facile, avec une malédiction pareille. Par chance, ça ne fonctionne pas sur toutes les matières. La soie et la laine naturelles, par exemple, lui résistent à merveille. La pierre noircit, mais la combustion est incomplète (car le feu d'Harlequin n'est qu'un feu ordinaire, d'environ 600°C). Certains métaux l'ignorent totalement d'ailleurs, car il reste largement en dessous de leur température de fusion. En revanche, depuis l'apparition de son Alumnus, il n'a pas touché de personne, ou en tout cas jamais assez longtemps, à part lui-même, et si manifestement il a eu la chance dans son malheur de devenir ignifugé, il ignore ce qu'il en est pour les autres gens, et même les animaux. Il ignore que ça ne fonctionne pas non plus sur eux.





persona


Harlequin. Le coloré, le personnage fantasque dans le carnaval, le modèle de la comedia dell'arte. Le valet au pauvre costume rapiécé. C'était le héro d'Andrea quand il était enfant. Et quand il est parti de chez lui, il n'a pas résisté, il est devenu Harlequin.

Il faut dire qu'il est un peu fantasque, lui aussi. Avec son large sourire charmeur et ses mots doux, d'une pirouette trop loin pour être touché. Il est tant habile avec les mots qu'en farandole, et il n'hésite pas à endormir les esprits un peu lents pour obtenir ce qu'il veut. Ou plutôt, ce dont il a besoin. Il a longtemps vécu au jour le jour, et alors a vite réalisé que si le fou vole un poisson, le sage vole une canne à pêche. Et malgré cette vie très rude, il a toujours gardé la tête haute, il a toujours refusé qu'on dise de lui que son père l'avait mal élevé.

Car, oh, oui, il est fier, l'Harle. Il connait ses talents. Qui croirait voir un gamin excentrique et rien d'autre s'y tromperait ! Il est intelligent, l'Harle, et mon dieu qu'il le sait. Il aime être admiré, quand il montre au monde son plus beau spectacle. Il s'assure que chaque regard soit braqué sur lui et que dans tous les yeux se reflètent mille et unes étoiles. Il n'a pas besoin qu'on voit son visage ou qu'on retienne son nom, il veut seulement qu'on se souvienne du prodige qu'il a été capable d'accomplir. Oui... Il n'a pas peur d'utiliser de grands mots pour parler de ses tours sous le chapiteau. La prétention est sans doute son vilain défaut.

Et pourtant, il est une petite contradiction à lui seul, quand on sait ce qu'il y a au fond de lui. La vie qu'il a mené n'a pas été tendre avec lui, elle lui a appris des choses que les enfants devraient ignorer. Mais elle lui en a aussi montré d'autres magnifiques. Il a été assez fort quand il l'a fallu, il n'a pas perdu foi en l'humanité toute entière. Il a décidé d'essayer de devenir plus sage. Pour quelqu'un d'aussi égocentrique, il est paradoxalement parfois très soucieux des autres. Lui, il le sait, que ce n'est pas facile d'être humain.

Hélas on ne prend que rarement le temps de l'apprendre, car si avec ses paroles enjouées et ses gestes enjôleurs, il s'attire souvent l'affection - ou la défection, avec une personnalité comme la sienne, pas de demi-mesure - il n'a pas d'ami profond qui le connaisse entièrement. Les choses lui conviennent comme ça. Il aime ça, être une l'image qu'il donne à voir pour tous ceux qui ne prennent pas la peine de regarder mieux, le fantasme de certains, l'idée révoltante des autres. Lui aussi, il a endossé un costume fait de centaines de morceaux de tissu. Lui aussi, il est l'Harlequin.





histoire


COMMENT DEVIENT-ON CRACHEUR DE FEU ?
C'est très simple. Pour commencer, il faut un père pyromane.


La famille d'Andrea Stazzo se résumait à Valentino Stazzo, son père. C'était un père célibataire, un père un peu trop jeune. Il avait seulement 17 ans de plus qu'Andrea. C'était bien le cadet de leur soucis, à eux, mais pas à ceux qui les regardaient de travers. Et il y en avait un peu trop souvent.

Valentino Stazzo, loin des stéréotypes de déséquilibrés, n'était pas un fou ou un monstre. C'était un jeune père qui possédait un minuscule terrain en bordure de Pesaro, une petite ville littorale. Il vivait dans sa caravane, avec son fil, il faisait toujours bien attention à ce que celui-ci mange bien, aille à l'école et fasse ses devoirs correctement. Il travaillait comme vitrier, et ne gagnait pas beaucoup d’argent, il comptait un peu ses centimes. Mais en même temps, il conservait toujours une clé en or à son cou.

C’était un homme très rêveur, qui racontait énormément d’histoires. Des petits contes, des aventures. Régulièrement, il y avait cette fable incompréhensible qui revenait aux oreilles d’Andrea. Contrairement aux autres, Valentino la lui racontait toujours avec exactement les mêmes mots. Inexorablement, rigoureusement les mêmes mots. Ca parlait de la Fontaine de Jouvence, de son eau miraculeuse, et d’un secret mystérieux. Il y avait une clé et un groupe de personnes qui devaient faire face à l’adversité. Andrea n’y comprenait rien, ce devait être une de ces choses qui ne prennent du sens que quand on grandit. C’était comme un poème, Andrea devait le connaitre par cœur. Valentino, parfois le lui faisait réciter, et il était long, mais le petit garçon y arrivait de mieux en mieux.
Valentino Stazzo était donc un merveilleux père. Et il avait une passion : le feu.

Régulièrement, les week-end durant lesquels il ne travaillait pas, il emmenait Andrea dans une petite cabane abandonnée, sur la plage, et pendant quelques heures, ils y démarraient des petits feux. Au début, pour Andrea, c'était un exercice, comme de la chimie, parce qu’il fallait être précis quand on essayait des choses, il fallait savoir comment telle matière allait brûler, avec quel combustible ou quel ralentisseur. Puis progressivement, c'était devenu un loisir. Ce qu’ils faisaient étaient un petit peu interdit, alors c’était comme partir à l’aventure. Son père s'y connaissait bien, il lui répétait souvent :

─ Tu sais, fils, le feu, ça peut être maîtrisé, mais sans maîtrise, c'est très dangereux.

Andrea savait que son père ne se limitait pas à la cabane sur la plage. Parce que ce n'étaient que des petits feux de camp qu'ils y montaient, et ce qu'aimait son père à la folie, c'était les incendies. Il savait que parfois, il allait mettre le feu à des bâtiments désaffectés, là bas, dans l'ancienne petite zone industrielle. Il savait aussi qu'il les éteignait et qu’il faisait toujours très attention, parce qu'aucun journal ne parlait jamais d'un incendie.

Lui, le feu... Bah. Il aimait bien ça, quand il avait froid il aimait beaucoup, même, mais sans plus. C'était joli, il comprenait pourquoi son père en avait une telle adoration, mais lui ça ne le fascinait pas. Son père disait que le feu était magique, qu'il pouvait murmurer des choses, qu'il était l'un des plus grands paradoxes et l'un des plus grands mystères de ce monde. Mais le mystère qui avait le plus tourmenté l'enfance d'Andrea, ça avait plutôt été sa famille.

Dans son paysage, il n’y avait que Valentino. Il n’y avait qu’un père. Et c’était un père génial. Mais… à l’école, les autres enfants avaient aussi une maman. Et même des cousins, des oncles et des tantes. Ou encore des grands parents, qui avaient des chiens dans des maisons avec jardins.
Andrea n’avait qu’un père…

Il ne posait pas beaucoup de questions, parce Valentino n’y répondait généralement pas, il disait que la famille dans laquelle on naissait, ce n’était pas quelque chose qu’on pouvait choisir, mais que la famille qu’on formait, on pouvait, et qu’il fallait faire attention à ses choix.
Pourtant, il lui raconta un jour à Andra la petite histoire qui répondait à pourquoi j'ai pas de maman et pourquoi on vit dans une caravane. Habiter là dedans ne dérangeait pas du tout Andrea, à vrai dire il ne se sentait pas à l’aise dans les pièces trop grandes, mais… on le regardait toujours bizarrement, à l’école. Ses amis n’aimaient pas venir ici. D’ailleurs, ses amis n’en étaient pas vraiment.
C'était une belle histoire. Une triste histoire. Valentino la raconta à son fils un soir d'été, pendant les grandes vacances, alors que le soleil rasant entrait par brassés par les vitres ouvertes et illuminaient le père en train de préparer une salade composée. Andrea avait 10 ou 11 ans, et la tête encore pleine de cartes aux trésors et de poissons dans le ciel. Et son père voyait bien cette petite lueur de merveilleux au fond de ses grands yeux d’enfant, lui-même était un grand rêveur.

Un rêveur triste.

─ Tout à commencé, dit-il avec ce sourire qu'ont ceux qui ne se souviennent que du douloureux meilleur, alors que j'allumais un feu dans un jardin.

Ah, ça, Andrea l'aurait parié. Il s'était romancé la rencontre de papa et maman des dizaines de fois et ça commençait toujours comme ça, avec papa qui faisait brûler quelque chose.

─ J'étais en train de regarder mes flammes qui prenaient lentement, et je ne faisais pas attention à ce qui se passait autour de moi.

Et pourtant, il buvait les paroles de son père. Lui qui ne savait rien, il voulait tout apprendre. Puisqu'il n'avait jamais vu sa mère, Andrea voulait l'imaginer parfaite. Valentino n’avait jamais parlé de leur famille, à part pour décrire la mère d’Andrea de façon très évasive à chaque fois, il disait qu’il ne fallait pas trop remuer les secrets. Il disait que la seule différence entre le feu et un secret, c’était qu’on ne pouvait pas maîtriser le secret.

─ Et là, quelqu'un s'écrit derrière moi : "Mais ça va pas !? C'est dangereux !". Et tu devines qui c'était ?
─ C'était maman ! s’écria l’enfant.
─ C'était ta mère, et oui. Je me suis retourné, j'avais peur qu'il ne m'arrive des bricoles si elle en parlait à… mes parents. Et elle était là. Les poings sur les hanches, à me regarder d'un air coléreux. Il y avait un peu de vent, ce jour à, ça agitait sa jupe et ses cheveux.

Valentino sourit. Il revoyait tout ça. Cette scène si douce qui lui rappelait tant de choses.

─ Elle était belle ? demanda Andrea avec ferveur.

C'était une question qu'il avait beaucoup posé. Est-ce que maman était belle, est-ce qu'elle était gentille. Et elle l'était toujours, dans la bouche de Valentino, lui qui savait rêver.

─ Oui, elle était magnifique. C'était la plus belle femme qui j'ai pu voir de ma vie entière. Elle m'a dit que si j'éteignais tout immédiatement, elle ne me dénoncerait pas au doyen. Et je lui ai répondu que je pouvais tout éteindre, mais que j'allais recommencer ensuite, peut-être pas le même jour ou au même endroit, mais j'allais recommencer. Et tu sais ce qu'elle a répondu ?
─ Non ? fit Andrea, suspendu aux lèvres de Valentino qui coupait les tomates.
─ Elle a répondu que dans ce cas, elle allait me surveiller. Et elle l'a fait. C'est de cette façon que j'ai commencé à fréquenter ta mère.

Andrea était un peu trop jeune pour le saisir, mais c'était une histoire d'amour délicate, qui prenait racine sur l'incongruité et un zeste de folie. Ça l'avait été.

─ Et moi, demanda-t-il, je suis arrivé quand ?
─ Oh ! Des années plus tard. A peu près trois ans. Ta mère et moi, on s'est connu à l'âge de 14 ans. Quand j'y repense, c'est un miracle qu'on soit restés ensemble.
─ Pourquoi ?
─ Parce que… Ma famille était très compliquée. Et parce qu’à 14 ans, on est encore un enfant, tu sais ? On est volage, et les amourettes ne sont pas aussi précieuses.

Andrea fit immédiatement le recoupement avec tous les récits romantiques qu'il connaissait :

─ Vous étiez peut-être des âmes sœur !

Son père rit de bon cœur.

─ Oui... Peut-être. Quand j'ai appris que ta mère était enceinte, j'avais 17 ans. J'ai décidé de le cacher à ma famille et de partir avec elle pour commencer à travailler.

Cette histoire là, Valentino la lui avait déjà racontée. Il avait prit de l’argent à sa famille et il était venu à Pesaro pour mener une vie tranquille. Il disait qu’on devait choisir la vie qu’on voulait mener, et pas être soumis aux secrets du passé. Il disait que quand Andrea serait en âge de comprendre la fable, il pourrait choisir, lui aussi.

─ Tu es né là-bas. A Venise, continua Valentino.
─ Venise…

C’était une ville de conte de fées, pour le petit garçon, il avait ses grands yeux d’enfants soudain pleins de gondoles et de masques de carnaval.

─ Et oui...

Le père soupira. Il remua de contenu du saladier en regardant le soleil être progressivement grignoté par l'horizon. Lui, il semblait ne pas aimer cette ville, loin au nord de Pesaro.

─ Je voulais partir avec elle. Nous étions jeunes, et bêtes, mais je pensais qu’il suffisait de le vouloir pour s’enfuir. Elle, toi et moi. Il suffisait de partir pour construire la famille que nous voulions avoir.

…Mais elle n’était pas là.

─ Nous avions décidé de partir la nuit... Tu étais un nouveau né, ce n’était pas très prudent. On s’était donné rendez-vous sur le continent, à la gare routière.

Valentino avait perdu son sourire, et le cœur d'Andrea se serrait. Il connaissait la fin de l'histoire : sa mère n'était plus là. Mais tant que son père n'avait pas raconté ce qui était tragique, alors cette histoire était une idylle. Seulement une idylle.

─ Elle n'est jamais venue... A la tombée de la nuit, je me suis inquiété, je t'ai pris dans les bras et je suis allé voir ce qui se passait. J'avais peur qu'elle ait eu un accident, ou quelque chose, alors je suis revenu en ville. Je l’ai cherchée pendant des heures, avec toi à moitié caché dans mes vêtements pour te protéger du froid.
─ Alors ? Elle avait eu un accident ?
─ Non.

Il marqua une petite pause. Cette scène aussi, il la revivait, et elle n'était pas aussi belle. Andrea regrettait de ne pas pouvoir sauter dans les souvenirs de son père et les revivre avec lui. Il pouvait raconter, mais ce serait toujours ses souvenirs à lui, enfermés dans sa tête. Andrea était jaloux pour ça. Lui, il ne verrait jamais sa mère.

─ Mon père avait prévenu sa famille, ses frères l’ont empêchée de partir.

La réalité les avait rattrapés. Andrea baissa les yeux.

─ Mais… pourquoi il a fait ça ?!

Andrea avait la bouche grande ouverte, outragé, accroché à la table et dans l’attente de la suite.

─ Parce qu’il ne voulait pas que je parte, moi non plus. Il pensait que je resterais si ta mère ne pouvait pas venir avec moi. Seulement… On avait convenu qu’en cas de problème, celui qui t’avais partait le premier, que l’autre le rejoindrai plus tard. Alors j’ai pris l’autobus, avec toi dans les bras.
─ Mais… Tu ne l'as jamais revue ?
─ Jamais.

C'était trop triste…

─ Elle va revenir un jour ?

Andrea savait bien que non. Il forçait pour ne pas pleurer - les garçons, ça ne pleure pas, pleurer c'est un truc de fille ! - et alors que son père posait la salade sur la table, lui descendit de son siège, contourna le mobilier salon de la caravane et lui fit un câlin.

─ Je ne sais pas... Je l'attends.

Ca faisait dix ans.

─ Elle s'appelait comment ? chuchota le fils, le visage caché contre les vêtements de son père.
─ Adelina.

Et dans sa bouche, c'était le plus beau prénom du monde.

─ Et la maison que vous vouliez construire ?
─ Je l'attends. C'est elle qui devait faire les plans.
─ Mais tu as toujours l'argent ?

Valentino lui ébouriffa les cheveux affectueusement pour qu'il se détache de lui et le fit s'asseoir devant son assiette pour le servir.

─ Oui... Comme ça, quand elle reviendra, on pourra la construire.

Andrea réalisa soudain une chose. Une chose qui arriva avec force et violence, qui pénétra son âme comme un froid profond. Une chose qui imprégna jusqu’à ses os, fermement saisis. Rêver, ce n'était pas seulement rêver. Rêver, c'était une façon de vivre, c’était une façon de voir le monde. C'en était trop, pour lui, et cette fois, il se mit vraiment à pleurer.

─ Là, là, murmura son père en lui frottant le dos. Tiens. Regarde.

Il détacha la clé en or qu’il avait toujours autour du cou et la glissa dans sa main.

─ Tu vois ça ? C’est quelque chose d’extrêmement précieux. Jusque là je la gardais pour toi, mais… Maintenant, tu es un grand garçon, Andrea. Tu peux t’en charger toi-même.

L’enfant essuya ses larmes avec sa manche et tendit une main, dans laquelle son père déposa la clé doré, puis sa chainette. Elle était très jolie. C’était la première fois qu’Andrea la touchait, elle était un peu plus lourde que ce à quoi il s’attendait.

─ Elle ouvre quoi ? fit-il d’une toute petite voix.

Valentino, pour toute réponse, lui caressa les cheveux. Andrea regarda l’objet avec attention. Dans la fable qu’il connaissait par cœur, il y avait une clé en or transmise de génération en génération selon un procédé très rigoureux, toujours au plus vieux des fils. Andrea comprenait très bien l’importance qu’elle avait. Enfin, en tout cas il savait qu’elle était très précieuse, il la touchait du bout des doigts.

─ C’est la même clé que dans l’histoire, hein ?
─ Et oui.

Il le savait.

─ Alors… c’est… réel ?

Comme son père lui ébouriffa les cheveux une nouvelle fois, Andrea crut qu’il ne répondrait pas.

─ Si tu le veux, ça peut devenir réel. Mais ce n’est pas obligé.



Ensuite, il faut faire une fugue.

Quatre ans plus tard, il y en a maintenant cinq, quelque chose d'incroyable se produisit. Ca avait commencé dans la journée, au collège. Il y avait eu le feu dans la cour et personne ne se l'expliquait. Sur le chemin du retour, le carnet de liaison d'Andrea, qu’il avait à la main pour relire et re-relire le mot de la direction expliquant pourquoi l’école terminait à mi journée, avait soudainement prit feu, comme ça ! Dans ses mains ! Il avait couru jusque chez lui et s'était enfermé à double tour, effrayé. Il avait entendu des dizaines de fois des histoires de combustion spontanée - il ne voulait pas mourir brûlé vif ou quelque chose ! Il avait bu beaucoup d'eau, mangé une tomate, pris une douche sur la plage parce que c'était gratuit là-bas, et s'était mis au lit la peau encore humide. Il devait être 14h10, mais il était inexplicablement épuisé. Il s'endormit d'ailleurs très rapidement, en pensant qu'il avait 14 ans, et que c'était à cet âge que ses parents s'étaient rencontrés, que peut-être lui aussi il allait rencontrer une fille.

Il fit un rêve plein de couleurs barbouillées et de danses étranges, avec une pointe de tristesse et des brassées de fleurs peintes à l'aquarelle. Il y avait une odeur familière, aussi. L'odeur de la maîtrise, l'odeur de son père. Il avait du mal à respirer...

En fait ça sentait le feu.

Il se réveilla en sursaut au milieu d'un feu immense qui mordait rageusement, dans un bruit de flamme assourdissant, le sol, les murs, le plafond et les meubles de la caravane. Il était nu au milieu de son lit carbonisé qui avait carrément plié sous la chaleur, et alors qu'il tenta de fuir les flammes dans une panique angoissée, celles-ci le suivirent comme si elles voulaient sa mort. Elles se posèrent là où il avait été, là où les draps étaient encore blancs. Ils noircirent à vu d’œil, rongés par le feu destructeur.

Combustion spontanée...

C'était le milieu de la nuit. Et une seule chose lui vint à l'esprit au moment où il le réalisa, quand un morceau du toit de la caravane tomba et que les flammes s’engouffrèrent vers le ciel à la recherche de plus d'air à respirer.

─ PAPA.

Son père... Il ne réalisa pas qu'il ne brûlait pas, il ne fit pas attention au feu comme celui-ci ne lui faisait pas mal, il chercha dans les décombres qui commençaient à lui tomber dessus le corps de son père.

─ PAPA ! PAPA !

Il ne voulait pas perdre son père. Saisi par l'effroi, il renversa tout ce qui se dressait entre lui et son père. Tout ce qu'il touchait s'enflammait ou fondait. Ses pieds laissaient derrière eux des empreintes de feu, littéralement, des traces en forme de pas d’où s’élevaient des flammes qui se faisaient immédiatement avaler par les autres. Et puis il ne brûlait pas. Il n'avait même pas mal.

...C'était lui. C'était lui qui faisait ça.

Un pan de mur tomba, et Andrea pu voir qu'il n'y avait pas son père, ni là ni nulle part. Il n'avait pas passé la nuit là. Parfois, il faisait ça, il travaillait de nuit. Il n'était pas là.

Il était sauf.

Alors Andrea sortit de la caravane avant qu'elle ne s'écroule sur lui ou avant que la fumée ne l’étouffe. Il voulu s'éloigner, mais l'herbe humide sur laquelle marchaient ses pieds nus se mettait à fumer, et qu'il restait dessus trop longtemps, à brûler elle aussi.

─ Non, non...

C'était impossible, qu'est-ce qu'il pouvait faire ? Est-ce qu'il allait brûler tout ce qu'il toucherait ? Comment est-ce qu'on pouvait vivre dans un monde comme ça ? Il fallait qu'il se fasse soigner, mais par qui ? Où ?

Il se recroquevilla, toujours entièrement nu, à côté de la carcasse mourante de son ancienne maison, là où il ne restait déjà plus que de la terre brûlée qui ne lui tiendrait pas rigueur d'être devenu un monstre. Il se laissa abattre par le plus violent désespoir. Pourquoi lui ? Qu'est-ce que c'était ? Pourquoi ? Il commença par décider d'attendre le lever du soleil et le retour de son père. Peut-être que tout s'arrêterait avec le jour. Peut-être que ce n'était pas réel.

Oui, comment ça pourrait l'être ? Ca n'arrivait pas, dans la vraie vie, quelqu'un qui mettait le feu aux choses seulement en les touchant. Il se releva, rassuré par ces pensées, et essaya de reculer pour constater l'ampleur des dégâts.

Hélas, la réalité le rattrapa et celle-ci dépassait la fiction : l'herbe brûlait sous ses pieds. En fin de compte, non, il ne pouvait pas rester là. Il allait blesser son père, s'il restait là. Il devait partir, et vite.

Mais pour aller où ? Il n'avait que 14 ans, il était nu comme un ver dans la nuit et il n'avait aucune autre famille. Et tout ce qu'il touchait s'enflammait.

Pourtant il fallait bien qu'il parte. Il décidé d'essayer de laisser un mot en creusant dans la terre avec le doigt. Il n'eut presque pas besoin de creuser, à vrai dire, la terre dans laquelle il écrivait noircissait.

Je suis parti
Je t'aime, papa
Andrea


Et après ça, il courut vers la plage. Il ne pourrait pas brûler le sable en longeant la plage. Il ne remarqua qu’à ce moment là que la clé en or autour de son cou était toujours là. La température qu’il dégageait ne devait pas être suffisante, le point de fusion de l’or était à… 1 000, ou 1 200°C. Mais en posant la main dessus, il réalisa que c’était autre chose, parce que l’or aurait du être chaud. Et il était froid. Il n’était pas en train de résister au feu… il était en train de résister au phénomène qui faisait que ce qu’il touchait s’enflammait. L’or était spécial, l’or était isolant pour sa dégénérescence. Il continua de courir jusqu'à ce que ses jambes le lâche, jusqu'à ce que son souffle soit sifflant et effilé. Il ne savait pas où il était. Il était nu, il avait froid. Il avait peur... Il ne savait pas quoi faire.

Il lui fallait des vêtements. Bon. Pas très loin d'ici, il y avait une femme un peu désagréable qui lavait votre linge à la main et l'étendait sur son armée de corde à linge pour une coquette petite somme. On faisait appel à elle pour les tissus vieux ou précieux. Elle aurait peut-être quelque chose qui ne brûlerait pas... Ca existait, les vêtements qui ne craignaient pas le feu... Non ? Andrea n'y connaissait absolument rien, mais s'il voulait trouver quelque chose il faudrait bien qu'il cherche. Il continua de marcher encore une petite heure, jusqu'à arriver à la laverie. La plage était séparée d'elle par une petite pente rocheuse assez abrupte qu'on pouvait escalader sans trop de mal, au sommet de laquelle poussait un olivier. On aurait dit une falaise miniature.

Il n'y avait pas de linge, sur les cordes. Il y avait les cordes mais pas le linge. La laveuse n'étendait probablement pas la nuit... Alors Andrea décida de se coucher contre les rochers humides. C'était affreusement désagréable. Il avait froid, ici, il y avait du vent... Il décida de s'enterrer un peu dans le sable.

...Qu'est-ce qui lui était arrivé ? Pourquoi lui ? Et puis comment ? Qu'est-ce qu'il allait faire, maintenant ? Il n'était qu'un gamin, il n'avait que 14 ans. Il était un peu plus débrouillard que les autres gamins de 14 ans, mais pas au point de s'organiser une vie à partir de rien... Il avait faim, il avait peur. Et personne ne le savait. Personne ne s'en inquiétait. Sans son père, il était seul au monde. Et partir comme ça, ça allait lui briser le cœur... Lui qui avait déjà perdu la femme qu'il aimait, son âme sœur. Il allait croire qu'Andrea avait mis le feu lui-même à la caravane. Enfin c'était le cas, mais pas volontairement. Il penserait peut-être qu'il voulait démarrer un feu et qu'il n'avait pas fait assez attention... Andrea commença à sangloter. Il était épuisé, il vivait trop d'émotions en trop peu de temps. Il ne voulait pas partir de chez lui. Il y avait cette douleur acide, brûlante, là, au fond de son ventre, alors que le vent froid léchait sa nuque vulnérable. La douleur d'avoir perdu son foyer et sa famille, et de n'avoir plus aucun sol sur lequel marcher. Comment s'en sortir ? Il n'allait jamais y arriver... Il n'allait...

Il s'endormit.

Le lendemain matin lui brûla les rétines quand il ouvrit les yeux. Le rocher sur lequel il avait posé son visage avait noircit bizarrement, comme son reflet dans un miroir déformant. Et autour de son corps endolori de ne pas avoir bougé de la nuit, il y avait parfois dans le sable de petits morceaux de verres qui s'étaient formés. Andrea soupira d'abattement. Il voulait juste que ça s'arrête, il voulait être normal. Ca allait bien finir par... simplement partir, non ?

Sans trop de peine, il parvint à escalader la paroi rocheuse. Sa hantise immédiate, c'était que quelqu'un ne passe sur la plage et ne le voit. Il était toujours nu... Et si c'était un pervers ? Oh mon dieu, et s'il lui sautait dessus et se mettait à brûler vif ?

Andrea essaya de ne pas y penser, rien que ça lui retournait l'estomac, et il n'en avait vraiment pas besoin. Il avait envie d'une petite bonne nouvelle, rien de plus...

En arrivant au sommet, il resta accroupis derrière l'olivier qui poussait là le temps que la laveuses et ses assistants, ou quelque soit le nom de ce métier, finissent d'étendre le linge. Il y avait énormément de cordes à linge et énormément de linge. C'était comme des dizaines et des dizaines de rideaux de diverses couleurs. Il y avait de tout, vêtements, parures de lits, tapisseries... Andrea s'avança dans ce labyrinthe textile, en essayant de ne rien toucher. Le soleil tapait directement sur sa peau, et il se disait qu'à force il devrait ressentir l'envie d'au moins passer les mains ses bras, pour atténuer, mais non. En même temps, ç'aurait été un drôle de comble...

L'olivier faisait d'incroyables racines. L'une d'elle ressortait et Andrea ne la vit pas, il trébucha. Et pendant qu'il tombait sur un set de draperies, il vit la catastrophe arriver. Comme dans la caravane. Un monde entier de flammes qui détruisaient tout et qui ne laissait la place qu'à l'horreur et la désolation. La malédiction qui faisait de lui un Midas pauvre.

Il s'écroula, empêtré dans un large drap. Il essaya de bondir avant qu'il ne soit trop tard, mais il savait bien que trop tard, ça l'était, il avait fallu moins de temps que ça à l'herbe sous ses pieds pour se mettre à fumer... Et pourtant le tissu n'avait ni brûlé ni noircit. Il s'accroupit et posa un doigt dessus.

3 secondes.
5 secondes.
10 secondes...

Rien, ça ne brûlait pas. C'était peut-être ignifugé ? Toute la parure était identique, blanche et irisée, il y avait les taies d'oreiller et de traversin, le drap housse, le drap sur lequel Andrea venait de tomber et la housse de couette. Il toucha tout, c'était encore trempé, et rien ne brûla, rien ne fit ine de vouloir sécher. Ce n'était pas que ça résistait aux fortes températures, ça lui résistait à lui. Alors il ne chercha pas à comprendre, il fourra tout dans la housse de couette et s'enfuit avec, en retournant sur la plage. En premier lieu, il lui fallait s'habiller, mais pour que ça passe vraiment inaperçu, il fallait découper et coudre... Et pour ça il fallait des ciseaux et des aiguilles... Andrea savait que c'était le genre de chose qui résistait aux flammes, dont il pourrait les toucher, mais il ferait chauffer le métal et lui, enflammerait le tissu à n'en pas douter. Quel casse-tête... Qui connaissait-il qui puisse coudre pour lui ? Et comment le lui demander sans être vu ? Et sans qu'on ne fasse le lien entre la parure de lit volée ? Impossible...

Il fallait vraiment qu'il fasse ça lui-même. Et alors il eut une idée lumineuse. Pour utiliser ses mains, il suffisait de les bander. Il déchira des morceaux du drap housse pour en faire des bandelettes et les enrouler surtout autour de ses doigts. Ce fut long et fastidieux, mais quand il y parvint enfin... il se sentit libéré d'un poids. Il se banda aussi les pieds, jusqu'à mi mollet, et drapa le reste de son corps dans le drap housse.

La nuit suivant, il se procura de quoi coudre dans une petite décharge ménagère. Il passa la nuit à transformer la taie d'oreiller en un sac en bandoulière assez plausible, et le drap housse en robe, en utilisant les élastiques. Il était crédible en fille, et une robe, c'était plus facile à confectionner. Ca, et le fait que son père allait le chercher, il allait remuer ciel et terre... et il ne chercherait pas une fille. Il se garda aussi un ruban pour s'attacher les cheveux. La clé, il l’emballa dans une pochette et la garda précieusement à son cou, comme il avait toujours vu son père le faire.

En revendant la housse de couette et le drap, il découvrit que c'était de la soie. De la bête soie naturelle de vers à soie. Rien de résistant au feu ou rien de magique, non, juste un tissu très cher. Il en tira un bon prix, et avec l'argent récolté, s'offrit un trajet en bus. Il voulait aller loin, et sur le chemin de "loin", vers le nord... Il y avait Venise. Il n'y trouverait jamais sa mère, il n'avait que son prénom. Mais il était né là-bas, quelqu’un saurait peut-être quelque chose. On disait, depuis deux ans, qu’il se passait des phénomènes étranges, là-bas. Quelqu’un pourrait peut-être l’aider à Venise.

Et puis ce n’était pas une coïncidence. Son père avait fuit cette ville de toutes ses forces, lui y était né et maintenant était une torche humaine, les choses bizarres… Ca ne pouvait pas… être seulement le hasard, tout ça. En y réfléchissant, tout ça… tout ça commençait à donner un sens bien curieux à la fable de Valentino.



Pour finir, il faut rencontrer une personne étrange.

Il avait 14 ans en arrivant à Venise. Il en passa deux à traîner dans les bas fonds de la ville, à mendier le jour et à chaparder la nuit. En quelques mois, il avait pris des habitudes. Eviter tel type de personne et tel type d’endroit, dormir toujours sous un pont, proche de l’eau, il ne lavait pas non plus ses vêtements, et ça c’était vraiment compliqué à supporter, parce qu’il restait dans les coins mal famés de la ville, là ou pour une robette en soie et une clé en or, on vous égorgerait bien volontiers. Pour cette raison, il avait évité des questions à propos de la fable de son père. Il avait laissé les informations venir à lui. Et il n’en était pas venu beaucoup. Il avait apprit d’infimes petites choses sur la Fontaine de Jouvence, mais c’était assez pour savoir que c’était réel.

Il restait toujours seul, mais il avait découvert quelque chose qui devint vite sa ligne de conduite, sa meilleure façon de survivre. On obtenait plus de chose en suscitant l’affection que la pitié. Andrea, en faisant les yeux doux à quelques serveuses et en discutant avec elle le temps d’une soirée, avait récupéré plus de nourriture qu’en plusieurs jours de mendicité. En faisant rire aux éclats le patron d’un bar miteux, il s’était dégoté une chambre pour quelques nuits. Et en faisant quelques petits tours à base de feu, il faisait parler de lui. Plus les gens des bas fonds le connaissaient, plus il avait de personne à trouver en cas de problème.

Et des problèmes il en avait souvent. Pour une raison obscure, certains, avec qui il avait été exactement le même qu’avec le autres, le prenaient dans une grippe terrible, ne pouvaient pas supporter la simple mention de son nom. Et parmi eux, il y avait toujours quelqu’un qui allait trouver un moyen d’essayer de pourrir sa vie un peu plus. Son nom avait d’ailleurs changé, on l’appelait l’Harlequin, à Venise. Andrea était un enfant qui vivait avec son père, dans une caravane, une petite vie tranquille. Harle, c’était celui qui avait vu passer des litres de sang et des kilos de chair humaine le matin en se réveillant et en regardant le canal à côté duquel il avait dormi. Harle, c’était quelqu’un qui avait volé tellement de personnes dans les foules qu’il ne se souvenait plus de quoi était à qui. Andrea n’aurait jamais oublié ça. Mais Harle, il avait assisté à quelques meurtres. Il avait connu l’angoisse lacérante d’être tout près, d’être, peut-être, le prochain. D’être peut-être sur le point de se faire débusquer et écharper. Quand tout ne tient plus qu’à un fil. Harle, c’était aussi un enfant, mais il avait grandit avec les loups, pas avec les brebis. Tout en réussissant à peu près à rester une brebis lui-même.

Il n’aimait pas cette vie là. Dans les bas fonds. Elle était dure, il n’y avait pas de cadeau. Il avait rencontré des personnes avec lesquelles il s’était lié, des gens à qui il s’était confié sur beaucoup de choses. Rien n’était trop monstrueux, dans une vie comme ça. Trop de fois, ces gens qu’il avait appelé ses amis avaient disparus, et quand il les avait retrouvés, ça avait été en plusieurs morceaux, ou dans une mare rouge. Il y avait trop d’horreurs, mais le pire, c’était la banalisation de cette horreur. Personne ne s’en souciait, personne ne le savait. Vous pouviez vous évanouir dans la nature sans manquer autour de vous. On pouvait se servir de votre cadavre pour se tenir chaud, la nuit.

Un soir, durant le printemps qui allongeait et réchauffait doucement les jours, alors que Harle était seul dans une petite ruelle isolée, deux jambes apparurent dans son vague champ de vision. Il était entrain de somnoler. Dans la journée, il ne se laissait pas à dormir sereinement, il restait un peu vigilant. En voyant ses deux jambes se dessiner, il leva les yeux. C’était un homme beaucoup plus vieux que lui, habillé bien trop élégamment pour vivre par ici. Il avait de longs cheveux roses, et il le regardait avec une sorte d’expression indéchiffrable. S’il cherchait une prostituée, il risquait d’être déçu, quoique Harle en connaissait d’assez convenables.

─ Bonjour, fit l’homme aux cheveux roses.
─ Bonjour, répondit Harle en lui souriant.
─ C’est une clé intéressante, que tu caches à ton cou.





et moi  




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Age • 20 ans
Découverte du forum • Complètement par hasard grâce aux partenariats
Un petit mot • à. Une lettre =D /poutre. J'aime beaucoup ce design. Il est booow. Je suis contente d'être arrivée avant le 6 aout pour le voir /o/
Feat • Kamukura Izuru de Super Dangan Ronpa 2


Alcyone C. Leto
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Age : 22 Merci qui : Acridine. ♥ Messages : 79

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Lun 28 Juil - 20:37
Kheur sur toi! ♥♥


« Je crois en la mort, la destruction, le chaos et la cupidité. Mais ma mère m’a appris que la peur est toujours constante, mais que l’accepter te rend plus fort. »
velvet paw
(gif tumblr/code northern lights.)
Seth
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Merci qui : Angelo! =D Messages : 23

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Lun 28 Juil - 20:47
Welcomeu officiel mon kohai 8D
Mardeu à toi pour la fin de ta fiche! :3
Marco S. Da Firenze
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Age : 19 Merci qui : Alone ♥ Messages : 72

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Mar 29 Juil - 21:21
Bienvenue sur le forum ♥️   
Bonne chance pour ta fiche, huhu !


Harlequin
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Age : 24 Merci qui : muaméme Messages : 30

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Sam 2 Aoû - 20:09
Merci beaucoup, vous tous ! Je vais me dépêcher =D !

Edit : Ca y est (pardon j'ai été longue) /o/
Alone Caesus
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Age : 24 Merci qui : BERLINGOT. ❤ Messages : 217

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Sam 2 Aoû - 23:15
Olala, encore une longue fiche, vous voulez me tuer à la tâche? /pan
Une histoire émouvante, pauvre enfant. ;A;

Tu es bien évidemment validée! Tu peux aller recenser ton avatar, ton alumnus, faire ta fiche de liens toussa toussa, et te lancer dans le rp! Bon jeu parmi nous!
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Harlequin ♢ L'or véritable ne craint pas le feu

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