DRAMATIS PERSONAE

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CONTEXTE

Venise a sombré, Venise a peur. L'eau s'est teintée de rouge, les rues devenues dangereuses. Cette ville autrefois si magnifique, si belle, comme un petit paradis sur terre est devenue froide et lugubre. À la recherche d'une jeunesse éternelle, deux organismes s'affrontent dans les rues de Venise dans un jeu de meurtre inlassable.

Aileen LevyAres RiveiraMnemosyne
06.08

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Seth ▬ La Bête et le Clown

Harlequin
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Mer 6 Aoû - 19:27





Au
sommet
du monde






C'était tôt le matin que Harle se sentait le plus libre. Entre la fin de la nuit et le lever du soleil, quand le ciel était mi noir mi multicolore et quand l'air humide venait piquer sa nuque. Il avait toujours un peu trop froid, ces matins là, il était devenu frileux avec le temps. C'était rare pourtant qu'il ne se réveille pas à une heure indue et ne se lève pas, dans le noir encore total. Il faisait ensuite bouillir l'eau des cuves, à côté des roulottes, en se lavant dedans, puis il s'éclipsait à pas de loup. Il avait le coeur qui battait la chamade, comme gonflé d'impatience, rien qu'à l'idée de voir se lever le soleil.

Le soleil, c'était son seul vrai frère. Le soleil aussi pouvait tout brûler avec une seule caresse. Il allait se lever. Il lui suffisait même de regarder le monde pour l'irradier de chaleur. Tout embraser en un coup d'œil, littéralement en un battement de cils. Ça avait quelque chose de poétique.

Harle l'attendait avec de plus en plus d'empressement. Le soleil. Ce n'était pas tant qu'il aimait follement le voir se réveiller qu'il n'avait rien d'autre à aimer follement. À attendre avec empressement, tous les jours ou presque. Et Harle voulait sentir sa poitrine pleine de quelque chose de fort. Ça devait ressembler à ça, la passion. Il n'avait rien pour le passionner, alors il s'en était créé une de toute pièce, mais l'important, c'était que ça fonctionnait à peu près. Et puis... Il valait mieux se réjouir puissamment pour de petites choses insignifiantes que faire pourrir sa propre vie à les ruminer.

Le ciel était dégagé, sur le port. Progressivement, il devenait cendre et braise. Il y avait ce roulement de tambours qui retentissait, dans la tête de Harle. Il attendait de voir le tout premier rayon de soleil passer la tête par dessus l'horizon. C'était ça qu'il préférait.

Il entendait vaguement les dockers s'affairer, dans un autre monde que le sien. Ils n'étaient pas loin de lui, pourtant. Eux aussi, ils se levaient avant l'aurore. Observer leur vie était intéressant aussi. C'était une existence insoupçonnée du reste de la population, comme tous ceux qui agissent alors que les braves gens dorment encore. Il y avait ce brouhaha lointain de caisses, de cognements métalliques et de voix qui donnait vie à un lieu des plus sinistres sans ça. C'était pour tout ça que Harle venait ici. Tout ça, et aussi la proximité avec le cirque.

Une sorte de miaulement le tira de sa contemplation. C'était à mi chemin entre miaulement et grognement. Harle resta d'abord de glace, avant de brusquement reconnaître le cri d'un petit fauve. Lui qui était assis sur la jetée, il se retourna vivement en cherchant des yeux un lionceau. Et celui-ci passa devant lui en galopant pataudement. C'était très incongru, un bébé lion dans un port. Tellement incongru que Harle eut besoin d'un battement de quelques secondes pour bien imprimer.

Il hésita à se lever et à lui courir après. Un lionceau, dans un port, ça pouvait vite devenir dangereux, et pas seulement pour le lionceau. Mais d'un autre côté, s'il pouvait à peine l'attraper, il risquait de n'être que fort peu utile, sans parler du fait que ça ne le concernait pas vraiment.

Ah... Il venait de rater les toutes premières lueurs de l'aube. Il soupira, avant de sourire. Par chance, le soleil se levait tous les jours. Il se leva. Le lionceau brisait de toute façon son ambiance parfaite, autant essayer d'éviter qu'il ne blesse quelqu'un ou ne se tue bêtement.

Il n'y avait qu'une petite fausse note dans cette drôle d'aventure matinale. Ou diable était donc le Capitaine, que faisait-il ? Depuis quand il laissait se balader ses animaux sans surveillance ? Hum... Non, à vrai dire, il y avait fort à parier qu'il n'était pas bien loin.



Seth ▬ La Bête et le Clown

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