DRAMATIS PERSONAE

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CONTEXTE

Venise a sombré, Venise a peur. L'eau s'est teintée de rouge, les rues devenues dangereuses. Cette ville autrefois si magnifique, si belle, comme un petit paradis sur terre est devenue froide et lugubre. À la recherche d'une jeunesse éternelle, deux organismes s'affrontent dans les rues de Venise dans un jeu de meurtre inlassable.

Aileen LevyAres RiveiraMnemosyne
06.08

On fait le plein de nouveauté! C'est par ici.

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DID YOU KNOW THE TRUTH • NIGEL

Alone Caesus
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Sam 7 Juin - 14:26

Répétitive. C'était le mot pour décrire sa journée. Toujours le même geste. Tendre, lâcher, reprendre un autre, tendre à nouveau et relâcher encore une fois. Alone distribuait les journaux, sous ce soleil accablant et cette chaleur presque étouffante. La mer apportait un vent revigorant, balayant ses cheveux bleus dans tous les sens.


Alone ne souriait pas. Il ne savait pas sourire. Il ne savait pas être aimable avec les autres. Il ne savait pas les saluer comme une personne normale, aller vers eux. Il restait planté là, à tendre des journaux d'une main, et de l'autre tenir un petit paquet en réserve.


Le jeune homme vit des pas s'approcher de lui, et machinalement et tend un journal. L'inconnu était grand, plus que lui, et avait les mêmes cheveux. Plutôt rare. Mais le regard de cet inconnu le montrait: il n'était pas là pour des journaux, ni rien de pareil d'ailleurs. Un long silence pesa sur les deux. Un silence qui voulait tout dire. Il n'y avait pas besoin de mots pour comprendre, juste ce silence parmi tout ce brouhaha.

— Bonjour. Alone détourna son regard, et reprit. Veuillez m'excuser.

Et comme si de rien n'était, Alone reprit son travail. Ces yeux étaient fixes, ne pouvait y lire aucune émotion, aucun sentiments. Un regard vide. Il pris un dernier journal dans la pile et le tendit à un passant. Celui-ci le prit sans rien dire, sans un mot, sans un merci. Mais ce n'était pas grave le jeune homme avait l'habitude. Il ne fallait pas s'attendre à de quelconques remerciements ou reconnaissance en faisant un métier comme le sien. Mais ça ne lui faisait rien, il connaît l'homme, il savait à quoi s'attendre.

Il se tourna à nouveau vers l'inconnu. Son regard froid le dévisageait, et sans un mot posa son paquet de journaux sur une murette à côté de lui. À l'instant précis on ne pouvait savoir ce à quoi il pensait. C'est comme si il était vide, si il n'avait aucune pensée. Et pourtant. Alone était en train de l'analyser en silence. Il observait son attitude, sa carrure, ses moindres gestes.

— Vous n'êtes pas ici pour les journaux n'est-ce pas ? C'est pour ?


HRP •
Le premier rp du forum. Je suis émue. ♥


Nigel
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Lun 9 Juin - 0:42

La Piazza est grande, la Piazza grouille et en apparence Nigel n’a rien à y faire.  Il se sent comme un artichaut entouré de carottes. D’ailleurs il s’empresse de remplacer discrètement le légume parmi ses confrères sous les yeux perçants d’une marchande.

—  Vous allez l’acheter ou vous jouez avec ?

Pour la contenter, il prend finalement une grappe de raisin.

Il déambule un moment sans trop savoir ce qu’il cherche, qui il cherche. Nigel est distrait comme toujours : il bouscule, s’excuse sans trop y penser. On lui vend du pain sans qu’il puisse dire non. Il s’arrête pour avaler un café, regarde le ciel bleu et se souvient. Son esprit s’éclaire comme la place après le passage d’un nuage. A côté de lui, un inconnu déplie bruyamment des feuilles de journal.  Ainsi, Nigel se retrouve à suivre les journaux comme une piste. Sûrement fait-il deux fois le tour de la Piazza avant de trouver, tel un trésor, le gamin aux cheveux bleu qui les distribue.

Poliment, il le repousse. Nigel prend un de ses journaux et patiente à l’ombre non loin, accroupi, les coudes sur les genoux. Il allume une cigarette et s’apprête à lire la une, mais comme à chaque fois il écrase la chose sur le trottoir après avoir vainement tenter de la fumer. Lui-même ignore pourquoi il les  achète alors qu’il n’en tire jamais plus de trois taffes. La première page est, comme d’habitude, macabre. Cadavre et sang dans les rues. Certainement  qu’un énième cercueil remplit le cimetière, bientôt, les morts seront jetés  à l’eau et les canaux devrait être rouges. Nigel lève les yeux un instant pour contempler la foule grouillante, ces gens qui lisent la même chose et pourtant s’active sans arrêt un peu plus, presque comme si de rien était.

— Vous n'êtes pas ici pour les journaux n'est-ce pas ? C'est pour ?

Il cligne des yeux confus. Il a oublié qu’il attendait sagement à l’écart que le garçon ait terminé. Sinon que ferait-il ici ?

— Pardon, bonjour.

Nigel se relève, mais peut-être n’aurait-il pas dû tellement il se sent bêtement grand par rapport à son interlocuteur. Il essaye d’illuminer son visage, histoire de faire bonne impression, mais son expression ne reste que fatigue et sûrement a-t-elle déjà trahie ses intentions.

— En fait, c’est simple j’aimerais juste en savoir un peu plus sur ta une, rien de très extravaguant.

C’est la vérité mais ça sonne étrangement faux. Il s’embête avec des mots complexes alors que l’italien n’est même pas sa langue. Il s’éclaircit la gorge, gêné. La main devant la bouche il se fige, réalisant qu’il n’a plus grand-chose pour payer les informations qu’il demande (comme si ça ne valait que quelques raisins, un bout de pain et un café) .

— Ah. Hum…

Son regard croise les yeux glacés du jeune homme, nerveux il s’agite dans une suite de mouvements inutiles, ne sachant plus où se mettre.

Distrait, distrait Nigel.


HRP
Depuis Osaka avec amour.
Pardon, c'est tapé vite fait avant de monter dans l'avion ;w;
Alone Caesus
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Lun 9 Juin - 14:31

L'homme en face d'Alone est grand, très grand. Il le surplombe du regard, lui si frêle et si petit. Lui qui se fond dans la masse, qui passe pour invisible. Et pourtant le jeune homme observe l'inconnu d'un regard ferme et perçant. Son visage impassible, ses yeux d'un bleu éclatant, aucun sourire ne se dessine sur ses lèves. Aucune émotion, aucun surprise n'apparaît sur son visage. Il n'est pas étonné, il s'y attendait presque. Tout le monde veut en savoir plus sur les meurtres de Venise, tout le monde voudrait trouver un indice pour pouvoir tout stopper.

Cette tragédie meurtrit les habitants plus qu'ils ne le pensent. Tous agissent comme si de rien n'était, mais la peur est bien à. Et si demain c'était leur tour? Et si leur vie leur échappait à eux aussi? Les journaux n'ont de cesse que de prévenir la population, ils n'ont de cesse d'affoler la population sans le vouloir.

Alors Alone ne s'étonnait pas.

— Les meurtres... Je vois. Un instant de pause, et il reprit. L'information donné dépendra de son prix. Par contre ne vous attendez pas à percer les secrets de ces évènements.

Le jeune homme préférait mettre en garde l'inconnu. Beaucoup venait le voir pour avoir une sorte de solution miracle, et beaucoup partirent déçus. Alone n'était pas un génie, seulement une personne observatrice. Seulement un gamin normal qui posait son oeil partout pour y dénicher quelques informations intéressantes.

Il prit son sac et pointa de sa main un lieu plus tranquille, où ils pourraient discuter à l'abri des regardes et des oreilles qui trainaient un peu partout. La discrétion était le maître mot du jeune homme. Sans mot, il emboîta le pas et se posa dans un petit renforcement, loin des regards indiscrets de Venise. Ici, ils pourraient être tranquilles, il en était sûr. Ce petit coin de place passait toujours inaperçu au yeux des passants.

— Tout a un prix, cela doit être un échange équivalent. En fonction de ce que vous me proposerez, je vous fournirai une information équivalente en terme de valeur.

Alone ne le regardait plus, il fermait les yeux. Il attendait.



HRP •
RP tout pourri, je suis encore dans les vapes. Je ferai mieux je te le promets. ;A;


Nigel
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Jeu 12 Juin - 9:26

Nigel suit le jeune garçon à l'abri des regards et des oreilles qui traînent. Evidemment, c'est bien plus prudent, lui-même s'adonnant un peu à l'espionnage ces derniers temps le sait parfaitement, mais il ne peut s'empêcher d'appréhender un peu de perdre la protection de la foule. Qui serait assez stupide pour agir sous les yeux avides de tant de témoins ?

— Par contre ne vous attendez pas à percer les secrets de ces évènements.

— Non bien sûr. Je ne suis pas aussi naïf haha. En fait, c'est plutôt par curiosité que je cherche à en savoir plus. Tout le monde est très stressé par ce qui arrive, c'est vraiment terrible ! Il hoche la tête pour appuyer ses propos et continue de débiter presque sans respirer et sans faire attention à ses propres mensonges. Plusieurs de mes amis ont quitté la ville, avec femmes, enfants et cochons d'Inde. Moi j'ai peur que Venise ne soit que le premier niveau de ce qui va arriver au monde !!! Mais je ne sais pas pourquoi je m'embête à raconter tout ça.

Il s'interrompt, reprend son souffle. Nigel réalise doucement les idioties qu'il raconte en avançant. C'est stupide et il n'a pas besoin de voir l'expression du jeune homme pour savoir qu'il n'est clairement pas dupe. S'il blablate à s'en mordre la langue Nigel, c'est simplement pour faire tomber la pression qui l'empoisonne, le prend à la gorge. Peu importe qu'il embête son monde par la même occasion, de toute façon il doute que le petit informateur prenne la peine de s'en plaindre.

— En fonction de ce que vous me proposerez, je vous fournirai une information équivalente en termes de valeur.

Avant de répondre, Nigel fouille ses poches. L'argent c'est mort, il ne lui reste à peine de quoi se payer un café au retour et encore, si c'est du bas de gamme ! Il lui reste donc, quelques chewing-gums, de l'herbe à chat, des prospectus pour le cirque - on peut être louche et vouloir faire des bénéfices avec le spectacle - et aussi un billet gratuit.

— C'est tout ce que j'ai.

Cependant, quand il retourne l'expression « échange équivalent » dans son crâne fatigué, ça veut dire qu'il peut aussi bien donner quelques informations contre celles qu'il demande. Evidemment, il faudrait qu'il sache rester élusif, qu'il trie ce qu'il peut se permettre de laisser échapper innocemment et ce qui doit rester secret défense. Si on apprend ce qu'il s'apprête à faire, il le payera très certainement  très cher.

— Sinon, j'ai moi-même fais quelques enquêtes. Il tousse et sent tout son corps se contracter, exactement comme quand il s'apprête à utiliser son alumnus. Je ne prétends pas en savoir plus que toi, sinon je ne serais pas là, mais si je sais quelque chose qui t'intéresse on pourrait éventuellement en discuter.

Sa voix se brise dans les aiguës sur ses derniers mots.

C’est mal, vraiment. Un Voleur qui échange, on aura tout vu. Nigel émet un dernier toussotement haut perché et reste figé sur un petit sourire crispé.


HRP
je suis la honte de tous les Voleurs.
désolé de te faire attendre pour ça *tousse*
Alone Caesus
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Lun 16 Juin - 23:19

L'inconnu était amusant. Terriblement amusant, ou plutôt intéressant. Alone l'écoutait sans un mot, il le laissait parler. Il buvait ses paroles. Il attendait. Si il l'avait pu, il aurait même laisser échapper un sourire d'amusement. Mais il ne pu. C'était ainsi, c'était déstabilisant. Chaque personne était naturellement gênée de lui parler et pourtant, lui n'y faisait pas gaffe. Il lui répondait comme à n'importe qui, il lui répondait normalement.

C'était un cadeau inconscient.

C'était un homme sage. Un homme bon. À première vue. C'était quelqu'un d'honnête, au point de fouiller ses propres poches devant les yeux insensibles d'Alone. Des babioles sans importances, d'ailleurs il ne voyait pas ce qu'il pourrait lui échanger d'équivalent. Mais quelque chose le frappa sans le vouloir.


Le cirque hein? Encore un larbin de ce mec aux cheveux roses. Les pauvres. En plus de devoir distrayez les habitants, ils essaient de résoudre les problèmes? Pourquoi est-il réellement ici? Pensa-t-il.


Il releva son nez, pour poser ses yeux sur son client. À présent il en était un, un client. Un client futé, qui avait rapidement compris le sens de ses paroles. Un client comme il en a rarement maintenant.

— Vous avez l'esprit vif monsieur. Vous avez parfaitement compris l'échange équivalent.

Droit comme un piquet, les bras croisés devant son torse. Alone maîtrisait la situation, c'était lui qui était en position de maître. Il ferma à nouveau les yeux, soupira, inspira et expira à nouveau. Il allait prendre son temps. Il savait ce qu'il allait demander comme échange. Et il savait déjà quoi lui offrir comme information. Il ne manquait plus que le dénouement. Mais pourtant, il n'en avait pas envie.

Alone est capricieux, Alone est égoïste. Alone aime se faire désirer. Ou plutôt, il aimait faire désirer son information. Plus longue était l'attente, plus le résultat était savoureux. Il le savait, l'homme était comme ça; impatient.

— Savez-vous quand les meurtres ont réellement commencé monsieur?

Son regard devient glacial, perçant la chair, vous faisant frissonner. Il était sérieux. Il allait le faire attendre encore un peu. Juste encore un peu.



Nigel
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Mer 18 Juin - 8:48

La tension change, mais pas les positions. Nigel est à la merci du jeune homme depuis qu'il l'a doucement approché durant son travail. Cependant, il le sent maintenant plus important, plus imposant, plus décidé. Il redoute qu'il n'ait choisi de plus rien lui donner, qu'à tout moment, il tourne les talons et laisse une grande asperge poireauter à l'ombre d'une petite rue. Nigel tapote ses jambes doucement, le son apaisant un peu ses pensées, ce qui ne l'empêche pas de reculer face au regard droit et perçant du garçon.

—Savez-vous quand les meurtres ont réellement commencé monsieur?

Avant de lui répondre, il bloque un instant comme un vieil ordinateur qu'on tente de mettre en marche. Ses gestes se font incertains, ses doigts se rejoignent devant sa bouche, il ignore qui il tente d'imiter ou même comment on le perçoit et comment il veut être perçu, pour finalement secouer négativement la tête.

— Pas de « monsieur » qui tienne, je t'en prie, ça me met mal à l'aise. C'est comme si je t'appelais gamin !

Nigel finit par s'éventer le visage pour se remettre à réfléchir normalement ; en tout cas sur le sujet qui les intéresse tous les deux. Les meurtres, la terreur qui règne à Venise et malgré cela, l'eau qui s'écoule comme toujours, Venise qui bouge comme toujours, comme pour montrer qu'elle ne se laissera pas abattre, qu'elle sera le théâtre des plus grands événements. Venise est bien stupide pour Nigel, elle devrait s'enfuir avant de voir ses plus belles façades se décomposer sous l'aigreur du sang. Mais elle a oublié de s'inventer des jambes.

— Il y a un peu moins de sept ans non ? Quand certains ont commencé à dévoiler leurs alumnus. Je n'étais pas encore arrivé, mais ça a fait du bruit dans toute l'Italie !

Il mentirait s'il affirmait que ça ne l'intéresse pas, c'est pour ça qu'il est là à tenter de faire affaire après tout. Pourtant, une petite voix au fond de lui, lui crie de ne pas prêter attention à la décadence du monde; elle s'époumone en vain. Il ne connait personne qui ait perdu la vie dans cette ville, ne croit être attaché à personne qui pourrait être pris pour cible. Nigel bascule son corps sur un pied puis l'autre, attendant le verdict, il observe son interlocuteur. Lui qui n'est pas très à l'aise, il admire la froideur de son regard, sa position de force dans leur échange, ses mots posés chacun comme une carte maîtresse sur le tapis. Oh non il n'aimerait pas lui ressembler, mais au moins il le respecte et Nigel est bêtement fier de ce sentiment. Lui prend presque l'envie d'ébouriffer les épis bleus du jeune homme.

— Je peux te demander comme on en vient à devenir informateur ?

Il s'éloigne encore un peu du sujet, mais qu'importe, lui il a toute la journée.

Alone Caesus
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Jeu 19 Juin - 21:04

— Pas de « monsieur » qui tienne, je t'en prie, ça me met mal à l'aise. C'est comme si je t'appelais gamin !

Alone écarquilla les yeux. C'était là sa première expression visible depuis leur rencontre. Il ne s'y attendait pas. L'inconnu était intéressant, vraiment. N'importe qui l'appellerait Monsieur aux premiers abords. C'était là une formule de politesse traditionnelle, utilisée par tout le monde pour tout le monde. En quoi était-ce gênant? Mais dans un sens, le « gamin » comprenait, ou plutôt il imaginait comprendre. Il ne pouvait pas en réalité, seulement émettre des hypothèses.

— Je ne suis pas un gamin. Mon nom est Alone. Quel est le votre

Échange équivalent. Donner, demander et recevoir.

Sa voix se resserra, tout en devenant plus agréable. Alone acceptait de converser avec lui, il acceptait de parler presque librement. Celui qu'il avait en face de lui, ne ressemblait pas à tous ceux que le garçon pouvait observer sur la place. Il ne ressemblait pas à ses zombies qui vivaient dans leur routine, éloigné des évènements qui les dépassaient. Et c'était en cela que son interlocuteur était intéressant. Il se démarquait.

— Il y a un peu moins de sept ans non ? Quand certains ont commencé à dévoiler leurs alumnus. Je n'étais pas encore arrivé, mais ça a fait du bruit dans toute l'Italie !

Aucun sourire. Satisfaction. Il avait répondu correctement, bien que c'était là une question simple, presque anodine. Mais il fallait le savoir, il fallait le remarquer. Prenez un adulte dans la rue, au hasard, et il ne ferait probablement pas le lien avec les alumnus, et l'apparition des pouvoirs. Pourtant, cela semble si évident. Peut-être même trop pour qu'on puisse le remarquer. L'homme était bête. Alone le pensait bête et intelligent à la fois.

— Je peux te demander comme on en vient à devenir informateur ?

Cela ne faisait pas partie de leur contrat. Cela dépasser le stade d'échange d'information, c'était devenu une conversation. Une conversation naturelle entre deux personnes, entre deux inconnus. Et d'un coup Alone se sentis presque mal à l'aise, il n'y était pas habitué. On ne s'intéressait pas à lui. Lui qui n'était qu'une ombre dans toute cette masse, qui se fondait parmi les autres sans un mot. Lui qui n'a que très rarement entretenu des relations avec d'autres personnes. Lui le solitaire, lui l'invisible.

D'ordinaire, il n'aurait pas répondu il est vrai. Il aurait simplement ignoré, et remis le sujet initial sur le tapis. Mais là, il fit l'effort d'y répondre, en premier même.

— Le devient-on réellement, ou force-t-on à le devenir? Ma qualité d'observateur a été reconnu par les autres. Et distribuer des journaux, c'est répétitif. Sûrement trop.

Le jeune homme s'arrêta. Il parlait trop, beaucoup trop.

— Pour l'information. Savez-vous que durant les premières années où cela s'est déclenché une pièce d'échiquier se trouvait des fois sur les cadavres?



Nigel
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Mar 1 Juil - 20:41

Ses doigts se rencontrent en un concert de tapotement silencieux. Nigel est agréablement surpris, on pourrait même avouer sans craintes qu’il est ravi que son jeune interlocuteur s’ouvre un peu plus à lui. Si bien qu’il fait un pas en avant qui se devait de rester métaphorique. Lui prend l’envie d’oublier sa mission première et de prolonger la discussion avec Alone –maintenant qu’il sait son nom- toute la journée. Ils pourraient se sourire et apprendre à se connaitre, mais non, ils parlent de meurtres et des terribles événements à venir et quand il retourne tout ça dans sa misérable tête qui a de plus en plus de mal à carburée, Nigel ne peut que penser que ce n’est pas plus mal. Ces deux-là n’ont certainement rien en commun mis à part une drôle de couleur de cheveux.

— On m'appelle Nigel depuis des années, c'est un plaisir.

Il tend rapidement la main, mais il suspend son avancée à mi-chemin et pianote l'air. Il hésite. On ne sait plus si on peut toucher n'importe qui désormais. Cependant, il serait terriblement impoli de tout simplement refuser le contact. Nigel ramène la main contre sa chemise et la frotte rapidement, espérant ainsi faire croire que c'est sa propre main qui pose problème. Il enchaîne d'un sourire qu'il espère plein d'entrain et surtout sincère, car c'est là leur accord. Il n'a rien à gagner contre des mensonges.

— Une pièce de jeu d'échec ? Et c'était une simple signature ou peut-être que la puissance de la pièce laissée près du cadavre pouvait nous en dire plus sur la victime ? Il se balance, comme sur un bateau qui tangue, en imaginant quelle pièce pouvait correspondre à chaque type de victime, mais rien que de répertorier un échiquier complet lui fait mal au crâne. Il abandonne vite. Peut-être que je cherche trop loin.

Maintenant, Nigel regrette d'avoir laissé ses chats au cirque. Il aurait bien besoin d'une fourrure réconfortante pour vider sa tête, qui le fait de plus en plus souffrir. Il ignore encore la douleur sans grandes difficultés, mais il craint déjà la grosse migraine à venir. Il se masse les tempes, rêve un instant de pouvoir faire la sieste à l'ombre sur des coussins moelleux. Le voilà jaloux de ceux qu'il gâte lui-même, décidément et ça lui arrache un petit rire, mal placé dans la conversation qu'il est censé tenir avec Alone.

— Ça ne t'embête pas qu'on vienne t'aborder toute la journée pour des histoires dont tu n'es que témoin ? Je veux dire, si tu faisais partie des criminels, si tu baignais dedans pourquoi pas, mais ce n'est pas ton cas... Il lance un petit sourire semi provocateur-accusateur et seul le haut de son corps à un mouvement de recul. N'est-ce pas ?

Franchement, il ne voit un pas un gamin avec une bouille pareille être complice de quelque meurtre que ce soit, mais il sait aussi que les apparences sont trompeuses, que chacun cache des squelettes dans son placard et qu'ici à Venise on se retrouve si vite plongé dans les problèmes que la moitié de la ville devrait déjà être en prison. Nigel le premier sûrement. Se rappeler sa situation lui fait se gratter nerveusement la nuque et désormais il sait qu'une paire d'yeux intelligents l'observe et l'analyse. Ça l'impressionne autant que ça l'effraie.


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Alone Caesus
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Mar 15 Juil - 19:19



Une poignée de main. Était-ce ainsi que les gens normaux, éduqués comme il se devait, se saluaient? Ou était-ce bien plus que cela? Une poignée de main peut paraître anodine, et futile. Mais elle exprime la volonté d'aller vers l'autre, la reconnaissance entre deux individus qui ne se connaissaient pas il y a encore quelques minutes. Tout est une question de relation, et de confiance. Une confiance qu'Alone n'a pas. Et qu'il n'aura jamais, ou tout du moins qu'il ne donnerait jamais.

Il regardait d'un regard perçant, déstabilisant et indifférent cette main timide qui s'avançait pour rebrousser chemin. Aucun geste de sa part, rien. Pas un signe de tête, un sourire gêné, ou une main qui s'avançait à son tour pour saluer cet homme inconnu.

Non.
Ce n'était plus un inconnu désormais. Nigel, tel était le prénom de cet homme qui se tenait devant le maigre distributeur de journaux. Les présentations étaient faites, nul besoin de s'attarder. Alone n'était pas homme à s'attarder sur une discussion vide de sens simplement par politesse. Il se re-concentra sur leur conversation initiale. L'information.


— Et bien, quelle interprétation juste de sens. Effectivement, on peut en déduire une forme de pouvoir et de puissance. Mais il y a plus intéressant je pense, mais il n'y en a malheureusement aucun preuve, donc ce que je vais vous dire est à prendre des des pincettes.

Le gringalet se stoppa, inspirant légèrement, avant de reprendre sur un ton calme, dénué de tous sentiments.

— Cette pièce, déposée lors de l'apparition des premiers meurtres affiliés aux Lus Sangini, serait aussi apparue dans les débuts de ceux des Altar Sacrificii. La suite est - je pense - simple à déduire.

Tout est lié, tout en ce monde peut être connecté à quelque chose d'autre. Il y croyait, lui, cet enfant au destin. Il croyait que tout était inéluctable. Que rien en ce monde n'était dû au hasard. Les Lus Sangini et les Altar Sacrificii, l'apparition de ces deux organismes n'étaient pas un hasard. Non, loin de là. Cette pièce commun non plus. Il fallait seulement y croire.

Ce n'était qu'une rumeur.
Et peu la croit. Peu pense que c'est un réelle indice, car on a jamais pu vérifier l'authenticité des dires. L'information s'est tue en trois ans, elle a disparu des esprits, des lèvres. Mais Alone, lui, la gardait encore en mémoire. Il y croyait en silence, même si il n'en avait pas la preuve physique. Ou peut-être voulait-il seulement y croire? Croire qu'il y ait enfin une explication logique à tout ceci.

Peut-être n'était-ce qu'une illusion dans laquelle il se complaisait. Lui-même en avait étrangement conscience.

— Ça ne t'embête pas qu'on vienne t'aborder toute la journée pour des histoires dont tu n'es que témoin ? Je veux dire, si tu faisais partie des criminels, si tu baignais dedans pourquoi pas, mais ce n'est pas ton cas...

Nigel affichait ce sourire étrange. Ce sourire qu'il n'appréciait pas, mais qu'il tentait malgré tout d'ignorer. sans grand succès.

— N'est-ce pas?

Alone ferma les yeux lentement, reprenant son calme qui avait disparu l'espace de quelques instants. La méfiance de cet homme était justifiée malgré tout. Il n'était pas le seul qui avait prononcé ses mots, ce sous-entendu.

— Être témoin est suffisant. Je n'ai pas envie de me mêler de ces crimes, j'y risquerai probablement ma peau. Les gens viennent parce qu'ils en ont besoin, ou parce qu'ils sont désespérés. Il planta ses yeux bleus, vides, dans ceux de son interlocuteur et reprit, Mais vous avez raison. Mieux vaut se méfier. C'est ce que vous faites n'est-ce pas?


Nigel
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Mer 30 Juil - 13:53

Au son du vent et de l'effervescence de la place se rajoutait le claquement distinct et jouissif de pièces de puzzle qui s'emboîtent parfaitement. L'appréciation du moment est de courte durée, car il faut déjà penser aux autres morceaux qu'il faut encore connecter. Ça va très vite dans la tête de Nigel, plus vite que ça ne l'a jamais été. Devant tout ce qu'il apprend aujourd'hui, il se demande ce qu'il pouvait bien faire avant pour ne pas s'être rendu compte de connexions aussi logiques. Il se frappe le front de la paume dure de sa main, pour chasser toute pensée superflue qui pourrait lui faire perdre le cours du raisonnement qu'Alone prémâche déjà beaucoup pour lui.

— Donc ce que tu essayes de me dire, même si c'est totalement hypothétique, ce que les Lus et les Altar seraient liés ? Ou plutôt auraient été liés ? C'est assez, wow, enfin je veux dire, c'est nouveau. Et très très intéressant. A surveiller de près définitivement !

Il fait des petits tours sur lui-même ne frappant toujours que les paumes de ses mains, mais l'une contre l'autre cette fois. Il a cet air un peu nerveux des gens qui en savent trop. Le visage fiévreux d'avoir été un peu trop excités et presque même la petite déception de celui qui s'est fait spoiler la dernière saison de sa série préférée.

Et puis il s'arrête et il souffle. Un long moment, Nigel se force à respirer doucement, comme s'il s'apprêtait à enchaîner quelques postures de yoga. Une fois sa crise de mouvements inutiles chronique achevée, il peut de nouveau faire face au jeune et frêle garçon. Quoi que frêle serait de trop quand il voit la force de son regard. Il le remarque pour la première fois depuis le début de leur conversation, ses yeux ne ploient pas. C'est même Nigel qui aurait envie de se baisser pour arriver à leur hauteur ; il s'en empêche tout de même, trouvant l'intention vexante pour l'autre parti.

— D’accord. J’ai compris. Enfin je crois, mais merci. Grâce à toi j’y vois plus clair.

Et je ne rentrerais pas les mains vides, s’empêche-t-il de prononcer réalisant au passage qu’il est de son devoir, dans l’accord qu’ils ont conclu, de ne pas laisser Alone repartir les mains vides non plus.

— Tu devrais peut-être faire attention à ne pas te faire d’ennemi à force d’en savoir autant. Il y a des gens pour supprimer les témoins dans ton genre.

J'en connais, retient-il encore. Même s'il lui doit bien, il ne pourrait jamais avouer de but en blanc les secrets du cirque. Pas qu'il s'en sente particulièrement responsable, mais il craint plutôt que dans sa colère, son patron l'oblige à manger ses cheveux. C'est sans aucun ridicule, mais il en frémit de dégoût. Par contre, rien ne l'empêche de soupçonner le cirque. De toute façon, Alone a déjà vu les billets gratuits qu'il a dans sa poche, il sait que Nigel y est lié. Au lieu de le laisser omettre des hypothèses, venant de découvrir à quel point les siennes sont sensées, il préfère lui présenter une vérité anodine qui pourrait le satisfaire.

— Au cirque aussi on trame dur sur cette histoire.

Il lâche cette phrase dans un soupir, comme pour s'en débarrasser et lance discrètement du sel imaginaire par-dessus ses deux épaules, espérant ne pas commettre une grosse erreur.

— Tu t'en doutais un peu non ? Impossible que ça passe inaperçu à un observateur comme toi. Pour notre défense, ou plutôt la mienne, on ne veut pas vraiment de mal à qui que ce soit. Moi j'y suis carrément par défaut, j'ai rien demandé, du coup j'essaye de faire mon boulot en m'impliquant un minimum. Si tu savais comme j'aimerais ne rien savoir.

C'est trop. Il ne peut s'empêcher d'étouffer la chose avec des plaintes et quelques pleurs. Pauvre, pauvre Nigel.


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Alone Caesus
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Dim 3 Aoû - 2:19



Un enfant, ahuri.
Voilà ce qu'était Nigel aux yeux d'Alone. Un enfant à qui on lui aurait enfin donné le jouet qu'il convoitait temps. Alone le trouvait étrange, et pourtant bien sympathique. Mais vraiment très étrange. Peu de personnes se seraient frappés le front sans raison, ou auraient tourné sur eux-même en frappant des mains d'excitation. La surprise, l'étonnement envahit le garçon aux yeux de glace. Il leva un sourcil, signe d'incompréhension, avant de retomber dans leur discussion.

— Donc ce que tu essayes de me dire, même si c'est totalement hypothétique, ce que les Lus et les Altar seraient liés ? Ou plutôt auraient été liés ? C'est assez, wow, enfin je veux dire, c'est nouveau. Et très très intéressant. A surveiller de près définitivement !

Nouveau, pour ceux qui veulent y croire. Ce n'est qu'une légende urbaine, une rumeur sans réel fondement ou preuve à l'appui. Mais c'est un indice à prendre en considération, les rumeurs ou les légendes ne naissent pas de rien après tout. Le frêle distributeur resta dans un silence de marbre, observant son client du jour attentivement.

— Tu devrais peut-être faire attention à ne pas te faire d’ennemi à force d’en savoir autant. Il y a des gens pour supprimer les témoins dans ton genre.

Étonnement. Il ne s'attendait pas non plus à un tel discours. Timidement, il lâcha une expression de surprise, qui s'effaça bien rapidement. Peut-être avait-elle été trop succincte pour être aperçu. Lui, homme de glace.

— Je retiens ton conseil, merci. Je tâcherai de faire attention à ce que je dis alors.

Son regard se planta dans les yeux de Nigel, le perçant littéralement. Il le pensait, ce que cet homme venait de dire, n'était pas un hasard. Ce n'était pas des paroles en l'air, des menaces qui ne sont qu'illusion. Non, il ne sentait, dans le ton de sa voix, cet air sérieux. C'était un conseil, parmi tant qu'on lui avait donné. Mais c'était autre chose. L'homme est imprévisible, Alone le savait bien, lui, à force d'observer les gens dans l'ombre. Il savait que son plus grand danger était lui-même, ou plutôt la nature d'homme. Surtout, en ces temps ci noirs.

Et pourtant, il ne pouvait se résigner. Il voulait continuer, lui l'informateur silencieux. Il voulait voir jusqu'où ira l'homme. Jusqu'où cette histoire finira.

— Au cirque aussi on trame dur sur cette histoire ... Tu t'en doutais un peu non ? Impossible que ça passe inaperçu à un observateur comme toi. Pour notre défense, ou plutôt la mienne, on ne veut pas vraiment de mal à qui que ce soit. Moi j'y suis carrément par défaut, j'ai rien demandé, du coup j'essaye de faire mon boulot en m'impliquant un minimum. Si tu savais comme j'aimerais ne rien savoir.

Comme j'aimerais ne rien savoir. Cette phrase résonnait dans la tête d'Alone. Elle raisonnait, elle l'attirait, lui et sa curiosité. Sa récompense lui avait été donné, et elle était largement suffisante. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu un tel échange, un échange intéressant. Enfin!, s'exclamait-il dans sa tête, enfin! Un spectacle rare se produisit, un de ces spectacles que l'on ne peut oublier en le connaissant. Un sourire intéressé, heureux, satisfait se lisait sur son visage. C'était son remerciement.

— Je vois. Alors, ce que je viens de te dire te sera très utile je pense. Marché conclu Nigel.

Il croisa ses bras, plongeant la tête quelques instants vers le sol avant de reprendre.

— Je viendrai faire un tour au cirque un de ces jours. Pour voir ton numéro de saltimbanque. Tu es quoi déjà?

Déjà?, non il ne l'avait pas dit. L'excentrique aux cheveux bleus n'avait rien dit - ou du moins explicitement, pas même qu'il était saltimbanque. Mais parfois, il suffit de ne rien dire, nos affaires parlent à notre place.

Nigel
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Dim 10 Aoû - 15:13

—  Marché conclu, Nigel.

Aussi facilement qu’on brise une allumette, leur si tendu « échange équivalent » se termine. Nigel a envie de se laisser tomber par terre, de rouler, de souffler à bon coup de « Seigneur Jésus Marie Joseph! » et de vomir aussi, se dit-il en se tenant le ventre. Cela l’a stressé plus qu’il n’a osé l’admettre tout du long. Il sait que se l’avouer aurait été sa fin, il aurait paniqué, explosé, démontré en une seule fois son incroyable incompétence, alors que ce n’est déjà pas sous son jour le plus assuré et rassurant qu’il s’est présenté aujourd’hui.

Au contraire, et il ne cessera de le répéter qu'une fois qu'il s'en sera remis, la maîtrise du jeune garçon l'a autant surpris que submergé. Plus d'une fois, il s'est senti carotte piéger sous une lame tranchante, menaçante d'autant plus qu'elle n'a jamais fendu. Il peut donc repartir carotte entière et encore une fois, les images farfelues qui lui viennent en tête accentuent gaiement sa migraine. Nigel se frappe le front du profil de son point, autant dans une tentative vaine pour faire passer la douleur que pour assimiler une bonne fois pour toute, les nouveautés de la journée.

Il se fatigue à être aussi répétitif, il commence seulement à penser qu'il manque d'originalité, qu'il est ennuyeux à mourir et que Alone est peut-être sûrement en train de feindre l'intérêt pour ne pas le blesser. C'est ridicule. Très certainement. Mais on demande trop à sa misérable personne pour qu'il arrête de penser, qu'il n'est plus aucun doute et qu'enfin son caractère s'accorde à son apparence. Ou peut-être tout simplement qu'il demandera une séance d’acupuncture à Janus en rentrant.

— Je viendrai faire un tour au cirque un de ces jours. Pour voir ton numéro de saltimbanque. Tu es quoi déjà?

Son calmant le plus efficace lui revient en tête : ses enfants, ses amis, ses compagnons, ses partenaires et tous les autres rôles qu'ils tiennent et que Nigel leur trouve au fur et à mesure. Ses chats. Il ne les a pas emmenés avec lui, ils dorment, ils vadrouillent, ils profitent de la liberté qu'ils ont d'être chats. Souvent il les jalouse, avant de penser à quel point c'est certainement épuisant d'avoir un maître aussi gaga et lourd que lui sur le dos. S'ils doivent se plaindre de lui entre eux, à bon coup de miaulement et feulement, jamais quand ils sont ensemble ils ne montrent qu'ils en ont assez. Et leur délicate intention le touche. Beaucoup se moque de leur relation, prétendant que Nigel les humanise trop et il se demande si Alone, et son impressionnante capacité d'observation, penserait la même chose.

— C’est marrant comme mot saltimbanque, mais j’ai toujours trouvé que ça sonnait mal. D’autres gens nous appellent aussi « artiste de cirque », c’est un peu pompeux, mais c’est bon pour l’ego ! Il rit et se gratte doucement le coin du sourcil. Moi, je suis donc dompteur de chats. Tu penses peut-être que ce n’est pas très impressionnant, mais je suis très fier de mon équipe et serais ravi que tu viennes nous voir.

Nigel reprend son souffle. Il a pris ce ton un peu grandiose qu’il adopte à chaque fois qu’on lui demande de faire un peu de promotion au cirque, celui qu’il utilise à chaque fois qu’on l’invite à parler de ses chats. Il glisse une main dans sa poche et ressort le paquet d’herbe à chat, remarquant au passage que cela ressemble étrangement à une autre drogue et réprime un toussotement gêné.

— Le secret, c’est la bonne entente. Je sais ce qui leur fait plaisir, mais eux aussi n’ignorent pas mes désirs et on fonctionne sur cette relation d’échange. Exactement comme nous, comme ce qu’on vient de faire !

Il se demande un instant si ce « nous » n’est pas un peu présomptueux. Il l’a pensé comme un « nous » qui n’implique rien d’autre qu’une rencontre entre deux personnes banales, comme cela arrive si souvent. Mais à force de discuter avec ce jeune à l’analyse tranchante, Nigel ne peut s’empêcher de penser qu’il a franchi le seuil de trop.

— Si ça t’intéresse vraiment, je dois sûrement avoir un billet avec moi…

Il reporte son attention sur le contenu de ses poches, ses yeux fuyant vers le sol, tout tendu qu’il est de nouveau.


{

You know they're gonna go
Which way they wanna go
}

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DID YOU KNOW THE TRUTH • NIGEL

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