DRAMATIS PERSONAE

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CONTEXTE

Venise a sombré, Venise a peur. L'eau s'est teintée de rouge, les rues devenues dangereuses. Cette ville autrefois si magnifique, si belle, comme un petit paradis sur terre est devenue froide et lugubre. À la recherche d'une jeunesse éternelle, deux organismes s'affrontent dans les rues de Venise dans un jeu de meurtre inlassable.

Aileen LevyAres RiveiraMnemosyne
06.08

On fait le plein de nouveauté! C'est par ici.

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Aiguise tes griffes ft. Ambroisie

Nigel
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Mer 18 Juin - 7:40

Venise est trop lumineuse. Venise manque d'un coin où l'on peut regarder le ciel nocturne et espérer le voir constellé de taches blanches. Ces petits points qu'on appelle les étoiles. La lumière artificielle de la ville est encore plus éclatante près du cirque, si bien que dans les cieux les astres s'enfuient. N'empêche, quelles drôles de pensées il a, Nigel, après une représentation éprouvante. Non loin du cirque, mais plus près du port, il n'a aucune raison de s'être éloigné et ne s'en cherche pas. Sa main sous son menton, ses doigts pianotent sur son nez. Il devrait dormir, mais au lieu de ça contemple bêtement Venise, sans rien y trouver, sans rien y chercher, sans rien espérer. C'est un joli et vain décor de carte postale, celle qui restera dix ans dans la boutique souvenir sans intéresser personne, jusqu'à ce qu'un retraité ne l'envoie à ses petits-enfants, un peu par défaut.

Il est assis une petite terrasse de café, à moitié endormi, quand le jour pointe derrière les grandes façades. Le patron qui prépare son ouverture l'observe les yeux exorbités, mais devant le manque total de réactions de son client indésirable, il poursuit sa besogne. Sûrement se promet-il de ne plus jamais laisser ses tables dehors, même après une soirée un peu trop arrosée. Il rapporte un café serré à Nigel, après avoir vérifié que celui-ci aura de quoi le payer. Il grimace quand Zlabia monte sur la table et les quatre autres chats s'activent autour de Nigel.

— Laissez-les donc faire, ce sont des artistes. Si des clients arrivent, je la ferais descendre. Mais franchement, à cette heure-ci vous n'aurez personne, elle est vraiment mal placée votre buvette. Vous devez servir que les ouvriers du port.

Définitivement vexé, mais surtout las, le patron s'éloigne avec un regard pour le ciel.
Les longs doigts de Nigel passent entre les oreilles de Zlabia qui profite des premiers rayons avant que les nuages ne les estompent. Il siffle en prenant une gorgée de café répugnant, qu'il manque de renverser quand Léonard grimpe sur ses genoux. Il a sûrement l'air d'un fou, entouré de félins mieux soignés que lui. Plutôt l'air d'un clochard alors. L'image mentale qui lui vient le fait doucement sourire. Beemin qui lui mordille la cheville aussi.

—Qu'est-ce qu'il y a ? Hein ?

Un soupir amoureux passe entre ses lèvres. Un son métallique étouffé indique que Milton a rejoint Zlabia en hauteur et Eiffel ronronne dans son dos, occupé à se nettoyer la patte.

Un instant.

Nigel se fige, puis tourne trop vite la tête. Il sent ses articulations craquées comme des allumettes. Ses yeux courent sur toute la rue, cette fois-ci vigilants, il traque la chatte blanche, son bout de queue tacheté seul défaut de sa robe immaculée. Il tente de percevoir le son de la petite plaque donnant son nom, tinter si elle passe trop près d'un mur.

— Hokuto ?

Il s'enfuit sans régler - le patron n'était même pas sympa de toute façon - sa bande à ses trousses. Il déteste ce sentiment d'insécurité qui le prend et l'enlace, chaud et piquant comme du sable mouillé. Peu importe s'il bouscule un livreur et quelques autres « lève-tôt », il suit la piste que lui montre Milton. Voilà au moins la preuve que l'entrainement et la complicité payent toujours mieux que la crainte des coups de fouet ou la récompense facile. Il s'attarderait bien sur l'efficacité de ses méthodes, mais dérape en tournant trop rapidement au coin d'une petite rue.

Encore quelques enjambées et il s'arrête net. Beemin chute de la gouttière, rattrapé in extremis par son maître qui étudie un étrange spectacle. Hokuto est bien là. Soupir de soulagement. Mais il y a quelqu'un d'autre. Grincement de dents, Beemin couche les oreilles. Hokuto est bien là et se laisse cajoler par une inconnue. Une jeune fille blonde, qu'il jauge de la tête au pied comme fait un styliste pompeux. Nigel prend une grande inspiration amère. Il est quasi-certain de la reconnaître, peut-être a-t-il déjà fouiné un peu à son sujet, une enquête sans envergure, la routine. Ses yeux se plissent, son visage se froisse. Ca l'agace de voir Hokuto dans les bras d'une autre, de ne pas se rappeler qui cette fille pourrait bien être. Mais hé ! C'est qu'elle ne devait pas être très importante. Satisfait de cette conclusion, il s'approche en prenant soin de marteler le sol, qu'on l'entende venir.

— Ohlala j'ai eu si peur, ne me fais plus jamais ça !

Il se jette sur sa mignonne et ignore d'abord la blondinette. Il doit arriver à lui faire face, à paraître aimable, mais à peine croise-t-il son regard qu'il sait qu'il n'y parviendra pas. Sans arriver à sortir même son sourire le plus crispé, il domine la jeune fille de sa hauteur et fronce un peu plus les sourcils quand il remarque que ça ne l'impressionne pas.

— Bonjour, c'est mon chat. Je suppose que je dois m'excuser et te remercier d'avoir veillé sur elle, même pour quelques instants. En fait, tu l'as rencontré il y a longtemps?

Qu'est-ce qu'il t'arrive Nigel ? Sois désolé, ris deux/trois fois, mens et simule un peu comme tu le fais avec si peu d'adresse ! Rien ne sort, mauvais signe.


{

Sunday morning and I'm falling
I've got a feeling I don't want to know
}


Ambroisie E. Avallon
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Mer 18 Juin - 19:07
✖ L'IMAGINAIRE EST L'AMANT NOCTURNE DE LA RÉALITÉ ✖
Le voile de la nuit dans une douce volupté s'étale dans le ciel, drap nocturne tâché de ses flocons scintillants se dévoilant au-dessus de Venise, au-dessus des têtes des passants pressés, il domine de sa magnificence énigmatique, renfermant comme cette infime parcelle de l'univers, qui est terre de Gaïa, mille et un secrets convoités par les essences vivantes. C'est un regard à la sclérotique, à l'iris et à la pupille couverte d'une brume métallique miroitante qui s'élève vers cette obscurité, observant les paupières battantes, le spectacle délicat qu'est le jeu de cache-cache des astres stellaires de la voix lacté et des chemins égarés. Autrefois douce danse que des yeux d'enfant innocent pouvait voir sans que clarté n'irrite les prunelles, maintenant c'est une torture, serte délicieuse, mais un châtiment cruel tout de même. Nouveau regard sur le monde, tu es obligé de te défaire de ce théâtre que jadis, tu pouvais regarder jusque-ce que la lourde fatigue ne prenne ton corps.

Tes pas résonnent sur les dalles des artères de la ville, faufilant ton corps contre les murs, regard sur le sol, les mains caressant les pierres sales, tu soulages ta vision en évitant toute source de lumière trop forte te brûlant la vue. Don disent les gens, amusement profond pour les enfants sûrement, mais pour toi et tes sorties nocturnes c'est une véritable malédiction. Lorsque nuit se repose sur le pays c'est un soupire blasé qui passe tes lèvres, toi maintenant obligé à avoir le regard constamment baissé, alors que d'habitude c'est fièrement que tu te dresses.

Alors que c'est une lente ascension qui s'opère pour toi, c'est un doux son que tu entends, et une douce caresse que tu sens à tes jambes. Une grosse boule blanche au minois fin et aux yeux luisant se tortille contre toi, fixant tes deux orbes grisâtres pleines, " Oh c'est qu't'es mignon toi... Qu'est-ce que tu fais là... Hokuto ?... ", dis-tu en te penchant vers la bestiole à poil ▬ un chat à la robe immaculé, juste tachée au bout de là queue par ce qu'il semblerait du noir. Contre ta main, tu soulèves la plaque où est noté le nom et la boule de poil frotte affectueusement sa petite tête en ronronnant, " Si tu as une plaque... C'est que tu appartiens à quelqu'un... Et il me semble t'avoir déjà vu toi... ", reprends-tu en caressant distraitement la tête de l'animal, regardant autour de toi, ne voyant personne. Réfléchissant quelques secondes, en effet il te semble avoir déjà vu ce matou... très certainement au Cirque, se trouvant non loin du lieu où tu es actuellement.

Le chat se logeant aux creux de tes bras tu le laisses ronronner contre ta poitrine, caressant d'un pouce son petit museau pâle, " Hey... Si tu es bien d'où je pense, le cirque doit sûrem- ", et tu n'as même pas le temps de finir ta phrase qu'un son désagréable te vient aux oreilles et qu'on t'agresse, " Ohlala j'ai eu si peur, ne me fais plus jamais ça ! ", le chat ne ronronne plus et quitte précipitamment tes bras, se retrouvant maintenant dans ceux de l'intrus. C'est choqué que tu es. Plantée, interloquée par cette démonstration grossière. Devant toi se tient droit, un grand homme, le sourire crispé et l'air passablement agacé, " Bonjour, c'est mon chat. Je suppose que je dois m'excuser et te remercier d'avoir veillé sur elle, même pour quelques instants. En fait, tu l'as rencontré il y a longtemps? ", sur les dire de l'inconnu tu ne peux t'empêcher de lever un sourcil abasourdit, " Euh, ouais, Bonjour. Je l'ai trouvé y'a même pas dix minutes... avant que vous ne m'agressiez... ", tes mots sont acides et tes yeux nocturnes toise la stature de haut en bas. Un homme sûrement à la chevelure clair, mais pour sur, la dégaine douteuse d'un clochard. Mains sur les hanches tu regardes le bonhomme dans les yeux, même si la lumière présente dans la rue t'irrite particulièrement, " Sinon on vous a jamais appris la politesse ? On se jette pas sur les gens comme ça ! Et puis... la notion de distance diplomatique ça vous dit rien ? Ou plutôt politesse de convention ? Jusqu'à preuve du contraire on a pas gardé les cochons ensemble ! ", d'entre tes lèvres s'est aigreur qui se dégage. Soupirant, tu reprends, " De toute façon... ce n'est pas moi qui ai trouvé votre matou, c'est lui qui m'a trouvé... Probablement parce que le maître n'est pas assez délicat...", et tu ne peux t'empêcher de faire une remarque grinçante, le regard gris et vide, défiant pourtant ton interlocuteur.

Nigel
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Jeu 19 Juin - 19:41

Comme un tic ses yeux ne cesse de cligner. Ils papillonnent tellement qu'il doit placer sa main sur son visage pour s'éviter le désagrément encore une fois. Nigel est perdu, en colère ou plutôt fou de rage, le genre qui te paralyse de la tête au pied, qui te monte à la tête et te donne la migraine. Sa nuit blanche ne l'aide pas à canaliser le tourbillon qui se prépare en lui. Il s'imagine riant aux éclats au milieu d'une tempête tropicale, quand les toits commencent à s'envoler, les arbres à se déraciner et que les caravanes se retournent. C'est ridicule, il ne pense pas être capable d'autant de violence. Il soulève ses doigts à la manière d'une visière pour jeter un rapide coup d'œil à la fille, qui elle-même semble prête à lui tordre le coup. Il fait un pas en arrière, juste pour être sûr qu'elle ne puisse l'atteindre.

Nigel se force à respirer. De toute façon, toutes les villes qui vivent fréquemment ce genre de tempête sont construites pour ne faire du cyclone qu'un courant d'air, n'est-ce pas ? Quand le calme revient, les dégâts sont minimes. Ici c'est pareil, les dégâts doivent impérativement être minimisés.

— C'est bon, c'est bon tu l'as ton espace, pas besoin d'être hystérique.

Nigel remarque néanmoins qu'elle fait l'effort de le vouvoyer malgré le mépris qu'elle a l'air de ressentir au premier abord. Lui ne se donne pas cette peine. Hokuto est encore dans ses bras, elle rentre ses griffes dans sa chemise mal boutonnée, son veston tombe de son épaule sur Milton qui s'était allongé à ses pieds. Comme d'habitude il ne bronche pas. Nigel s'en soucierait bien mais toute la rage qu'il essayait de contenir explose comme un réservoir de gaz inflammable sur les derniers mots de cette blondinette. Elle est tellement forte, qu'elle le prend à la gorge l'empêchant d'émettre le moindre son. La bouche grande ouverte il gesticule de la mâchoire comme s'il voulait broyer ses paroles comme on détruit des documents.

Hokuto descend de sa propre initiative, s'installant sur le veston et bloquant toute chance de retraite à Milton qui semble à peine réaliser que la journée a pris le chemin le plus court. Nigel profite de ses mains libres pour exprimer ce qu'il ne peut dire, par des mouvements. Grands. Rapides. Inutiles et dangereux. Il frapperait la blondinette par accident qu'il ne s'en excuserait pas. Enfin il fait des moulinets avec ses mains pour s'aérer, permettre à ses poumons d'ingérer l'air dont ils commencent à manquer.

— Moi ? Pas assez délicat avec mes chatons ? Je t'en prie tu n'as aucune idée de quoi tu parles !

C'est absolument impossible. Nigel soupire en faisant « non » de la tête, riant même un petit peu et reboutonnant correctement sa chemise. « Il leur donnent tout. Absolument tout ce que lui n'a absolument aucun intérêt à posséder il leur donnerait, mais soyons réaliste il n'a pas les moyens. La demoiselle ne semble pas très calée en chat. Nigel non plus ne prétend pas être un expert, mais il connait le caractère de chacun des siens par cœur et ils ont ce trait en commun : s'ils ne sont pas satisfaits, ils taillent la route. Cassos. Aucun d'eux n'aura du mal à trouver un nouveau foyer qui saura répondre à ses attentes. Hors si Hokuto avait vraiment voulu quitter la bande, elle ne se serait pas laissé retrouver si rapidement. Elle aurait disparu pour de bon. C'est ça l'entrainement. On ne fait pas les choses à moitiés chez nous je te prie. »

Il souffle fort. Il a raconté tout ça à voix haute, évidemment en le voulant. Sa chemise maintenant proprement mise, il ramasse son veston que la chatte à justement abandonné et sort Milton de sa transe inter-espace. Le chat redécouvre le monde calmement. Nigel tape deux coups sur son vêtement pour le débarrasser de quelques poils et de la poussière.

— Donc je disais mademoiselle, qu'à ta place je parlerais pas sans savoir. Ils t'apprennent pas ça à l'école ?

Lui a vainement essayé le lycée avant de tirer une croix sur toutes autres formes d'éducation et d'enseignement que la bonne vieille méthode de la vie. La vie qui d'ailleurs n'a pas fait travailler sa mémoire, mais ses paroles ont appuyé sur l'interrupteur de son cerveau. Etudiante, miss Avallon. Il a effectivement épluché son courrier avant de le reposer dans la boîte aux lettres comme si de rien était. Une enquête qu'il a vite clôturé par flemme, par manque de preuves qu'elle pouvait être impliquée dans quoi que ce soit ayant rapport aux meurtres ou à la fontaine. Il se souvient d'une chose en plus.

— Mais dis-moi plutôt, tu vois bien là ?

On lui crierait, « Nigel t'es qu'une salope ! » qu'il ne pourrait qu'approuver.


{

Watch out,
the world's behind you
}

Ambroisie E. Avallon
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Jeu 24 Juil - 8:31
✖ L'IMAGINAIRE EST L'AMANT NOCTURNE DE LA RÉALITÉ ✖
C'est passable humeur qui tiraille tes tripes. Foi délicate s'étant envolée vers tu ne sais quel cieux, c'est les sourcils haussés que tu regardes le corps gris en face de toi. Il t'a l'air fade, il t'a l'air creux, et pourtant il a l'air si pompeux. Autant vous dire que tout ce cirque, est absolument insupportable à ta personne. Trouvant ça ridicule ton coeur se serre et tes dents crissent, contenant tant bien que mal une colère grandissante, belliqueuse que tu es, il ne saurait tarder qu'elle s'éclate sans détour, contre le physique hautain en face de toi.

Et puis c'est un monologue qui t'importe peu qui déblatère dans les airs, un rire nerveux s'échappant de tes lèvres au court de celui-ci. Pauvre de lui, penses-tu, là, ici, toujours et encore seul, se trouvant une excuse. C'est pathétique. Voir plus. Mais l'empathique que tu es, tu ne dis rien, le laissant dans sa solitude qu'il comble par la présence de félin, " Et bien vous m'en direz tant... Ça m'a l'air passionnant, mais j'ai à faire. ", jetant tout de même ton cynisme à la face de cet homme t'irritant. N'oublions pas qui tu es.

Ton corps se meut sans politesse, bousculant par la même occasion le grand gars, dérangeant les chats, mais quelque chose de rattrape, te tenaillant le bras, stoppant tes pas, " Donc je disais mademoiselle, qu'à ta place je parlerais pas sans savoir. Ils t'apprennent pas ça à l'école ? ", Et ça tique chez toi. Ton dos ne devient que rigide colonne, et tu te retournes.

Y’a un truc.

« Mais dis-moi plutôt, tu vois bien là ? ", et ça en est trop.

Oui comme ça.
Tout de suite.
Bien trop.

En moins de deux tu sens le tissu de sa chemise sous tes doigts, tes orbes métalliques s'agitant sur le visage de l'homme, le penchant vers le tient. Tu détails. Dans le noir clairvoyant. Un indice.

Alors c'est colère plus qu'apparente qui se définit sur ton minois. Presque tu en montrerais les dents. Poussant l'homme à chat contre le mur, sans douceur, " Malheureusement, je vois encore trop.", le sifflement du courroux se faisant sentir, " Y'a un truc qui me dérange chez vous... Qui êtes-vous pour savoir que je suis encore en étude ? ", et c'est la curiosité piquée que tu serres encore plus le col de l'inconnu.



Nigel
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Ven 8 Aoû - 0:24

Tout son corps se tend quand il s’empêche de rire et ce n’est pas un petit gloussement qu’il retient, mais un bon rire si fort qu’il sait qui lui arracherait le larynx et les cordes vocales. Sûrement même qu’il finirait parterre en train de s’étouffer.  Non Nigel fait preuve d’un contrôle extraordinaire, il reste bien droit sur ses longues jambes, continue de surplomber cette blondinette de toute sa hauteur et seul le rictus mauvais qui raye son visage le trahit. Il a cet air agaçant entre pitié et méchanceté, un peu dément et  toujours un peu fatigué.

Elle s'énerve, elle pare doucement les pics que Nigel lui lance, trop doucement pour vraiment s'en protéger. Lui c'est horrible ce que ça l'amuse. Il s'enfermerait dans un placard de son plein gré pour se punir d'un tel comportement. S'il n'a jamais été Mr. Parfait, il n'est pas non plus toujours si désagréable. A l'heure actuelle, il se sent petite racaille bien décidée à emmerder son monde et cette image le laisse perplexe. Le malaise que cela crée le pousse encore plus à vouloir chatouiller les nerfs de la jeune blonde, comme pour se rassurer dans son choix d'attaque, mais une dernière fois il hésite.

Nigel tapote gentiment ses joues, une petite migraine dansant dans sa tête. Quand il entend ronronner à ses pieds, tous ses doutes le quittent et il repart sur le front, la voix rauque qui s'éclaircit après un petit rire plus doux que malicieux.

— Mais je n'en savais rien ma petite demoiselle, tu viens de me l'apprendre et je t’en remercie ! Il s'arrête pour la laisser peser ses mots. Après regarde-toi, si t'étudiais pas, je sais pas ce que tu ferais. T'as pas l'air très débrouillarde, en plus t'as du mal à bien voir les ¾ du temps et tu kidnappes les chats des gens.

Les yeux vers le ciel, les mains jointes à plat devant la bouche il nie de la tête sans laisser passer un petit soupir, qui serait de trop. Nigel se modère, il joue les acteurs qui eux-mêmes jouent brillamment de leurs techniques sur scène. Il ne les a jamais enviés, le théâtre ça ne l’a jamais vraiment attiré. Mais maintenant qu’il découvre à quel point jouer un personnage, ou même exagérer sa personnalité est divertissant, il pense sérieusement y faire un tour plus souvent.

C'est une bataille fermée qu'ils font. Nigel est vexé, crevé, courbaturé il n'a qu'une envie gagner et rentrer se coucher. Bien sûr, il pourrait en finir dès maintenant, tourner les talons, emporter sa bande de félins et dire adieu à cette gamine qui pourrait s'avérer être une source de problèmes plus tard. Pourtant, il s'obstine à vouloir voir toutes les cartes tomber, celle de son adversaire et les siennes qu'il ne connait même pas. C'est bien celui qui aura pioché le meilleur jeu au départ qui gagnera.

— Et doooooooooooooonc petiote, il s'amuse de surnoms ridicules encore et encore. T'es bien matinale non ? Je sais pas si j'ai vraiment envie de te demander où t'as été trainer. Tu crois que ça me choquerais ?

Son discours s'accompagne de battements de mains inutiles qu'on observe si souvent chez les bourgeoises orgueilleuses. Son poignet se plie et il sent son articulation craquée. C'est si drôle, Nigel n'a pas envie de s'arrêter, il se fait même un peu peur.


{

Early dawning,
Sunday morning
}

Ambroisie E. Avallon
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Sam 9 Aoû - 16:42

✖ L'IMAGINAIRE EST L'AMANT NOCTURNE DE LA RÉALITÉ ✖

Bourdonnement désagréable qui frappe les tympans. Les rides malicieuses de ton interlocuteur se plissent dans une courbe provocante, lorsque dans un souffle rieur, te semblant mesquin, il exalte dans sa position devant ta médiocrité violente. Jeune fille faible que tu es, tu te laisses avoir. On frappe avant, on réfléchit après. Absurde logique te définissant, toi donzelle, sexe passablement niaiseux. C’est du cinquante-cinquante avec toi. Virile féminité idiote. Façade bancale. Paradoxe théâtrale.


Alors ça t’énerve.
Ta colère s’engouffre dans tes veines.
Et t’éclate.


Quand cette grande main pâlotte s’étale moqueuse sur ta joue, la tienne desserre le col de cet inconnu. Ton regard métallique s’agitant sur les traits monochromes de ce gars bizarre, tu es perturbée par ce comportement… ce comportement… comportement sans réelle définition, mais ton expression ne perd pas de sa dureté. Ce qui est d’ailleurs fort ridicule vu ton gabarie, et le sien.

Mais…
Mais c’est ça le jeu.
Un jeu drôlesque.

▬ Mais je n’en savais rien ma petite demoiselle, tu viens de me l’apprendre et je t’en remercie !... Après regarde-toi, si t’étudiais pas, je sais pas ce que tu ferais. T’as pas l’air très débrouillarde, en plus t’as du mal à bien voir les ¾ du temps et tu kidnappes les chats des gens.

C’est atterrée que ta conscience prend sa tête entre ses mains devant un tel discourt. C’est vexée qu’elle est, et c’est avec dame colère qu’elle lance une nouvelle danse dans les couloirs de ton corps quand la mélodie de l’obscène connerie qui s’échappe d’entre les lèvres de ce grand truc te parvient aux oreilles.

Alors tes doigts se serrent de nouveau.

▬ Hey ! ta gueule tu veux ?! J’te permets pas bouffon d’insinuer quoi que ce soit à mon sujet…, loin sont les politesses quand ça touche ton amour propre,et puis encore une fois comment tu sais que je vois mal la plupart du temps...
▬ Et doooooooooonc petiote, t’es bien matinale non ? Je sais pas si j’ai vraiment envie de te demander où t’as été trainer. Tu crois que ça me choquerais ?
▬ OH J’ai pas fini, pouffiasse !, et c’est sortit tout seul ça, après tout vu les gesticulations qu’il opère le bonhomme, il ne présente guère mieux à tes yeux, Et ouais ça te choquerais grognasse. Ça te choquerais très certainement de savoir que j’ai surpris ta mère se faire sauter dans une ruelle…

Stupide affabulation bien sur. Mais il faut dire que tu n’es plus maitresse de tes nerfs depuis un petit moment. Pourquoi ? Parce que c’est la révélation.

La révélation. Sur ce bonhomme.
Ouais, ce gars auquel tu sers le col à t’en faire saigner la paume.
Ce gars qui te dégoute.
Qui te dégoute ?
Oui… car en face de toi…
Ce stalkeur… En fait.
C’est un violeur !
C’est sûr !
Dans ta tête…


C’est beau la paranoïa.
Mais il faut dire, il n’a pas l’air blanc, blanc non plus le lascar.
Il cache quoi au juste ?




Nigel
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Mar 12 Aoû - 16:45

Il est estomaqué, époustouflé, Nigel a un peu de mal à respirer. Qui eut cru que la petite était si simple à provoquer ? Elle grogne, elle montre les crocs, elle fulmine et c'est plus fort que lui, il en tremble de rire et de rage aussi. Elle l'insulte sans y aller par quatre chemins, lui ne peut pas bouger pour protéger ses chats, comme des enfants innocents, des atrocités qu'elle raconte. Il a beau jouer les taciturnes, avec son sourire suffisants, ses sourcils lui donnant un air faussement peiné, les méchancetés qu'elle prolifère ne le laisse pas indifférent. Il n'a que plus de raisons de la détester et c'est parfait !

— Ça te choquerais très certainement de savoir que j'ai surpris ta mère se faire sauter dans une ruelle...

Peut-être est-ce pour elle l'insulte suprême, mais Nigel se représente avec une telle réalité sa génitrice dans une telle situation qu'il n'arrive pas à appréhender la chose correctement. Ça devrait l'énerver, c'est sûr. Non pas parce que c'est sa mère - il la déteste à un point - mais parce que cette blondasse qui lui pourrit la vie en ce moment même, lui remémore une blondasse qui lui a pourri la vie par le passé. Et pourtant non, ça ne sort pas comme ça devrait, elle a raté son coup, la petite.

— Malheureusement c'est bien son genre. Il pousse un long soupir. Enfin, comme j'ai retiré tout ce qui pouvait nous lier à l'Etat civil... MAIS ALORS ! Et son visage exagère toutes les expressions les plus choquées qu'il connait. Tu traînais vraiment dans ce genre de quartier, c'est répugnant en effet !

Encore ce ton hautain, ce ton de noble qui parle à une pauvre roturière, une catin du petit peuple. Ce ton qu'il ne se connaissait pas jusqu'à aujourd'hui. A croire que cette petite effrontée s'amusait à faire ressortir le pire de lui. Nigel se frapperait sans hésitations -pour se calmer - s'il n'avait pas autant envie de la réduire au silence, elle. Il sent rarement autant de violence en lui et il a bien du mal à imaginer comment il peut la contenir le reste du temps.

Ou alors, pas la peine de trop ses creuser la tête et amplifier cette migraine qui le tiraille. C'est tout simplement parce qu'elle a approché son chat, parce qu'il manque de sommeil, parce que bordel elle froisse le col de sa chemise spécialement repassée pour la représentation d'hier, tout simplement parce que quelque chose chez elle l'énerve sans qu'il ne puisse mettre le doigt dessus. Ainsi, c'est sur le front de son adversaire qu'il pose son doigt et il appuie, fort, pour éloigner cette saleté. Et son masque de noble avec ses bonnes manières tombe.

— Tu commences sérieusement à me faire chier, la blondasse. Je te propose de trouver un moyen simple et efficace pour régler nos différents maintenant et se dire adieu.

Un bruit de tuile lui indique que sa bande de félin s’est réfugié en hauteur, à l’abri de leurs deux fureurs combinées. Sous le poids de Beemin –qu’il faudra mettre au régime- de la céramique se brise, Nigel y entend le peu de bon sentiment qu’il lui restait, claquer la porte en partant. Il souffle, tente d’arranger son col de chemise froissé, avant de relever le menton d’un air de défi.

— Vu comme ça a été facile de te provoquer, je pense même que je pourrais me faire passer pour une victime. Ses mains s’étendent comme pour présenter un gros titre « Un pauvre jeune-homme se fait agresser par une étudiante en overdose… » Ca sonne bien non ?

Sourire.
Connard.


{

It's just a restless feeling
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