DRAMATIS PERSONAE

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CONTEXTE

Venise a sombré, Venise a peur. L'eau s'est teintée de rouge, les rues devenues dangereuses. Cette ville autrefois si magnifique, si belle, comme un petit paradis sur terre est devenue froide et lugubre. À la recherche d'une jeunesse éternelle, deux organismes s'affrontent dans les rues de Venise dans un jeu de meurtre inlassable.

Aileen LevyAres RiveiraMnemosyne
06.08

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「Zayn Van Sydow」♠ Thanks for the Hate 'cause it's fueling my flames

Zayn Van Sydow
Zayn Van Sydow


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Ven 27 Juin - 16:25




We're all insane
This is psychosis. This is the jigsaw blown apart.



▬ VAN SYDOW Zayn Idris
▬ Vingt-six ans
▬ Anglais
▬ As de Cœur ♥ des Lus Sangini
Retrait de son souvenir 【DELENS ESSE】
Vous l'aviez vue, la silhouette de cet homme, Zayn de son nom... Vous aviez même vu son visage, et dans le meilleur ou le pire des cas, vous lui aviez parlé, vous aviez vécu, même pour un court instant, un moment de votre vie en sa compagnie. Mais ces souvenirs ne sont désormais plus que source de confusion. Vous vous souvenez très exactement de la situation, de l'environnement et de tous ces gens qui font partie de ce souvenir, tous... Sauf lui. Comme un chaînon manquant, il s'est détaché de votre mémoire en un clin d’œil. Dommage pour vous qui avez croisé son regard car c'est ce contact oculaire qui aura été à l'origine de ces confusions. N'étiez-vous qu'un simple étranger aux yeux de cet homme ? Dans ce cas, ce n'est même pas la peine d'espérer retrouver ce que vous avez perdu, ou du moins, sans y mettre les efforts nécessaires. Ou bien étiez-vous comme un proche ? Alors il fera tout pour éviter de croiser votre chemin à nouveau, sans quoi, les risques que vous recouvriez la mémoire se voudraient plus grands, et ce n'est clairement pas ce qu'il veut, n'est-ce pas ? Certains pourraient qualifier cet alumnus de cadeau empoisonné, se faire oublier de son entourage étant souvent la dernière chose que l'on souhaite, mais pour cet homme, il s'agit tout bonnement d'une bénédiction. Même si l'usage de ce don lui demande mûre réflexion avant chaque utilisation, car s'il a la capacité de se faire oublier, il n'a cependant, aucun autre pouvoir sur la mémoire d'autrui, il ne peut absolument pas faire récupérer des souvenirs comme il en efface. Il ne tient qu'à la victime de retrouver ce qui lui a été enlevé, et à personne d'autre.


My mask is growing heavy, but I've forgotten who's beneath...


Se dévoiler à la lumière du jour, c'est s'exposer au regard d'autrui. Cela ne veut pas pour autant dire que ce qu'ils voient est juste. Vous le voyez cet homme là-bas ? Si élégamment vêtu, dégageant cette aura de réussite, il apparaît évident qu'il fait partie de la haute société. Ses manières doivent assurément être aussi exemplaires, et c'est vrai... Du moins, c'est là ce qu'il se plait à faire croire à son entourage.

Tel un héritier de riche famille digne de ce nom, Zayn a toujours su se montrer sous son plus beau jour, c'est-à-dire avec noblesse, politesse, élégance, honneur et peut-être même un peu d'altruisme. Les nobles ne sont pas si égoïstes que ce que les gens laissent souvent prétendre, après tout. Certains savent voir le bon côté du partage et être serviables envers les plus infortunés, aux lieux de les toiser de leur air supérieur, et sans forcément y voir un intérêt personnel. C'est au cœur de ce même principe que Zayn fut éduqué.  Cependant...

Attendez, stop ! Vous avez réellement cru à ce charabia ? Alors toutes mes condoléances, votre vie aura été bien courte, dommage. Tant pis pour vous, et tant mieux pour lui. Même s'il lui arrive de se montrer serviable et aimant, il ne s'agit là que d'une façade pure et dure. Zayn n'agit que dans son propre intérêt, à quoi bon se démener lorsque l'on n'est même pas sûr d'y gagner quelque chose ? Opportuniste, fourbe, sournois, manipulateur et stratège, voilà ce qui se cache sous ce masque trompeur... En partie. Mais ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg et cette noirceur qui réside en lui n'a de cesse de grandir chaque jour.

Sachez néanmoins qu'il y a tout de même une certaine qualité que l'on ne peut lui enlever. En effet, vous avez devant vous un véritable bourreau du travail. Peut-être un peu trop extrême selon certains. Son boulot ? Vous ne le devinerez certainement pas sans briser la glace. Aux yeux des ignorants, il n'est qu'un simple rentier chanceux à qui la vie sourit à pleine dents, pourtant derrière cette face cachée se terre un tueur de sang-froid qui éprouve sûrement un peu trop de plaisir à exercer son métier d'assassin.

Un dégénéré mental, psychopathe, monstre, taré... Vous pouvez le traiter de tous les noms, lui cracher dessus autant que vous le voudrez et lui jeter votre haine à la figure, tout ce que vous récolterez se résumera à un fou rire. Il y a longtemps que Zayn se nourrit désormais de cette même haine et du malheur qu'il inspire à autrui, comme pour combler ce besoin constant de répondre aux pulsions de cette ardente frénésie qui lui colle à la peau. Inutile de préciser qu'il est préférable d'éviter de s'attirer ses foudres, encore qu'il ne faille pas grand chose, chaque occasion de pourrir la vie d'un autre est bonne à prendre après tout.

Dans tous domaines, la pratique est assurément intéressante, mais Zayn aime autant le côté théorique du sujet, s'accordant ainsi de nombreux moments d'observation avant de passer à l'offensive. A noter également qu'il fait -très- difficilement confiance aux autres, même lorsqu'il s'agit de collègues. Les mots ne sont que des mots, si vous devez lui prouver la valeur de votre parole, il vous faudra nécessairement agir, et encore... Rien n'est garanti. Peut-être est-il un peu paranoïaque sur les bords, mais selon lui, il n'existe aucun individu sur cette Terre qui n'ait pas d'arrière-pensée. Comprenez-le, cet homme est bien malgré lui conscient du fait que ses actions ne sont pas du goût de tous, voir le monde d'un aussi mauvais œil n'est que pure protection, par simple méfiance. A ses risques et périls bien sûr.

Mais que serait la vie d'un assassin sans aucun risque ? Tout simplement ennuyeuse à mourir. Et la banalité d'une vie quotidienne d'un pauvre civil cherchant à gagner son pain n'intéresse aucunement cet homme. Ce qu'il recherche ? La différence, des sensations dites peu communes. Ce qui est généralement détesté, ce qui effraie les autres, ce qui est condamné par ce que les gens se plaisent à appeler la Justice, Zayn rythme sa vie, le plus souvent, par des interdits. Riant au nez de la loi et de toute autre règle, cette mentalité l'a poussé à devenir aussi solitaire qu'individualiste, ce qui n'est pas toujours pour plaire à ses partenaires chez les Lus Sangini. Préférant parfois faire les choses à sa manière, au lieu de suivre à la lettre les instructions données, son entêtement lui aura sans doute valu de se faire taper sur les doigts plus d'une fois par ses supérieurs. Cependant la qualité de son travail, son dévouement et sa loyauté envers l'organisation suffisent généralement à lui sauver la mise.

Zayn est, en résumé, un homme aussi mauvais que dangereux, un grand méchant loup caché parmi des milliers de moutons, pourtant il existe réellement un soupçon de bonté en lui. Aussi étonnant que cela puisse paraître. Dire qu'il ne le montre que rarement n'est qu'un énorme euphémisme. Les seuls individus à pouvoir témoigner du peu d'humanité qu'il lui reste se comptent sur les doigts d'une main. Ce sont pour ainsi dire, les seuls devant qui Zayn ose ôter ce masque qu'il porte depuis si longtemps qu'il en aurait presque oublié celui qu'il était... Et sûrement celui qu'il aurait dû être.

A titre d'information supplémentaire... Depuis un lointain souvenir, il ne peut désormais voir l'océan et tout ce qui s'y rattache qu'en horreur.


Clémence d'une lune noire

Le voile ténébreux de la nuit est tombé, et avec lui un silence à peine perturbé par quelques chants nocturnes. La fraîcheur de l'air plane dans cette atmosphère humidifiée par le passage d'une pluie sans doute trop généreuse, tandis que la lune a depuis longtemps dépassé le point culminant de sa course perpétuelle. Voilà maintenant de longues heures que Venise est tombée dans les bras de Morphée... Ou presque.

Aux alentours de ces quartiers marins exclusivement réservés aux gondoles, un homme aux traits légèrement tirés commence à perdre patience. Il tape du pied, les bras croisés, l'air blasé, râlant sans cesse intérieurement.

'Tain... Mais qu'est-ce qu'il fout ? J'ai pas qu'ça à faire, nom de Dieu.
Qu'est-ce qui peut bien être plus important qu'une tâche confiée par l'organisation, tu peux me le dire ?

Se dévoilant à la lueur de la lune, l'homme qu'il attend depuis maintenant presque une heure apparaît finalement devant lui, un air à la fois grave et stoïque peint au visage.

Ça, ça te regarde pas. Et j'te signale que t'es en retard.
Tu fais passer ton intérêt personnel avant le groupe ?
Parfois le sens des priorités change, dit-il, en haussant les épaules.
Tu devrais plutôt t'estimer heureux que je ne sois pas arrivé à l'heure, lâche son interlocuteur, un rictus mauvais étirant désormais ses lèvres.

Des minutes, des heures, des jours... Son temps est compté. Ici, il n'y a guère de place pour les énergumènes dans son genre, ces parasites nuisibles qui ne sont bons qu'à attirer des ennuis à l'organisation. Oh oui... Peut-être aurait-il dû prier pour qu'il ait davantage de retard. Peut-être aurait-il dû prier pour qu'il ne vienne pas du tout. Mais il est déjà trop tard.

Fausse vérité

Tu t'en vas encore ? Pour combien de temps cette fois ?
La situation est un peu plus sérieuse que prévue, je ne serai sûrement pas de retour avant un mois.

La jeune femme soupira longuement.

Hé, je vais revenir, je sais que je suis peu présent en ce moment mais le mois prochain je serai là, tentait-il de la rassurer.
Tu me le jures ? demanda-t-elle à nouveau, légèrement déconcertée par la situation présente, parce que je te rappelle que j'ai également affaire à Londres le mois suivant. Et tu sais pertinemment que je préfère savoir notre fils en compagnie de l'un de nous deux.
Il grandit vite tu sais, déjà quatre ans, bientôt il n'aura même plus besoin de notre surveillance.
Hm... Zayn chéri, viens dire au revoir à ton père, interpella-t-elle l'enfant.

Ce dernier rappliqua rapidement, ennuyé par cette voisine encombrante qui tenait tant à lui montrer ses nouvelles poupées. Poupées dont il n'avait absolument rien à cirer, pour ainsi dire. De toute évidence, elle ne se rendait même pas compte qu'elle parlait dans le vide, l'imbécile.

Hé là p'tit bonhomme, tu veux bien veiller sur ta mère en mon absence ? s'adressa-t-il à son fils après l'avoir pris dans ses bras.
Ne t'en fais pas pour nous. Allez file, tu vas rater ton avion, achève-t-elle avec un rire.

Quelques heures plus tard, son mari avait déjà quitté l'Italie... C'était du moins ce qu'elle croyait. Elle n'imaginait malheureusement pas que cet homme avec qui elle partageait sa vie depuis maintenant plusieurs années, lui mentait chaque jour un peu plus. Est-ce qu'il la trompait ? Pas le moins du monde. Sa fidélité était absolument irréprochable, mais il est certaines choses que l'on ne peut partager et que l'on se doit de porter... Seul.

L'ignorance et sa démence

Que se passe-t-il mon ange, tu fais la tête ? devant le silence dans lequel se terrait son fils, la jeune femme prit de nouveau la parole, quelque chose te froisse visiblement, tu sais que tu peux tout me dire. Qu'y a-t-il ?
Je sais pas, répondit-il sèchement, sans prendre la peine de lui adresser un regard, l'étendu cotonneuse qui se profilait devant lui à travers le hublot lui servait de prétexte pour éviter tout contact visuel avec sa mère.
Tu aurais préféré rester à Londres ? aucune réponse, tu as au moins pu y passer ton sixième anniversaire, c'est déjà quelque chose, non ?
C'est pas ça.
Tu es malade peut-être ?
Il est où papa ? Et puis pourquoi on a pris l'avion ? On n'était pas censé retourner en Italie en bateau ?

Elle marqua un temps d'arrêt. Evidemment, elle aurait dû s'en douter. Jamais elle ne l'avait emmené avec elle en plein voyage d'affaire, mais ce coup-ci, elle n'avait guère eu le choix. Son mari n'avait pas eu la chance de rentrer à la maison dans les temps et son propre travail ne pouvait attendre.

Eh bien, le bateau sur lequel nous devions embarquer a soudainement tout annulé à la dernière minute. Attendre le prochain embarquement nous aurait fait perdre trop de temps, alors j'ai pris ces billets d'avion de justesse. Nous serons peut-être obligés de faire un petit détour avant d'arriver à Florence mais ça ne nous fera pas de mal, tu verras.
Et pour papa ? insiste-t-il.
Ton père a eu un contre-temps... Encore une fois. C'est pour cette raison que je t'ai emmené avec moi cette fois-ci. Tu as pu revoir ta ville natale, c'était plutôt bien, tu ne trouves pas ?

Le regard posé sur sa mère, Zayn baissa les yeux, avant de finalement reporter son attention sur cet océan de coton. Étrangement et pour une raison qui lui échappait, cet appareil le rendait nerveux.

Il te plait le pendentif que je t'ai offert ?

L'enfant répondit avec un simple hochement de tête, les yeux rivés sur l'extérieur, son esprit semblait bien trop occupé pour parler. Sans doute avait-il raison de s'inquiéter, mais personne n'aurait pu prédire ce qui était sur le point de se produire.

La dystopie d'un rêve

Les vagues dansent paresseusement, légèrement portées par la brise marine tandis que Zayn reprend conscience, affalé sur un débris flottant à la surface. Les paupières lourdes, il sent la douleur le tirailler de toute part alors que des voix se font entendre au loin. Puisant dans ses forces, le jeune garçon relève la tête pour apercevoir les quelques rares barques de sauvetage encore à la recherche d'éventuels survivants. Dans son dos, l'appareil volant se fait lentement engloutir par l'océan, lui faisant l'honneur d'être son tombeau. Tentant difficilement de se redresser, il scrute les environs à la recherche d'un quelconque moyen d'atteindre ces barques quand son regard est attiré par la surbrillance d'un objet métallique. Devant lui, légèrement poussé par cette houle agitée, son pendentif gît dangereusement au bord d'une valise flottante. C'est de justesse qu'il le rattrape alors que la mer se met en tête de l'engloutir à son tour. Soudain il se souvient de celle qui se tenait à côté de lui un peu plus tôt, il se souvient de sa mère et entreprend de la chercher du regard, en vain. Ne la voyant nulle part, il tente alors de l'interpeller, sans plus de résultats. Les barques. Peut-être est-elle déjà à bord. Tâtant son gilet de sauvetage, il attrape son sifflet et souffle jusqu'à s'en éclater les poumons. Zayn. Personne ne semble l'entendre alors que le désespoir l'envahit peu à peu et que la Mort vient lentement à sa rencontre. Zayn ! Un froid mordant le gagne tandis que sa conscience se perd. La fatigue prend le dessus alors que le monde autour de lui semble se déformer, avant de sombrer dans la pénombre de l'inconscience.

Zayn, hé ! Tu m'écoutes ? Ma parole, tu t'es encore endormi ?
Ah ? Je suis désolé.
Oui oui oui, c'est ce que tu dis tout le temps en ce moment, lui fit-elle remarquer en lui assénant des coups de papiers journaux sur la tête. Et je te rappelle que tu as promis que tu viendrais voir papa avec moi aujourd'hui.
Ah j'ai fait ça, vraiment ?
Joue pas les rabats-joie, je suis sûre que tu te souviens de l'occasion pour laquelle on y va. Du moins, t'as intérêt.
Ne t'en fais pas pour ça, tu en parles même pendant ton sommeil alors aucun risque que je l'oublie.
Vraiment ?
Oh que oui, tu as même malencontreusement balancé ton idée de cadeau, imagine un peu si il avait été à ma place, lâcha-t-il avec un sourire moqueur.
J'ai fait ça ?! Et comment ça d'abord, tu m'espionnes ?!
Pff ! Bien sûr que non. Mais c'est ce qu'on gagne quand on fait la sieste dans le salon, dit-il en haussant les épaules avant de se redresser sur sa chaise. Bon, on y va Layce ?

Quelques secondes plus tard ils étaient en route pour le commissariat. Zayn marchait aux côtés d'une Layce toute excitée à l'idée de voir son père qui ne s'attendait absolument pas à sa venue. Elle n'arrivait pas à tenir en place, si bien que sa langue ne semblait pas pouvoir s'arrêter, chantant des louanges à l'adresse de son paternel encore et toujours. Un héros. Oui c'était là la fabuleuse image que cette jeune fille se faisait de lui, comme l'idole parfait à qui tout le monde rêverait de ressembler. Ou tout du moins, c'était elle qui en rêvait. Zayn restait silencieux, observant la joie de vivre qu'elle dégageait, toute l'énergie et le cœur qu'elle déployait parce qu'elle était heureuse, heureuse d'avoir un père aussi merveilleux que le sien. Mais elle avait également la chance de pouvoir compter sur la présence d'une mère attentionnée et aimante, une belle famille au grand complet, pour faire court. Quelque chose que Zayn avait, de toute évidence, perdu depuis longtemps.

Depuis des années maintenant, les Kleozs entretenaient de proches relations avec les Van Sydow. Si proches qu'après le départ si soudain du père de cette même famille, il leurs parut tout naturel de prendre Zayn sous leur aile. Pourtant peu importait combien les Kleozs se montraient aimants et accueillants envers lui, même après des années, il n'arrivait toujours pas à y trouver sa place. Se sentant comme étranger malgré tout, mais n'ayant nulle part où aller, plusieurs fois avait-il songé à partir, tout en se résignant constamment. Quelque chose sonnait horriblement faux à ses oreilles. Pourquoi Diable son père avait-il décidé de partir de façon si impromptue ? Pensait-il réellement qu'un vulgaire bout de papier répondrait aux questions que son départ susciterait ? Quel grand comique, décidément. Layce et ses parents avaient tant fait pour lui, c'était là la raison pour laquelle il leurs était si redevable, mais il avait beau tenter de changer son ressenti, tous ses efforts furent vains.

Sans doute vivait-il sous le même toit que Layce, mais il le sentait, leurs différences se voulaient aussi grandes qu'un fossé large de plusieurs kilomètres. Depuis le début elle savait ce qu'elle souhaitait faire de sa vie. Depuis le début elle avait cette lumière pour la guider. Depuis le début elle savait qui elle était et qui elle serait plus tard. A l'instar de Zayn qui lui, languissait jour et nuit de trouver cette même voie qui lui permettrait de marcher vers un avenir prometteur. Car même tout l'or du monde ne pouvait lui apporter ses réponses, la fortune dont il avait hérité ne lui était d'aucun secours.

« Tu n'as jamais été là... »

Assise aux côtés de sa mère, Layce lui raconte les exploits de son père. Un criminel de plus derrière les barreaux. Les yeux pleins d'étoiles, elle tente de détendre l'atmosphère refroidie par la gravité de la situation. Elle lui dit que tout ira bien, que très bientôt elle pourra sortir de ce lit d'hôpital pour rentrer à la maison et que cette fichue leucémie ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Derrière elle, adossé contre le mur, Zayn se terre dans son silence avant de se faire interpeller par celle qu'il considère également comme sa mère. Prenant délicatement la main de ses deux enfants, elle tente de les rassurer, leurs demandant de ne pas s'inquiéter pour elle. S'ensuivent quelques échanges divers avant que l'eau ne coule sous les ponts. Plusieurs fois par semaine elle reçoit la visite de sa famille. Aujourd'hui son état semble s'être stabilisé, les infirmiers ont même décelé une amélioration. Rassuré, Zayn sort de la chambre en compagnie de Layce, sans savoir pour autant que cette fois-ci fut la dernière visite qu'ils lui rendirent.

Je suis vraiment désolée Layce, je n'aurais pas dû reparler de ça, c'était mal venu de ma part d'évoquer ta mère.
Non c'est rien, t'en fais pas. Et puis ce n'est pas comme si elle n'avait eu aucun soutiens, papa et moi étions là pour elle évidemment.
Et Zayn, il était là aussi, non ?
Oui bien sûr qu'il était... commence-t-elle en se tournant vers ce dernier, toutefois un trouble la saisit lorsqu'elle croise son regard. Non... Je m'en souviens pas.
Ah bon ? Pourtant je vous ai déjà vus entrer à l'hôpital tous les deux.
J'étais là Layce, presque aussi souvent que toi d'ailleurs.
Pas avec moi alors. Mais si tu dis que tu es allé la voir, c'est tout ce qui compte. Quoique j'aurais aimé qu'on y aille tous ensemble, lâche-t-elle avec un sourire.

La légère confusion qui se lisait sur le visage du jeune homme laissa place à un air perplexe, tandis que Layce reprenait la marche avec sa collègue. Quelque chose ne tournait pas rond ces derniers temps. Ce n'était pas la première fois que l'on clamait son absence à un moment où il se savait présent. Le pire venait sûrement du fait que sa propre sœur n'était pas la seule à affirmer ce genre d'ineptie. Fou ? Bien sûr que non il ne pouvait pas l'être. Sa mémoire n'avait rien de défaillant, il était là, il le savait. Pendant des jours il eut cette impression de perdre la tête, si bien qu'il lui était déjà arrivé de remettre sa propre existence en question. Jusqu'au jour où il eu ce fameux déclic.

Layce, tu aurais une minute ?
Hm ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demande-t-elle en se retournant sur sa chaise avant que son frère ne détourne aussitôt les yeux. Il ne voulait pas la regarder, il ne le pouvait pas.
Tu te souviens de la fois où tu as un intégré les Carabiniers ? Tu m'avais demandé de venir te voir et je t'avais répondu que j'aurai un empêchement.
Oui parfaitement. Mais tu es quand même venu, dit-elle toujours tournée sur sa chaise.

Zayn pivota de nouveau pour lui faire face et la fixa droit dans les yeux.

Donc tu t'en souviens ? Tu serais prête à me le confirmer... Une nouvelle fois ?
Le jour où j'ai intégré les Carabiniers tu... elle fit une pause, un temps d'arrêt qui glaça le sang du jeune homme, ce qui allait suivre n'allait rien arranger. Tu... Je... Je sais pas, je m'en souviens pas.
Ce n'est pas grave, merci d'avoir essayé quand même, conclut-il rapidement avant de disparaître de la pièce.

Depuis quelques mois, la population avait commencé à parler de dons, des sortes de pouvoirs plus communément appelés Alumnus. Ces oublis constants, ces troubles de mémoire et cette difficulté à se souvenir de sa personne, tout cela ne pouvait s'expliquer que d'une seule façon. Cette intrigante capacité à se faire oublier d'autrui ne pouvait être qu'un de ces fameux dons, son Alumnus. Pourquoi celui-ci et pas un autre ? Il n'en savait absolument rien. Peut-être était-ce parce qu'il avait l'habitude de s'effacer face au reste du monde, restant souvent en retrait tout en observant de loin. Oui, ce don lui allait comme un gant.

Voilà maintenant un moment que Zayn s'était fait à cet étrange pouvoir. Pouvoir qu'il s'était efforcé à apprendre à contrôler. De cette façon, il surmonta l'imprévisibilité de cette capacité pour ainsi éviter d'effacer son propre souvenir à chaque contact visuel. Ce n'était qu'une question de force mentale après tout.
Seul face à l'océan qui reflétait les chaudes couleurs d'un soleil couchant, le jeune homme se laissait finalement aller à un peu de détente, après cette pénible période faite de confusion et de troubles. Prenant une grande inspiration, il entendit néanmoins un bruit sourd retentir à travers l'étroitesse des murs des canaux. Scrutant les environs, tout semblait normal, mais il n'eut guère le temps de se faire une quelconque réflexion qu'il sentit un poids lourd s'abattre sur sa nuque, les couleurs chatoyantes du soleil ne tardèrent pas à s'évanouir, pour finalement sombrer dans l'obscurité la plus totale.

Aux grands maux les grands remèdes

Un seau rempli d'eau glacée. C'est ce qui obligea Zayn à reprendre conscience.

Le revoilà parmi nous, enfin ! Alors, on a bien dormi ?

Devant lui, un homme au visage aucunement familier se redressait sur ses jambes, l'air plus ou moins satisfait. Il balança nonchalamment le seau désormais vide et reporta son attention sur Zayn, qui lui-même se rendit compte qu'il était privé de tous mouvements, cloué à une vulgaire chaise. Face à lui, l'homme s'installa avant de reprendre la parole :

Tu sais, j'avais vraiment fini par croire que mon pote ici présent, il le désigna, y était peut-être allé un peu trop fort, dit-il sur un ton quelque peu sarcastique. Oh mais attends... il effleura le visage du captif, récupérant ainsi une petite quantité de sang qui s'écoulait le long de ses tempes. Bon, peut-être que si en fait, mais qu'importe.
Vous êtes qui vous ? Et qu'est-ce...
... qu'on veut ? compléta-t-il de lui-même. Certainement pas de l'argent si c'est ce que tu crois.

Zayn ne put s'empêcher d'étouffer un léger rire malgré sa situation.

Alors je peux rien pour vous, je crois que vous vous êtes bien foiré.
Je crois pas non, rétorqua l'homme après un silence, il sortit une photo de sa poche et  la mit en évidence. Lui tu le connais. Et tu vas nous aider à le retrouver.

Les yeux rivés sur le cliché, Zayn tenta tant bien que mal de cacher sa stupeur lorsqu'il constata que l'individu qui y apparaissait n'était autre que son propre père.

Qu'est-ce qui vous fait dire que je le connais ? tentait-il de nier, en vain.
Oh pitié joue pas à ça avec moi, tu sais aussi bien que nous tous ici que ce gars c'est ton père. Il nous a pris quelque chose, quelque chose d'assez important vois-tu ? Et je commence à en avoir ras le bol de lui courir après alors tu vas nous aider.
Vous devez sûrement être sacrément cons et désespérés pour en arriver là, cracha Zayn, peu enclin à coopérer avec ces énergumènes, de toute évidence il n'avait lui-même pas revu son père depuis douze ans, ces gars-là avaient définitivement frappé à la mauvaise porte.

Face à tant d'arrogance, cet individu qui avait tout l'air d'être le leader de ce groupe adressa un regard à l'un de ses camarades. Zayn sentit alors sa chaise basculer en arrière tandis que l'on s'empressa d'envelopper sa tête d'une épaisse serviette pour enfin faire couler de l'eau à flot, simulant ainsi cet oppressant sentiment de noyade. Une, quatre, huit, les secondes se prolongeaient et malgré les efforts qu'il déployait, il sentait son corps supplier et prier pour un peu d'air. Dans son dos, ses doigts se crispaient et ses jambes tentaient vainement de se défaire de leurs liens, pendant que son cœur semblait être sur le point d'exploser. Lorsque le calvaire arriva à son terme, même pour un temps, ce même visage déplaisant réapparut devant lui alors qu'il tentait difficilement de reprendre son souffle.

Tu l'ignores peut-être mais cette larve qui te sert de père est toujours sur le territoire. Je vais te laisser méditer un peu sur la situation et on en reparlera plus tard.
J'ai rien à dire, tu peux crever.

A ces mots, l'homme revint sur ses pas et planta la lame de son couteau sous la clavicule gauche de Zayn dont le visage se tordit de douleur, le clouant par la même occasion au fond de la chaise.

Je crois que t'as pas bien saisis, t'es pas en position de refuser quoi que ce soit, alors tu vas coopérer. Autrement je me verrais dans l'obligation de prendre des mesures plus drastiques encore, acheva-t-il tout en prenant le soin de tourner la lame dans la plaie. Allez on dégage, on a du pain sur la planche, ordonna-t-il à ses compagnons, l'instant suivant, ils étaient tous partis. Tous, sauf deux ou trois d'entre eux.

Le temps commençait à se faire long depuis le départ de cette mauvaise troupe, et les trois énergumènes restés derrière  s'occupaient comme ils le pouvaient. A l'heure actuelle c'était un jeu de carte sur table qui leur occupait l'esprit, le tout accompagné de divers sujets de conversation.

Tu crois qu'on va le retrouver ce lascar ?
T'inquiète on n'en est pas loin, et quand le moment sera venu, il va regretter d'être venu au monde.
Bah... J'suis pas si sûr de ça. A quoi ça sert de s'en prendre à son fils s'il s'est barré après la mort de sa gonzesse ?
Tu doutes du plan ?
Je veux dire, bidouiller l'avion là, pour ensuite provoquer tout le bordel qui a suivi, tout ça en guise d'avertissement ou de punition je sais pas trop quoi, ça a pas bien marché hein. Ça a même eu l'effet inverse en fait. Et il avait pas franchement l'air d'avoir quelque chose à en foutre, puisqu'il s'est cassé.
Ah ah ouais, sauf qu'à l'époque, y avait pas encore cette histoire d'alumnus ! C'est surtout ça qui compte et qui va sûrement intéresser ce gros lâche aussi.
Je comprends pas.
Faut tout te répéter, merde ! Les rumeurs qui courent en ce moment, ça te parle ?
Ahh ! C'est donc pour ça !
N'empêche, c'est quand même dommage qu'elle soit morte.
Ah elle était pas mal dans son genre ouais.
Je me la serais bien faite, je me serais tellement amusé avec elle.
On se serait bien amusé, tu veux dire.

S'ensuivirent des éclats de rire alors que la conversation se prolongeait. Mais si l'ambiance était quasiment festive pour eux, Zayn en était bien loin, pour ne pas dire qu'il ne l'était pas du tout. Abattu par la fatigue, il sentit un frisson lui parcourir l'échine lorsqu'il apprit que ce crash d'avion était en réalité loin d'être un simple accident banal et anodin. Mais la stupeur céda rapidement place à une frénésie sans nom. Une colère si noire qu'il maintenait tant bien que mal, mais qui suffisait à le mouvoir malgré la douleur qui lui tiraillait le corps.

Redressant la tête, le jeune homme entreprit de balayer les lieux du regard, analysant chaque recoin et jetant de mauvais coups d’œil vers ces larves qui ne perdaient rien pour attendre. Ils semblaient bien trop occupés à échanger des blagues de mauvais goût pour prêter une once d'attention au captif qui tenta alors de récupérer cette lame profondément plantée dans son épaule à l'aide de ses dents. Ces sales types avaient raison de rire finalement, car il s'agissait là de la meilleure façon de profiter de la vie, et la leur était sur le point d'arriver au terminus.

Marcher sur la Haine...

Il se tenait là, juste devant lui. Cet homme qui n'avait plus rien d'humain. Une bête éveillée qui ne cherchait plus qu'à assouvir sa soif de sang. Les mains rouges et les vêtements teintés de cette même couleur écarlate. La peur avait envahi les lieux et le seul survivant encore paralysé par cette vision d'horreur se disait que le groupe aurait mieux fait de ne pas revenir. Observant le corps de leur leader gisant au sol, il releva les yeux vers ce monstre qui semblait rire de la situation et à moins que ses oreilles ne lui fassent défaut, il lui semblait également entendre quelques chuchotements. Quelques mots susurrés disant qu'il n'y avait pas meilleure sensation que celle de sentir l'importance d'une vie à ses pieds, et d'autres louanges concernant le fait de verser du sang. Lorsque Zayn se tourna finalement vers le dernier d'entre eux, l'homme eut un léger sursaut avant de trouver la force de prendre ses jambes à son cou. Peine perdue. Un sourire mauvais s'étendit sur ses lèvres alors qu'il se lançait à sa poursuite, attrapant un couteau dans la foulée en plus de celui qu'il tenait déjà dans sa main.

Tu veux jouer au chat et à la souris ? Pas de problème.

L'air nocturne lui fouettait le visage au même titre que les gouttes déversées par un ciel dépourvu d'étoiles. Sa respiration saccadée lui brûlait les poumons alors qu'il sentit une lame lui percer le dos, le forçant à tomber en avant sur les pavés glissants de la ville. Sur ses coudes, il n'eut guère le temps de se redresser que son poursuivant l'avait déjà rattrapé, ne manquant pas de le dévisager d'un air grave.

Je... J-Je te jure j'y suis pour rien, à l'époque j'étais même pas encore avec eux ! Faut que tu me crois, je te jure ! J'ai rien fait !
Possible. L'ennuis vois-tu, c'est que ça n'a plus d'importance maintenant.
Q-Quoi ?

Aussi stoïque qu'au départ, Zayn n'attendit guère plus longtemps pour lui planter une lame en pleine gorge avant de mener un index à ses lèvres comme pour lui dire de ne pas hurler. Continuant sur sa lancée, il n'hésita pas à remuer le couteau dans la plaie si bien qu'il aurait presque décapité sa victime. Devait-il aller plus loin encore ? C'était là la question qu'il s'était posé en se redressant sur ses jambes, tout en contemplant le cadavre qui gisait à ses pieds. Mais ses réflexions furent interrompues alors qu'il récupérait ses deux armes. Un cri étouffé l'obligea à faire un demi-tour sur lui-même quand il se rendit compte que sa chère sœur avait été témoin de toute la scène.

Layce... !

Trop tard, elle était déjà loin. S'apprêtant à emboîter le pas, il s'arrêta néanmoins lorsqu'il réalisa  que sa vie avait changé du tout au tout, en si peu de temps. C'était fini. Un être comme lui ne pouvait absolument pas vivre sous le même toit qu'une fille telle que Layce. Pas après ce qu'il avait fait. Pas après ce qu'il était devenu. Elle était là, la raison de ce fossé si grand entre eux deux. Elle, qui faisait tout pour protéger les faibles, faire régner la Justice et agir en héroïne comme son père. Et lui, en proie à une rage indescriptible mais extrêmement bien terrée, cachée au fond de son cœur et n'attendant plus qu'à réclamer Justice elle-même, mais une Justice sanglante et dévastatrice. Dans un énième élan de colère, Zayn asséna un coup de pied à la tête du cadavre, tête qui se détacha inopinément du reste du corps pour virevolter un peu plus loin. Il ne pouvait pas rester, c'était l'évidence-même. Mais il ne pouvait pas non plus se permettre de lui laisser ce souvenir, du moins pas le sien. Sur ces pensées, il emprunta finalement le chemin de la maison, bien décidé à amoindrir les dégâts.

Arrivé à destination, Zayn se retrouva aux pieds d'une demeure baignant dans l'obscurité. C'est en franchissant le pas de la porte qu'il se plongea dans le silence y régnant en maître alors qu'il scrutait les environs à la recherche de sa sœur. Mais il n'y avait personne. Durant des secondes qui lui parurent interminables, il resta planté là, adossé à la porte qu'il venait de refermer derrière lui, s'accordant un bref moment de répit afin de faire un peu d'ordre dans son esprit si désorienté.

Décidé à se débarrasser de tout ce qui serait susceptible de le concerner dans cette demeure, Zayn se dirigea vers cette pièce qui lui servait encore de chambre. Pourtant, il se sentait désormais étranger à cette résidence, un ressenti qui le poussa à se méfier tel un voleur, dès son entrée. Poussant la porte délicatement, il attendit un instant avant de toucher à l'interrupteur pour chasser l'obscurité de la pièce. Quelle fut sa surprise lorsqu'il aperçut finalement Layce, assise au milieu de son lit, attendant patiemment son retour. Evidemment, il aurait dû s'en douter. Elle qui se promettait à un avenir de Carabinier, elle qui prônait la vérité par-dessus tout. Sans doute s'attendait-elle à des explications, sans doute espérait-elle qu'il lui dise que tout ceci n'était en fait qu'un mauvais rêve dont elle devait se réveiller. Mais elle savait pertinemment que ce ne serait pas le cas.

Layce, je...
Non. Si c'est des excuses que tu t'apprêtais à me faire, c'est pas la peine, lâcha-t-elle en évitant de croiser son regard.

Il laissa un long soupir lui échapper avant que le silence ne plane de nouveau pendant un instant.

Pourquoi ? Pourquoi Zayn ? Qu'est-ce qui t'a pris ? Ce que tu as fait ce... C'était pas humain. Regarde-toi, tu es couvert de sang de la tête aux pieds, et tu sais pertinemment ce à quoi je me destine. Tu te rends compte de la situation ? Tu t'en rends compte ?! insista-t-elle devant l'absence de réponse. Dis quelque chose au moins !
Layce, regarde-moi, dit-il une fois agenouillé près du lit.
Non. Je ne veux pas, je ne peux pas. Je ne peux pas te regarder. Tes yeux... Je les déteste. A cause d'eux je ne peux même plus te regarder en face, surtout pas après ce qui vient d'arriver.
Regarde-moi Layce, insistait-il !
J'ai dit non !

Décidée à camper sur sa décision, la jeune fille refusait d'ouvrir les yeux. Elle savait très exactement ce qu'il avait en tête, et il était hors de question qu'elle ne garde que des souvenirs partiels.

Tu ne te rends même pas compte combien tu es cruel. Cruel et lâche. Je sais que tu cherches à m'effacer la mémoire mais je refuse de te laisser faire.
C'est pour ton bien, crois-moi. Tu n'as pas besoin de quelqu'un comme moi après tout.
Je t'ai dit que je ne voulais pas ! T'es qu'un imbécile ! conclut-elle en le repoussant avant de sortir au pas de course pour aller s'enfermer dans sa propre chambre.

Sur cette note, la nuit s'acheva dans un silence imperturbable, seule la mélodie d'une pluie torrentielle faisait écho dans toute la résidence. A bien y repenser, ces hommes n'étaient en réalité que de vulgaires dommages collatéraux. Le véritable coupable de l'histoire, celui qui avait tué sa mère... N'était autre que cette vermine qui n'avait de père que le titre. Après tout s'il n'avait pas caché tant de secrets à sa famille, s'il n'avait pas agit comme il l'avait fait, rien de tout cela ne serait arrivé. Rien. Mais ce qui était fait était fait et désormais tout allait changer.

L'aurore se levait, la pluie avait passé son chemin tandis que la rosée rafraîchissait l'air matinal. Assis au rebord de sa fenêtre, les jambes repliées de façon à se faire une place entre les murs, Zayn écoutait la radio qu'il avait installée sur ses genoux. Les nouvelles allaient vite, et l'incident de la veille allait forcément faire du bruit. Le temps que la population se lève, diverses chansons furent diffusées, jusqu'au moment fatidique.

« Une information de dernière minute vient de nous être transmise. Cette nuit-même Venise aurait été le théâtre d'un massacre sans précédent. Environs sept corps ont été retrouvés, dont un à l'extérieur qui aurait été victime d'une violente décapitation. Certains restent non identifiables pour l'heure mais la police s'affaire dores et déjà à y remédier. Aucune trace d'un éventuel suspect n'a été trouvée, cependant tout porte à croire qu'il s'agirait sûrement des agissements de cette organisation sévissant récemment en ville, les Lus Sangini comme ils se font appeler. Nous ne pouvons malheureusement pas déterminer si les victimes étaient en possession d'un alum-... »

Stop. Il en avait assez entendu. Sa décision était prise. Seuls quelques brefs jours le séparaient de son départ définitif, le temps qu'il lui fallait pour préparer sa disparition totale de la vie des Kleozs. Pour l'heure, il allait devoir jouer la comédie et faire mine de coopérer... Jusqu'au jour où il lui effacerait la mémoire, avec ou sans son consentement.

« Les lieux sont méconnaissables et font désormais mine de boucherie, il s'agit là d'un meurtre sanglant et d'une cruauté bestiale comme on en voit rarement. Il va de soit que la sécurité sera renforcée, pour le bien de la population... »

La radio continuait sur sa lancée, au beau milieu de verroteries aux prix exorbitants, l'argenterie minutieusement rangée et la porcelaine soigneusement polie. L'odeur chaleureuse du thé planait dans les airs, entre ces murs qui coûtaient une fortune. Assise sur son fauteuil fait sur mesure, une jeune femme se délectait de cette même boisson que l'on venait de lui servir, prêtant l'oreille aux nouvelles transmises de si bonne heure. Quelques instants après, un homme vêtu de noir et de blanc entra dans la pièce avant de se pencher vers elle pour lui susurrer quelques mots à l'oreille. Des mots qui la firent sourire de satisfaction.

Vous êtes très efficace. Tout est parfait.

Elle se releva pour se diriger vers sa fenêtre, laissant la brise matinale lui effleurer le visage et s'emmêler dans ses longs cheveux couleur or, pour contempler cette pauvre Venise encore ignorante, inconsciente du fait qu'elle n'avait encore rien vu, et que le pire restait à venir.

C'est plutôt intrigant, vous ne trouvez pas ? C'est comme si on nous l'avait envoyé d'une certaine façon.
Tout à fait, madame.
Un peu de patience, et il rejoindra bientôt nos rangs.

C'est une certitude.

... pour t'ouvrir les veines

Rouge. Rouge comme les roses. Rouge comme le sang. Ce liquide couleur écarlate s'écoule le long de la lame de l'épée alors qu'il contemple le corps inerte gisant contre le mur. Le visage figé d'une expression de terreur, les membres disloqués, sa vie aura été bien courte. Son meurtrier le pousse au bord du canal à l'aide de ses pieds, avant de le faire chuter dans les eaux froides de la ville. Il laisse un soupir s'extirper d'entre ses lèvres en constatant que ce type avait été d'un ennuis mortel. Observant le corps flottant à la surface, il se dit avant de tourner les talons :

Un parasite en moins au sein des Lus Sangini.

Chez eux, les traîtres ne font pas long feu. Pour son plus grand malheur, son masque est tombé, dévoilant ainsi son véritable visage aux yeux de la grande Aileen. C'est elle qui donne les ordres. Éliminer le paria. Telle est la tâche qui l'incombe ce soir-là, et c'est désormais chose faite. Tenter de semer le trouble au cœur de l'organisation n'est pas sans conséquence et cet homme en a payé le prix fort. Dommage pour lui. Meilleure chance dans une autre vie, s'il est dit qu'un tel privilège lui soit accordé.

Depuis que Zayn a intégré cette organisation, il le sait, il les entend, ces mots que les gens murmurent à l'adresse de ce groupe de meurtriers. Des bêtes, des monstres, des malades et on en passe. Pourtant ils ne se sont pas regardés eux-mêmes. Qui peut prétendre être sain d'esprit quand on est forcé de constater que le monde entier est malade, chacun à sa façon ? Personne, bien entendu. La colère, la jalousie, la tristesse, tout ce qui est enclin à la souffrance relève de la folie. Au bout du compte, seuls ceux pleinement conscients de cette démence peuvent prétendre une telle chose. Parce qu'ils savent. La connaissance est l'arme la plus précieuse qui soit donnée de voir en ce bas-monde. Elle qui est source de pouvoir, facteur de supériorité tandis que l'ignorance n'est vouée qu'à vous entraîner vers une mort certaine... Comme ce corps qui erre désormais à travers les canaux de Venise.

La flaque de sang laissée par le cadavre pénètre les dalles de pierres alors que Zayn se dirige vers sa prochaine destination.

La nuit ne fait que commencer.

A US U I V A N T



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Je suis grave en retard sowwy, j'ai cassé ma montre. :B *lance des confettis* Mais me voilà, j'arrive, attention ça va saigner, huehue.
Zayn Van Sydow
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Jeu 17 Juil - 6:02
TINTIN TINTIN TIN TIN TIN TINTIN ! *musique de winner de FF*

*FLIPSTABLE*
HALLELUJAH ! Sortez le champagne les amis, j'ai enfin terminé !
Et ça rentre omg, ahah !

Regardez pas la scrollbar et me tapez pas s'il vous plaît. /court se cacher/
(etjen'aiabsolumentpasrallongéleblocpouragrandirmêmeunpeulascrollbarnonnonc'esttotalementfaux.)

Adieu.
Venezia
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「Zayn Van Sydow」♠ Thanks for the Hate 'cause it's fueling my flames Empty
Jeu 17 Juil - 9:27
Une fiche très longue. Je te déteste.
Mais comme elle est vraiment très bien écrite que bon. Voilà. Je te pardonne. But I'm watching you! èé
En tout cas quel personnage! Bien ficelé et tout, et tout, bref. Il est parfait, tu es validé bien évidemment. ♥
(Mais j't'ai à l'oeil quand même, blblbl.)




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